Bercy : le plateau chamboulé !

Le communiqué vient de tomber. C’est évidemment une énorme déception de ne pas pouvoir présenter au public Christophe Pourcel, sans doute le seul Français en mesure de prétendre gagner un Bercy aussi relevé que celui qui s’annonce ! Ironie du sort, l’incident technique et la chute sont survenus alors qu’il tournait une vidéo de promotion pour Bercy… On aura l’occasion de revoir Christophe dans le chaudron, évidemment, mais, pour cette fois, c’est râpé, personne n’y peut rien, nous sommes navrés pour lui et pour le public mais c’est le cross, tout ça m’a rappelé le suspense d’avant Nations pour Steven Frossard, hélas avec le même résultat…

J’ai bien sûr sollicité les autres top pilotes Français des Nations mais c’est apparu impossible, entre le testing de KRT programmé de longue date avec présence d’ingénieurs japonais et américains pour Gautier Paulin… pile à la date de Bercy (une malchance arrive rarement seule…), Marvin Musquin qui ne pouvait pas se payer le luxe d’un nouveau pépin à Bercy à ce stade de sa carrière et Steven Frossard qui remonte à peine sur la moto et n’a pas assez l’expérience du SX pour improviser un Bercy dans un délai aussi court…

Par chance, et je tiens à les remercier au nom de l’épreuve, deux teams US -Geico Honda et Monster Kawasaki Factory- et un team français, Monster Kawasaki CLS, ont répondu immédiatement à nos sollicitations et permis de remplacer le duo Pourcel-Brayton par un trio détonnant composé de Windham, une légende de notre sport, Jake Weimer, champion SX 250 en même temps que Pourcel (mais sur l’autre côte), premier pilote officiel Kawa présent à Bercy depuis une éternité et Tommy Searle, le n°3 mondial en MX2.

Mike La Rocco, manager du trio Barcia-Tomac-Windham, a envoyé 3 motos officielles du team chez Honda France et Kawa US a fait de même pour la moto de Weimer chez KMF. Mitch Payton a passé à Searle la moto utilisée par Hansen à Vegas pour s’entraîner et Tommy amènera toutes les pièces à monter sur la moto CLS. Yamaha France assistera Kyle Chisholm, deuxième de l’édition 2010 et Suzuki assistera Mike Alessi -l’un des trois plus rapides aux essais à Vegas il y a quelques jours- par l’intermédiaire de BC Motos. Bud Racing donne un sérieux coup de main sur l’épreuve et, avec Greg Aranda, vainqueur d’une soirée l’an dernier et Dylan Ferrandis, qui s’affirme en 250 face aux 450 ces dernières semaines, Bud portera une bonne part de la bannière tricolore…

J’ai le sentiment aussi que Cédric Soubeyras sera capable de se sublimer face aux ogres Ricains. Fabien Izoird, Jordi Tixier, Khounsith Vongsana et autres Cyrille Coulon aussi. N’oublions pas l’ Italien Pellegrini, vainqueur en SX Tour à La Tremblade ni, bien sûr, Arnaud Tonus, au top mondial en MX2 et excellent aussi en SX, pour pimenter .

Le fait que des teams aussi prestigieux, des pilotes aussi talentueux et nos importateurs soutiennent ainsi Bercy est un sacré réconfort et un atout décisif quand on doit rebâtir de la sorte un plateau dans l’urgence !

Ce Bercy sera bien sûr différent de celui prévu mais je suis convaincu qu’il sera incroyable, avec plus de prétendants à la victoire que depuis des lustres et des Français en position d’outsiders notoire, ce qui souvent leur réussit…

N’oublions pas le Freestyle.
Dani Torrès, Josh Sheehan, Tom Pagès, Taka, Edgar Torronteras, Jey Rouanet, du caviar !

Comme d’habitude, à l’intérieur du « chaudron », y’aura le feu.

TOUT SUR BERCY, 29ème EDITION !

