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Des championnats passionnants, désormais clos, les Nations et, bien sûr, Bercy à venir, l’exceptionnelle cuvée MX 2007 continue de nous faire vibrer… et d’alimenter ce blog de fin de saison.
La fin de saison française a été brillante (mise à part évidemment la sérieuse blessure de Christophe Pourcel). Le troisième titre mondial MX3 d’Yves Demaria (auquel il faut ajouter 15 titres hexagonaux, MX et SX, ainsi que 37 victoires en GP, acquises dans toutes les catégories, sans oublier LA victoire aux Nations) renforce encore, s’il en était besoin, le très pieux respect dû au grand personnage le plus fantasque que le cross national ait connu. Axiome n°1, Mr KTM, ne jamais titiller Téfli « à l’orgueil ». Pour avoir cru cet axiome obsolète, l’usine autrichienne a reçu un camouflet qu’elle aurait pu s’épargner en respectant la règle d’honneur voulant qu’on ne se sépare pas d’un champion en titre… Morale est sauve.
Jacky Vimond est un « éleveur de champions » assez incroyable. Confiez lui un garçon suffisamment doué, doté d’un bon physique de base et surtout d’une grande capacité d’écoute, il vous l’amènera vers les sommets de la hiérarchie mondiale ! J’ai remarqué que plus le garçon était « frais » (par opposition à ceux formés, techniquement et mentalement, par des papas du milieu), plus les résultats du « magicien d’Ondres » étaient probants. Justement, venu du BMX, Gauthier Paulin est un garçon « frais » et l’épaisseur qu’il a prise en l’espace d’une saison (au niveau de ses prestations, pas de son tour de casque) l’a amené jusqu’à un titre européen arraché lors de l’ultime manche à Deny Philippaerts. Bravo Gauthier, ta carrière est lancée, et chapeau Jacky, je me demanderais toujours si tu aurais pu éviter à Bubba sa cruelle débandade face à RC (saviez-vous que la star US avait sérieusement pensé à engager Javim fin 2005 ?)… Pas impossible !
La relève française est décidément là puisque Jason Clermont est également champion d’Europe en catégorie Cadets. J’utilise ce terme plutôt que 85cc car le jeune poulain du team NGS de Bruno Losito s’est imposé au guidon de la CRF150, acceptée en Europe. Chez nous, pas de 150F, Clermont est donc champion Cadets au guidon d’un CR85, mais il participe aussi au SX Tour en catégorie Junior, sur CR125 2T. Enfin, au risque d’attraper définitivement le tournis ( !), pour Bercy, Jason reprendra son 85 et se mesurera au champion du Monde (sur un 85 aussi, puisque pilote Suzuki), l’Allemand Ken Roczen, ainsi qu’au Prince en titre, l’Anglais Max Anstie, sans oublier l’autre Frenchie qui monte, Jordi Tixier… Bercy 85cc, on en salive déjà !
A propos, qu’y a-t-il de si spécial à Faenza, qui en fait le circuit où nos compatriotes connaissent tous les honneurs ?! Doublé historique des Pourcel’s, titres de Téfli et de Clermont, mazette !
Après un éprouvant voyage, j’étais drôlement content qu’Avis Los Angelès m’ait attribué une Toyota Prius hybride. De crossman odieusement pollueur -comme chacun sait- et qui s’en trouve quotidiennement torturé de culpabilisation, je devenais subitement un parfait citoyen de la terre… jouissive déculpabilisation ! Franchement, la voiture est nickel, douce et silencieuse, technologie très au point. S’il faut tous conduire ce type de véhicule pour que le MX continue, signons tout de suite ! Hélas, un Google plus loin (taper « Prius bilan écologique »), je déchantais. Sous mes yeux, une étude démontrant en effet que la fameuse Toyot’, du jour de sa construction au jour de sa destruction, polluait finalement davantage qu’un… Hummer. Certes, le bureau d’études était Ricain, donc suspect, mais la déculpabilisation en a pris un coup ! A tout hasard, j’ai vérifié s’il y avait un bilan écologique d’une moto de cross, des fois que… Les Ricains doivent pas être abonnés à France Nature Environnement, ou alors le boss du bureau d’études roule à Glen Helen en REM tous les samedis. En tout cas, le MX n’a pas l’air de les préoccuper, ce qui m’a tout de même rassuré.
