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    Il y a quelques semaines, j’avais écrit ce block pass, remplacé au dernier moment et qui ne sera donc pas publié dans MX Mag…
    Finalement, il inaugurera mon blog !

    « I had a Dream… »

    Je crois que cela nous arrive à tous, en tout cas, pour ma part, j’ai bien un rêve obsessionnel lié au MX. En général, d’où je suis, je ne vois pas, mais j’entends les préparatifs du départ (speaker, moteurs qui chauffent, etc.). Seulement voilà : je ne suis pas prêt. Que ce soient les bottes, le casque ou la moto elle-même, il manque toujours un ingrédient primordial pour que je ne soit pas en mesure de le prendre, ce départ. S’agissant d’un rêve obsessionnel, quelque part, au fond de moi, j’en connais l’issue, pourtant, j’y crois jusqu’au dernier moment. Lorsque l’évidence s’impose –ce départ, je l’ai raté, sinon j’entendrais pas Magnanou le commenter- le stress laisse place à un soulagement certain : de toute façon, qu’aurais-je été faire derrière la grille de Bercy, moi qui n’ai jamais enquillé un triple de ma carrière ?? Un psychiatre à qui je raconterais ce rêve y puiserait sans aucun doute une flopée de significations, toutes plus lumineuses (et inquiétantes) les unes que les autres. La vérité est peut-être plus simple : le MX en général et Bercy en particulier sont massivement présents dans mon esprit, nuit et jour, depuis des décennies…

    Tiens, voilà que cela me reprend, avec une variante plus rare. Cette fois je ne suis pas au guidon (ouf de soulagement) mais bien dans mon rôle de directeur sportif de Bercy. Ma mémoire est évidemment intacte, les 24 éditions y sont gravées, les faits d’armes, les héros, les drames, l’évolution… Preuve que je rêve cependant, me voilà en train de négocier la venue du plus grand pilote de tous les temps alors que ce genre de deal, je le sais bien , c’est de l’histoire ancienne ! La poignée de superstars du SX US, pour une foultitude de raisons que je connais par cœur, n’est tout simplement pas sur le marché et ne s’aligne jamais hors territoire américain. Le nouveau format de Bercy nous permet de présenter le SX Lites le plus richement doté, le plus éclectique et le plus sympa de la planète avec, en prime, un show FMX de haute volée. Son public connaisseur l’a d’ailleurs bien compris et il reste fidèle à l’épreuve. Alors, pourquoi insister ? Sans doute parce que RC, puisque c’est évidemment de lui qu’il s’agit, est le premier des champions SX US en titre à ne pas être apparu au mois de novembre suivant sur les bords de Seine, une décision qui a fait jurisprudence depuis, tant côté superstars que côté usines et teams. Même si je ne saurais en vouloir à Carmichael en personne, cette nouvelle donne n’en a pas moins sérieusement compliqué mon job et le tréfonds de mon subconscient a dû s’en trouver symboliquement marqué…

    Le fait que Ricky ait souvent évoqué la possibilité de faire quelques courses après la fin de sa carrière (citant un GP et Bercy en exemples), je ne l’ai pourtant jamais pris vraiment au sérieux et j’ai bien fait puisque carrière auto et naissance de jumeaux ont sérieusement changé la donne, dans un sens restrictif. Du reste, RC a annoncé le programme : une fois sa demi-saison outdoor achevée, il courra encore le premier SX des X-Games et les Nations à Budd’s Creek, basta. Devant tous les micros, il ne cesse de dire à quel point tout ce qu’il vit est génial (remporter deux SX, enrhumer Stewart en outdoor, certes !) mais à quel point il aspire aussi à ce que cela se termine, pour lui et pour les siens. Lucide, je me dis que c’est « limite », en tous cas vain, de faire valoir mes arguments : les adieux au public européen qui a été super avec lui aux Nations, la petite ligne « King of Bercy » qui manque encore à son palmarès… Et le fait de conjurer le sort. Damned ! Pourquoi je sors ça ? Comme la plupart des grands champions, le Nain Jaune est superstitieux… Or, en dix ans de carrière pro, la seule course où il se soit blessé de façon invalidante (il y a eu aussi son premier Anaheim sur Honda mais il avait caché sa fracture d’un doigt et serré les dents, avec le titre au bout), ce fut… Bercy 99 ( !!). Un barillet de sélection défectueux sur la nouvelle KX, une vitesse qui saute et hop, l’unique apparition de Ricky se terminait à l’hosto ! « Or, toi qui n’es pas homme à rester sur un échec… », m’aventurais-je (en rêve, on est toujours plus gonflé)… Il me coupe : « j’ai toujours une plaque vissée dans ma clavicule pour me rappeler Bercy»… Le temps que je me maudisse, il poursuit : « bon, pour moi, c’est OK, mais par correction, je vois ce week-end avec Roger si c’est possible avant de te confirmer définitivement ». Un court instant, je délire en imaginant la légende vivante du cross US effectuer sa toute dernière course à Bercy. L’arrivée des 450, non, plutôt une formule Open, avec un format de courses inédit. Un 25ème Bercy pour l’Histoire ! Mais, très vite, le piège m’apparaît : évidemment, DeCoster, c’est un prétexte, comme le casque ou les bottes, le truc qui fait tout capoter à l’instant fatidique ! Le téléphone va sûrement me réveiller et le phantasme s’écrouler du même coup.

    Driiiiing ! « Vu avec Roger, tout est bon, Ricky tirera sa révérence à l’occasion du 25ème Bercy ! ». Le réveil indique 3h30 du matin et je suis parfaitement réveillé. Impossible que je dorme d’ailleurs, une bombe pareille réveillerait un mort : RC à Bercy ! Enorme. Ceux qui manqueront cela le regretteront toute leur vie…