Dossier de Presse, Paris, le 1er Octobre 2011

28, 29 & 30 octobre… Bercy approche !
Et chez participants, organisateurs et fans, la tension monte…

PILOTES SX
S’il y a bien un pilote qui attend le grand rendez-vous du Supercross européen (et s’entraîne méthodiquement dans son paradis de Floride en vue de celui-ci), c’est Christophe Pourcel ! Auteur d’un retour chaotique mais éclairé de fulgurances en fin de saison MX1, Christophe a prouvé que la 450 lui convenait parfaitement (Bercy sera cependant son premier SX dans cette catégorie, au guidon de la Kawa Monster CLS) et qu’il avait retrouvé sa pointe de vitesse, celle-là même qui lui a permis de tutoyer les « ogres » américains lors du MX des Nations de Saint-Jean d’Angély… Déçu du résultat final, Pourcel ne cache pas son ardent désir de revanche sur les incontestables dominateurs du cross mondial, les Américains, dans une spécialité où lui-même reste invaincu sur leur terrain (comme le prouvent ses deux titres US consécutifs en catégorie SX 250) !

Le second de ces titres, l’an dernier, Pourcel l’a acquis devant un certain… Justin Barcia, le pilote le plus excitant du moment, au style hyper-spectaculaire, lui-même King of Bercy en titre et qui a fait un sacré bout de chemin depuis, dès lors que lui a été confiée une 450 Honda officielle (machine qu’il prend soin de faire expédier à Paris ) : cinq podiums et une victoire à Southwick ! Les deux hommes sont donc au top niveau en catégorie – reine, ont connu quelques affrontements musclés en piste et ne s’apprécient guère : pas de doute, entre la « revanche » franco-US et les ressentiments personnels, il y aura de la haute tension dans l’arène de Bercy !

Mais d’autres favoris ont bien l’intention de ne pas laisser l’affaire tourner à un mano a mano, aussi excitant s’annonce-t-il ! Le premier s’appelle Justin Brayton, le nouveau pilote officiel Honda et éminent spécialiste des SX européens (en témoignent ses titres de King of Bercy 2009 et Geneva 2010)… L’homme qui avait impressionné James Stewart lui-même à Paris connaît le POPB comme sa poche (cinq participations) et son objectif est clair : récupérer sa couronne.

Eli Tomac, le jeune coéquipier de Barcia chez Honda-Geico, est lui aussi un prodige puisqu’il est le seul pilote de l’histoire à avoir remporté sa première course pro (Hangtown 2010). Vice-champion SX 250 Ouest cette année, Tomac courra pour la première fois en SX 450 mais ses ambitions n’en sont pas moins maximales (d’autant que lui aussi disposera de sa machine US) !

Mike Alessi et Kyle Chisholm, les deux autres Américains engagés, connaissent eux aussi fort bien Bercy. Mike y a connu quelques soirées « bouillantes » il y a quelques années, tandis que Kyle avait contesté jusqu’au bout le titre de King of Bercy à Barcia l’an dernier. Alessi, qui vient de terminer 5ème du championnat US MX, sera au guidon d’une Suzuki, de loin la machine lui ayant le mieux réussi en SX dans sa carrière, ce qui en fait un très sérieux outsider. De retour de blessure, pour sa part, le « Chiz », qui s’alignera au guidon d’une Yamaha Moto Concepts, semble revenu au niveau qui avait surpris les observateurs US en début de saison SX. Encore un prétendant au podium !

Face à cette équipe US notoirement musclée, Pourcel ne sera évidemment pas seul à porter les espoirs tricolores : trois éminents spécialistes du SX en général et de Bercy en particulier le seconderont ! Greg Aranda, imparable vainqueur d’une soirée l’an dernier, disputera sa dernière course au guidon de la Kawa Rockstar Bud ; comme d’habitude, il misera gros sur Bercy et peut créer la surprise. Fabien Izoird, fort de son épopée en SX US cette saison, ne se laissera pas non plus intimider par les Yankees. Idem pour Cédric Soubeyras, révélation de Bercy 2010, désormais sur Honda.