A Glen Helen justement, j’ai eu le plaisir d’assister au titre de Grant Langston, mon Sudaf’ préféré (il me fait penser à Tortelli). Le « Zulu Warrior » mérite bien son surnom. Lorsque le championnat s’est subitement ouvert, à la blessure de Stewart, parmi les prétendants, deux ont subi la « peur de gagner » (Ferry, puis Short malgré un très beau sursaut au Texas), un était encore un peu tendre (Alessi, à suivre sur Suz’ l’an prochain tout de même) et un a su élever son jeu, en expert ès-championnat qu’il est, becquetant les sus-nommés un à un, sans rémission… GL8 à Bercy face à RC, Short, Seb Pourcel (pas en réussite sur les deux derniers GP, Seb reste tout de même une sacrée révélation de la saison MX1) and Co, on en salive déjà aussi !
Je continuerai d’appeler les Nations le MX « Des » Nations, et non MX « Of » Nations, à moins que Mrs Srb et Luongo n’expliquent la raison valable qui les pousse à tellement tenir à ce changement. Cette réflexion mise à part et même si Ferry fait désormais figure de maillon faible, personne ne paraît à même de battre les Ricains à Budd’s Creek le week-end prochain, idem pour RC à Bercy dans six semaines… 2007 a encore deux occasions de nous surprendre.
SX ET X-GAMES
Lancé en 1995 par la télé américaine ESPN pour cibler l’audience « teenager » -pas plus emballée que cela par les sports US traditionnels, base-ball et « football »- le concept des X-Games était de donner à des disciplines non-olympiques leur moment de gloire à la télé. Affranchies des contraintes allant de pair avec des fédérations traditionnelles, les X-Games sont donc partis d’une feuille blanche, pour les disciplines comme pour les règlements. Succès foudroyant. Tout de suite, deux sports « majeurs » se distinguent, le skate et le BMX. La magie de la télé transforme alors une pléiade de riders « underground » en authentiques vedettes « grand public », Tony Hawk, Andy McDonald, Matt Hoffman et Dave Mirra en tête… Séduits par cette génération spontanée d’idoles abordables, à l’image à la fois vierge et hardcore, les sponsors se précipitent…
En 99, pour leur 5ème édition, les Jeux opèrent un virage qui va s’avérer stratégique avec l’introduction du tout jeune Freestyle MX. Et un prodige de même pas 16 ans, Travis Pastrana, fait péter l’audimat ! Pas seulement grâce à un superbe premier run, scoré 99 (sur 100). Aucun de ses adversaires n’ayant pu approcher, en deux tentatives, le fameux score, Travis se remet en piste « pour l’honneur » et, utilisant un virage relevé en guise de rampe, il saute direct dans la baie de San Francisco (le site FMX jouxtant les docks de SF), ses complices de Fox le repêchant en hors-bord… En deux fois deux minutes, Pastrana est devenu une icône, démontrant qu’en matière de sport extrême, le FMX n’a tout simplement pas d’équivalent !