Jordi Tixier, champion du Monde Junior 2010 et nouveau pilote KTM Red Bull, se joindra à la bande, laquelle sera complétée des ténors du championnat de France SX Tour tels Cyrille Coulon, Kounsith Vongsana, Christophe Martin, Alexandre Rouis ou Mickaël Musquin… Sans oublier les wild cards de luxe Nico Aubin, 7ème mondial MX2 (au guidon de sa 450 Honda Thorpe), l’explosif Dylan Ferrandis (Bud Racing), vice-champion d’Europe EMX2 2011 et le leader du championnat de France SX2, Josse Sallefranque !

Le Suisse Arnaud Tonus, 5ème en Mondial MX2 cette année et excellent supercrosseur, au guidon d’une Yamaha Bike It , sera le leader d’une équipe européenne comprenant aussi (en provenance du SX Tour) les excellents Italiens Degli Esposti, Pellegrini et Bonini.

Une fois la finale du championnat de France SX Tour courue, ces hommes se retrouveront donc en grille pour les ½ finales Inter (dont c’est le retour, avec leur dose de suspense), à l’issue desquelles seront connus les 15 pilotes qui disputeront le reste de la soirée internationale.

SCHEMA DES COURSES
Trois épreuves mettront alors à défi les compétences de ces champions :
- La « Superpôle Bud Racing – Troy Lee designs » sera une affaire de vitesse pure et un régal pour les connaisseurs, à raison d’un tour chrono individuel par pilote ;
- La « Course à l’Américaine », désormais rituelle à Paris, consiste en une succession de trois sprints, qui voient à chaque fois les cinq derniers à l’issue des 3 tours éliminés, pour ne finir qu’à quatre pour l’ultime joute : à chaque étape, il faudra partir et terminer devant ! L’enjeu de cet exercice est le choix des meilleures places sur la grille pour la Finale, autant dire que cela va jouer des coudes… ;
- La traditionnelle Finale, sur 15 tours, test ultime, déterminera la victoire de la soirée et attribuera les points du classement « King of Bercy ».

IPONE FMX SHOW
Bien entendu, toutes ces réjouissances seront entrecoupées des torrides démos de l’Ipone FMX show ! Bercy s’est assuré de la présence d’un aéropage de la crème mondiale, mené par le meilleur Freestyleur de l’année (titre que l’on attribue communément au vainqueur de la série « X-Fighters »), en l’occurrence, cette fois, le bouillant Espagnol Dani Torres ! La révélation de la saison (médaillé X-Games avec son double backflip et vainqueur de la finale X-Fighters à Sydney), l’Australien Josh Sheehan, en première à Bercy, va également nous régaler !

Pour Tom Pagès (pour qui la présence de son frère Charles sera un précieux soutien moral), le rendez-vous parisien est toujours marqué d’une pierre blanche et il arrive auréolé de son gros succès aux X-Games… Idem pour le sympathique représentant de la Metal Mulisha, l’artiste japonais, « Taka » ! Le pionnier du FMX européen, à la popularité légendaire, Edgar Torronteras, représentera Monster Energy, l’excellent Jey Rouanet complétant le plateau d’un Bercy Freestyle qui s’annonce aussi renversant que la partie Supercross…

AUTRES NEWS…

- Bercy est heureux d’accueillir le sponsor le plus prestigieux du monde du Supercross, celui du championnat US et des MXGP, Monster Energy. Désormais, l’épreuve devient donc le « Supercross de Paris-Bercy, fueled by Monster Energy » ! Monster starting et podium girls, Monster pom-pom girls, Monster riders Christophe Pourcel et Edgar Torronteras, le leader des « energy drinks » aux USA sera incontournable au cœur du « chaudron » parisien… ;
- Tous les spectateurs pourront, cette fois encore et gratuitement, assister aux essais, dès 14h (12h le dimanche) et visiter le paddock extérieur, où de nombreuses séances de signatures d’autographes seront organisées avec toutes les stars de Bercy 2011 et aussi… du très lourd dans la catégorie « Légendes de Bercy », de chez nous et aussi d’outre-Altantique… mais chut ! cela reste un secret…
- Le chèque récompensant le vainqueur de la Superpôle Bud Racing – Troy Lee Designs sera remis chaque soir par nulle autre que Livia Lancelot, pilote… Bud / TLD.
- La victoire du classement inter-Nations, qui pimente des débats essentiellement individuels (en additionnant les trois meilleurs résultats pas nation chaque soir) se jouera bien entre France et USA, comme toujours ; à noter que la première fois où les Français sont parvenus à s’imposer, depuis la création de ce classement en 2002, était en 2006, année où un certain… Christophe Pourcel est devenu le plus jeune des Kings of Bercy !
- Et la deuxième était… l’an dernier, grâce au brio des Aranda, Musquin, Soubeyras, Coulon et autre Izoird !
- En fouinant un peu, on parvient encore à trouver des places à tarif promotionnel pour vendredi (à partir de 14h) ou dimanche (à partir de 12h), histoire de ne pas avoir à regretter d’avoir raté un grand Bercy !…

LISTE DES PARTANTS
(provisoire au 1er Octobre)

CATEGORIE INTERS
7 Arnaud TONUS (CH – Yamaha Bike-It)
10 Justin BRAYTON (USA – Yamaha JGR)
11 Kyle CHISHOLM (USA-Yamaha Moto Concepts)
12 Cédric SOUBEYRAS (F – Honda MB Racing)
17 Justin BARCIA (USA – Honda Geico)
19 Eli TOMAC (USA – Honda Geico)
20 Gregory ARANDA (F- Kawasaki Rockstar Bud Racing)
377 Christophe POURCEL (F- Kawasaki CLS Monster)
800 Mike ALESSI (USA – Suzuki)
871 Fabien IZOIRD (F- Suzuki Import Cross)
911 Jordi TIXIER (F- KTM Red Bull)

CATEGORIE SX TOUR / Championnat de France
5 Cyrille COULON (F – Suzuki)
12 Cédric SOUBEYRAS (F – KTM Sarholtz)
29 Alexandre ROUIS (F – Honda MB Racing )
36 Matteo BONINI (I – Suzuki)
48 Christophe MARTIN (F – Honda A-Team)
62 Josse SALLEFRANQUE (F – Honda)
64 Khounsith VONGSANA (F – Suzuki)
85 Mickaël MUSQUIN (F – Honda)
111 Davide DEGLI ESPOSTI (I – Suzuki)
122 Dylan FERRANDIS (F- Kawasaki Rockstar Bud Racing)
131 Nicolas AUBIN (F – Honda Thorpe)
519 Loic ROMBAULT (F – Honda)
620 Thomas RAMETTE (F – Suzuki)
871 Fabien IZOIRD (F – Suzuki)
941 Angelo PELLEGRINI (I – Suzuki)

IPONE FMX SHOW
Dani TORRES (Espagne)
Josh SHEEHAN (Australie)
Tom PAGES (France)
Edgar TORRONTERAS (Espagne)
« Taka » HIGASHINO (Japon)
Jey ROUANET (France)

LE CIRCUIT
Les 450 ont besoin d’espace pour s’exprimer et, pour cette raison, le tracé 2001 revient à quatre pistes en largeur (six en 2010) dans l’enceinte du POPB. ?
La série de whoops a été rallongée, elle débutera dès la sortie de la coursive, soit 60m de long !?
Afin de donner le meilleur spectacle tout au long du week-end, à la rentrée, la terre, désormais stockée à 30km de Paris, va être remisée en silo, compactée et bâchée.
Lien plan du circuit : http://www.supercrossbercy.com/pratique/plan-du-circuit/la-piste-du-supercross-de-paris-bercy.html

HORAIRES PREVISIONNELS : VENDREDI 28 OCTOBRE??