Les responsables d’ESPN ont reçu le message. Dans l’aspi de Travis, d’autres pilotes charismatiques se révèlent : Mike Metzger, Brian Deegan, Carey Hart ou encore Mike Jones. Le FMX est devenu tellement incontournable qu’on l’accueille en 2000 aux (pourtant peu propices) Winter X-Games. En 2000 toujours, les Jeux d’été lancent le « step up » (saut de barre – victoire de Tommy Clowers). L’année suivante, le FMX se décline en « Big Air » (meilleur trick – victoire de Kenny Bartram). En 2005, c’est au tour du Supermoto d’entrer en scène (victoire de Doug Henry). Contrairement au FMX, cette discipline est reconnue par l’AMA et, si quelques freestylers participent, les premiers rôles sont joués par des champions clairement estampillés « MX/SX », dont Jeremy McGrath et Chad Reed. Cette fois, le « vrai » monde de la moto est aspiré dans le jeu et ce n’est donc que logique si le SX finit par être appelé, cette année, aux X-Games ! Décidément, aux US, notre sport ne pue pas de la gueule…
Les Jeux représentent, pour les marques comme pour les sponsors, plus d’exposition médiatique que la totalité des SX ou des outdoor réunis. La réaction du milieu du cross, par nature conservateur, a été pourtant contrastée. Pour la fédé AMA, pour Live Nation, qui produit le SX « officiel » et pour le National Promoters Group, qui en fait autant avec l’outdoor, les « X » constituent à la fois une concurrence et une forme de casse-tête. Comment prétendre Å“uvrer pour le développement du sport moto et, en même temps, s’agacer de l’opportunité qui lui est faite d’entrer dans 40 millions de foyers américains ? Pour les teams officiels, le dilemme est encore plus délicat. Ils existent pour promotionner l’image de leur marque et de leurs sponsors. Et, jusqu’à présent, la meilleure manière de le faire était de remporter des championnats AMA. Pour les pilotes, le rapport effort/médiatisation des Jeux est bien sûr imbattable. Mais un pépin aux X-Games, c’est un gros risque pour un team officiel, davantage enclin à ouvrir le parapluie. De fait, dans la semaine précédant les Jeux, Kawasaki décommande Stewart et Ferry, Pro Circuit l’imitant avec Villopoto et Townley, Suzuki avec Dungey et Tedesco, Honda avec Short… A chaque fois, l’argument « priorité au championnat outdoor » est mis en avant. On peut imaginer qu’un sponsor grand public comme Monster (omniprésent sur les Jeux) n’était pas joyeux de ces choix… Ceci étant, les défections n’ont pas vraiment altéré l’impact du premier « Moto X Race » (Live Nation ayant interdit l’utilisation du terme « Supercross ») des Jeux de l’Extrême. La piste n’était certes pas terrible, poussiéreuse en diable. Le format, inédit (seize pilotes, quatre qualifs à 4 sur 6 tours, deux repêchages à 6 sur 6 tours, une finale à 6 sur 12 tours), a globalement fonctionné, sans pleinement convaincre toutefois…
Mais Ricky Carmichael était là , il a bien sûr gagné et surtout répété dix fois à quel point l’arrivée du SX aux X-Games était un événement majeur pour notre sport. Les deux icônes du MX US, RC et McGrath (qui commentait en direct), sont désormais de fervents supporters des « X ». Windham et Reed (voire Stewart ?), qui auront pour 2008 des contrats « SX-only », seront de la partie. En partie éludée cette année, la question X-Games se reposera donc en 2008 et au-delà avec, en filigrane, la problématique grandissante du championnat outdoor, dont le rapport investissement/pénibilité/risques encourus/longueur du calendrier/ retombées financières et médiatiques ne tient plus la route face à ce genre d’événement…
La vidéo du jour
http://www.youtube.com/watch?v=3v1lkbt1cu4
Coup de bambou
L’annonce est venue de Suzuki ce soir, RC, atteint d’un virus type Eppstein Barr, doit arrêter sa carrière.
Pas de Bercy, donc.
C’est peu de dire qu’il s’agit d’un coup de bambou pour tous ceux qui se sont investis dans ce Bercy XXV, spectateurs comme organisateurs.