TIMING ESSAIS

14h30 : Séance officielle de reconnaissance du circuit pilotes et accompagnateurs (30 min.).
14h45 : Ouverture de la salle au public pour essais / Briefing pilotes dans le paddock
15h00 : Essais libres SX Tour 15min (12min+ 3min départs)
15h15 : Essais libres Inters 15min (12min+ 3min départs)
15h30 : Réfection piste (15 min)
15h45 : Essais chronos SX Tour : 15min
16h00 : Essais chronos Inters 15min
16h15 : Réfection couloirs + Essais FMX (30 min) + réfection piste (15mn)
……………………………………………………………………………………………………………..
Entre 16h30 et 18h, séance d’autographes dans le paddock extérieur (obligatoire 1h Inters / FMX)
………………………………………………………………………………………………………
19h45 : Regroupement pilotes dans le parc-coureurs pour mise en place de la présentation.

TIMING SOIREE

20H00 Présentation

20H30 Finale SX Tour 8 T + podium

20H45 Pom Poms

20H50 FMX Session 1

21H00 ½ finale 1 8T + podium

21H15 ½ finale 2 8T + podium

21H30 Entracte 1 + animations

21H50 Pom poms

21H55 Superpôle 14 pilotes + remise chèques + Course à l’Américaine 4T / 4 T / 4 T => 14 pilotes, les 5 derniers sortent à chaque course

22H25 FMX Session 2

22h40 Entracte 2 + animations

23H00 Pom poms

23H05 Finale Inters 15T + podium

23H25 Session FMX 3

23H45 FIN

HORAIRES PREVISIONNELS : SAMEDI 29 OCTOBRE

TIMING ESSAIS

15h00 : Séance officielle de reconnaissance du circuit pilotes et accompagnateurs (30 min.).
15h15 : Ouverture de la salle au public pour essais / Briefing pilotes dans le paddock
15h30 : Essais libres SX Tour 10min
15h40: Essais libres Inters 10min
15h50: Réfection piste (10 min)
16h00 : Essais chronos SX Tour : 10min
16h10 : Essais chronos Inters 10min
16h20 : Réfection couloirs + Essais FMX (30 min) + réfection piste (15mn)
……………………………………………………………………………………………………………..
Entre 16h30 et 18h, séance d’autographes dans le paddock extérieur (obligatoire 1h Inters / FMX)
………………………………………………………………………………………………………
19h45 : Regroupement pilotes dans le parc-coureurs pour mise en place de la présentation.

TIMING SOIREE

20H00 Présentation

20H30 Finale SX Tour 8 T + podium

20H45 Pom Poms

20H50 FMX Session 1

21H00 ½ finale 1 8T + podium

21H15 ½ finale 2 8T + podium

21H30 Entracte 1 + animations

21H50 Pom poms

21H55 Superpôle 14 pilotes + remise chèques + Course à l’Américaine 4T / 4 T / 4 T => 14 pilotes, les 5 derniers sortent à chaque course

22H25 FMX Session 2

22h40 Entracte 2 + animations

23H00 Pom poms

23H05 Finale Inters 15T + podium

23H25 Session FMX 3

23H45 FIN

HORAIRES PREVISIONNELS : DIMANCHE 30 OCTOBRE

TIMING ESSAIS

12h00 : Séance officielle de reconnaissance du circuit pilotes et accompagnateurs (15 min.)
+ Ouverture de la salle au public pour essais
12h15 : Essais chronos SX Tour : 10min
12h25 : Essais chronos Inters 10min
12h35 : Réfection couloirs + Essais FMX 15 mn + réfection piste (10 min)
……………………………………………………………………………………………………………..
Entre 12h30 et 14.30h, séance d’autographes dans le paddock extérieur (obligatoire 30mn Inters / FMX)
………………………………………………………………………………………………………
14h45 : Regroupement pilotes dans le parc –coureurs pour mise en place de la présentation.

TIMING APRES-MIDI

15H00 Présentation

15H30 Finale SX Tour 8 T + podium

15H45 Pom Poms

15H50 FMX Session 1

16H00 ½ finale 1 8T + podium

16H15 ½ finale 2 8T + podium

16H30 Entracte 1 + animations

16H50 Pom poms

16H55 Superpôle 14 pilotes + remise chèques + Course à l’Américaine 4T / 4 T / 4 T => 14 pilotes, les 5 derniers sortent à chaque course

17H25 FMX Session 2

17H40 Entracte 2 + animations

18H00 Pom poms

18H05 Finale Inters 15T + podium

18H25 Session FMX 3

18H45 FIN

BERCY DIGEST

Classement par Nations :
USA (2002, 2003, 2004, 2005, 2007, 2008, 2009)
France : (2006, 2010)

Kings of Bercy depuis 2000 :
David Vuillemin (F) 2000, 2001, 2003 ;
Grant Langston (SA) : 2002 ;
Andrew Short (USA) : 2004, 2005 ;
Christophe Pourcel (F) : 2006
Chad Reed (Aus) : 2007 ;
James Stewart (USA) : 2008 ;
Justin Brayton (USA) : 2009 ;
Justin Barcia (USA) : 2010.

Recordman des victoires en finale :
David Vuillemin, 25 victoires : MX2/2006 (2), 125/2003, 250/2001 (6), 250/2000 (6), 250/99, 125/97 (5), 125/96 (3), 125/95

Recordman des King of Bercy :
David Vuillemin a été deux fois Prince de Bercy (1996/1997) et quatre fois King of Bercy (1999/2000/2001/2003).

Nombre de soirées de SX courues à Bercy :
83 soirées, avant cette édition 2011 : record mondial !

BERCY PRATIQUE

Site officiel : http://www.supercrossbercy.com/supercross-de-bercy.html
Sur Facebook : http://www.facebook.com/supercrossparisbercy
Billetterie Larivière : http://boutique.editions-lariviere.fr/site/billetterie_supercross.php

SELECTION VIDEOS

Pourcel interview : http://www.motoverte.com/site/cp377-rendez-vous-a-bercy-61391.html
Pourcel au GP d’Angleterre : http://www.motoverte.com/site/gp-uk-le-resume-video-61397.html
Barcia interview : http://www.motoverte.com/site/barcia-sortez-les-tronconneuses–62049.htm
Barcia « at home » : http://www.motoverte.com/site/justin-rev-up-barcia-at-home–60658.html
Barcia à Unadilla : http://www.motoverte.com/site/video-barcia-a-unadila-61371.html
Brayton interview : http://www.supercrossbercy.com/presse/news/justin-brayton-de-retour-a-bercy-.html
Clip Tomac-Barcia : http://www.motoverte.com/site/video-barcia-et-tomac-en-musique-61027.html
Brayton officiel Honda : http://www.vitalmx.com/features/First-Look-Justin-Braytons-New-Honda-Ride,3198&#13
Torres et Sheehan aux X-Fighters : http://www.motoverte.com/site/torres-remporte-les-x-fighters-2011-61976.html
Josh Sheehan double flip X-Games : http://www.youtube.com/watch?v=ebwB7Wm_VsI
Pagès aux X-Games : ? http://www.brothers-trip.com/1-33-Video.php
Pagès « flair » : http://www.motoverte.com/site/video-tom-pages-backflip-180-62121.html
Clip Dylan Ferrandis : http://www.motoverte.com/site/ferrandis-en-action–60568.html
Clip Fabien Izoird : http://www.motoverte.com/site/izoird-se-fait-plaisir–61523.html

MXDN 2011 (part II) : Histoire de pneu…

A l’issue de la manche 1 de Saint Jean au cours de laquelle il ne s’était pas senti à l’aise (voir épisode « lunettes »), Christophe Pourcel et le staff du team CLS ont décidé de prendre pour l’ultime manche MX1/Open la moto de réserve (procédure prévue par le règlement), qui n’est autre que celle ayant remporté la deuxième manche à Fermo (le peu qu’il roulera avec, CP déclarera qu’il se sentait mieux au guidon de cette machine)…

A noter pour l’anecdote que, contrairement à son coéquipier Tommy Searle, CP utilise à Saint Jean (comme jusque là) des modèles 2011 car, ayant assez longuement ramé pour mettre cette machine à son goût comme chacun sait, il n’a pas tenu à mettre en péril ces acquis en repartant sur une nouvelle base (ce que Kawa US et KRT ont fait en cours de saison, en plébiscitant le nouveau modèle).