Ricky nous a prévenu du problème le week-end dernier, son forfait pour l’US Open était acquis mais pas celui de Bercy puisqu’il devait encore “faire des analyses en début de semaine” et, évidemment, du résultat de ces analyses et des conseils de ses médecins (car il en avait vu plusieurs, pas tous d’acccord quant à la gravité du virus, d’où les analyses complémentaires) dépendrait sa venue ou son forfait.
RC a précisé qu’il ne se sentait pas au top depuis Millville.
De fait, je me souviens de ses speeches expliquant à quel point c’était de plus en plus dur physiquement pour lui et à quel point, malgré le plaisir que lui procuraient ses victoires successives, c’était devenu quasiment un calvaire et qu’il était content de savoir que cela touchait à sa fin car il ne se sentait pas capable d’en faire plus…
J’avais pris cela pour de la langue de bois assez classique, dont Ricky est coutumier (un discours type « qu’est-ce que j’en ai bavé » a toujours un peu de mal à convaincre lorsqu’on vient de rétamer tout le monde, surtout dans sa bouche).
J’ai relevé aussi –mais sans l’interpréter évidemment comme je le peux aujourd’hui- que RC tirait franchement la gueule aux Nations en expliquant avoir le sentiment d’avoir « laissé tomber ses équipiers en se présentant au MXDN sans être prêt ».
Ce qui paraissait tout de même un peu exagéré.
J’ai même lu quelque part, sur Mototalk je crois mais à une seule reprise, qu’il « avait été malade toute la semaine avant les Nations », sans y pretter attention non plus, sans doute un forumer voulant se faire mousser…
Avec le recul, ceci est très cohérent avec un virus de type Epstein Barr, mononucléose ou autre « chronic fatigue syndrome », virus ayant affecté régulièrement des crossmen, d’O’Mara à Dymond en passant par Ronron, Pichon et de nombreux autres. Tous décrivent que la moindre montée de stress décuple les effets du virus et c’est peut-être pour cela que le virus ne s’est révélé que dans les jours précédant Budd’s Creek, après avoir perturbé Carmichael au cours des derniers outdoor.
Toujours à Budd’s Creek, même si RC a réussi un résultat plus qu’honorable (3 après une chute au premier tour, puis 1), j’ai été, comme nombre d’observateurs, surpris de ses chronos moins rapides en 450 que ceux de Villopoto en 250F, ce qui ne s’était jamais vu.
Et tout autant du fait qu’il soit incapable de reprendre les 3 ou 4 secondes qui le séparaient de Reed (qu’il déteste) à quelques tours de la fin de la première manche.
J’ai alors pensé que Villopoto était décidément dans un jour de grâce et que peut-être Carmi avait-il endommagé quelque chose sur sa moto…
Reste que finir ainsi derrière Reed aux Nations, pour son dernier outdoor, sans avoir donné l’impression de pouvoir tout donner pour éviter cela, cela ne ressemblait pas du tout, mais alors pas du tout, à Ricky, même à un un Ricky « rouillé » !
Il y avait donc bien un problème et RC venait de nous le confirmer, cependant l’espoir subsistait, suspendu à ces fichues analyses.
Mardi soir, les choses se sont précipitées puisque, tandis que RC restait injoignable, un confrère recueillait d’abord une déclaration de Roger DeCoster officialisant le forfait US Open mais laissant Bercy au conditionnel, avant qu’un communiqué de Suzuki, citant directement RC, ne mette définitivement fin au suspense.
Pour nous, au-delà de la déception causée par cette malchance (en 12 ans de carrière pro et mis à part la saison SX qu’il a skippée suite à une opération du genou, ce mec-là n’a tout de même jamais raté UNE SEULE course !), il s’agit de tout mettre en œuvre pour compenser cette perte, sachant qu’elle est par définition irréparable.
C’est néanmoins ce que nous avons entrepris, Eric Péronnard et moi-même, avec quelques pistes potentiellement excitantes, voire très excitantes, mais évidemment pas faciles à mettre en œuvre en si peu de temps.
La suite très bientôt j’espère sur motoverte.com …