Les conditions de piste ayant bien séché, le choix de pneu diffère de ce qui est monté sur la machine en question, dont les roues sont donc amenées, comme d’habitude, au stand du service Pirelli.

Les contraintes particulières du MXDN (court délai entre les manches) et des conditions de course du jour (cruciales en terme de pneumatiques) sont telles que, dans le stand en question, on ne chôme pas (euphémisme) et tout part de là…

En effet, pour cette fois, le chef monteur, qui s’occupe en particulier des top pilotes de la marque transalpine -un certain Bozzo, très sérieux, contrairement à ce que son patronyme laisse à penser- ne peut prendre en charge le matériel de CP.

Pirelli, comme ses concurrents, développe ses propres mousses (chez les Italiens, elles sont montées sans gripster, contrairement à chez Dunlop) et propose à ses top pilotes des pneus « usine » à gommes spéciales.

La marque ayant connu certains problèmes de déjantage en cours de saison (Nagl à Gaildorf et Desalle aussi mais pas en course), elle a édicté en interne un certain nombre de règles de procédure, au premier rang desquelles celle de ne jamais remonter une mousse ayant déjà été installée, que la roue ait servi ou pas (dans le cas de la machine de rechange de CP, elle n’avait pas servi).

Première règle, première entorse ? Le monteur ayant officié sur la Kawa #19 a semble-t-il remonté la mousse qui était en place.

Deuxième règle : depuis Desalle et Nagl, certaines combinaisons mousse/pneu sont prohibées (en clair, on ne doit pas associer tel type de mousse avec telle référence de pneu). Apparemment, là encore, boulette du monteur : la mousse en question ne devait pas être associée à ce nouveau pneu.

La course : le team France, dont les choix stratégiques pour les départs ont été toute la journée judicieux et acceptés dans le meilleur esprit par tous au sein de l’équipe (cela doit être noté), choisit de placer Gautier Paulin à l’intérieur. En interne, CP confirme que ce choix ne le dérange pas et qu’il part dans l’idée de se battre avec les Ricains.

Il vire 7ème au premier virage, après un contact « viril » de l’épaule de Villopoto à mi-ligne droite, se faufile en quatrième position derrière Dungey, puis se rapproche au contact du duo américain après que Villopoto se soit « tanqué » dans un virage, tandis que Bobryshev, auteur du holeshot mais passé par le Ryan vert, a repris le commandement à la fin du 2ème tour.

Tout semble possible dans cette manche décisive, surtout lorsque Pourcel réussit un dépassement imparable sur Dungey et se lance à la poursuite de Villo (Gautier est alors 6ème et la France en position favorable).

Mais, à l’attaque de la série de vagues en haut du circuit, alors que les leaders terminent leur 3ème tour, la Kawa #19 déjante…

Chute, sortie de piste, tentative de CP d’y re-rentrer mais la mousse et le pneu bloquent le bras oscillant : c’est l’abandon irrémédiable !

Pour avoir une idée de l’état de la moto :

http://www.vitalmx.com/forums/Moto-Related,20/CP377-tyre,1224784.

Pour l’anecdote, les mécanos devront découper mousse et pneu pour pouvoir ramener la moto au paddock après la course…

Conclusion de l’enquête sur les chapitres « lunettes » et « pneu » : quoi qu’on ait pu penser de sa saison pour le moins chaotique, sur ce MXDN, CP n’a manqué ni de vitesse (meilleur chrono samedi aux essais, dans les temps de Dungey/Cairoli à la qualif, dépassement de Dungey dans la 3ème), ni de détermination (son début de 3ème manche), ni de bon esprit d’équipe (cf. les interviewes de Paulin d’après-course, confirmées de l’intérieur du Team France : à partir de vendredi matin, après un jeudi où il avait laissé voir son agacement à n’avoir pas été sélectionné plus tôt par la FFM, Christophe s’est montré ouvert, coopératif et souriant, à la surprise et au soulagement général)…

Ce dont il n’a pas manqué en revanche, c’est de pure malchance, ni de critiques en provenance de ceux qui, au motif qu’ils se sont lassés de ses frasques 2011 (et antérieures), en ont perdu, pour le coup, leur capacité à analyser les faits et les chiffres d’une journée de scoumoune noire (se terminant cependant sur la deuxième marche du podium pour le Team France).

En conférence de presse, CP est apparu détendu et plutôt bon communiquant (comprenez : par rapport à son standard habituel) mais ne s’est évidemment pas étendu dans les détails de ses pépins de la journée…

Sa conclusion : « those things happened, that’s the way it is »…

Ce qui, pour une supposée tête de con, m’a paru somme toute assez philosophe.

En direct-live, comme la plupart des fans j’imagine, ma première réaction avait été, à chaque fois, de me dire : « mais qu’est-ce qu’il fout ??!! »

En tant que journaliste reporter, j’ai donc pris un grand plaisir à décortiquer les Nations de CP et à dissiper, autant que faire se peut, deux malentendus notoires auxquels j’avais moi-même initialement souscrit.

En tant que directeur sportif du SX de Bercy, dont CP est une des principales têtes d’affiche dans cinq semaines, cela m’aurait effectivement gêné que certains fans lui en veuillent injustement de ne pas avoir pu porter la France jusqu’à une victoire aux Nations qui aurait été historique.

Cependant, je me réjouis déjà de la motivation qui va être la sienne de prendre sa revanche sur les Ricains de service (Barcia, Brayton, Tomac, etc), sachant qu’au bout du compte, comme ce fut le cas à Saint Jean, le meilleur l’emportera.

PS : Si vous voulez postuler pour un poste de monteur de pneus, depuis dimanche soir, il paraît qu’il y a un poste vacant chez Pirelli.

MXDN 2011 : manche 1 vue à travers les lunettes…

La polémique née sur l’internet à propos de la première manche de Christophe Pourcel à St Jean et son désormais fameux arrêt au stand pour changer de lunettes mérite incontestablement plus ample investigation car, justement, les outils existent pour investiguer : temps individuels, tour par tour et replay complet de la manche + la conférence de presse d’après-course, tous consultables sur le site Youthstream.

J’ai donc repris tout cela et l’ai recoupé avec les infos « inside » qui, elles, ne sont pas disponibles pour les fans.

Il s’agit de répondre à la question : « qu’est-ce qui a pris à CP de s’arrêter ?» et à une question annexe « a-t-il tout donné dans cette manche ? »

Premier élément, très important pour juger de la pertinence de l’arrêt au stand : quand CP a-t-il pris le paveton qui a carrément cassé son écran de lunettes (carrément à travers les tear offs !), un événement rarissime selon l’expert de Scott en personne, Matthieu Lalloz ?

Selon lui, c’est Rattray qui le lui a balancé. Si l’on regarde les chronos de Christophe, ceux-ci descendent régulièrement depuis le début de la manche, des 49’’ il passe en 46’’ qu’il gardera jusqu’à l’averse du 9ème tour, sauf au tour 5 où il repasse en 48’’. Il est donc probable que la casse de l’écran intervienne en cours de 5ème tour, ce qui semble confirmé par des témoins assurant avoir vu passer CP devant son stand à deux reprises en faisant signe qu’il fallait avoir des lunettes prêtes pour un éventuel arrêt.

Sur le replay, CP est encore 8ème, à 2’’ du Sudaf’, au 7ème tour mais passe à 4’’ juste après, c’est donc là au plus tard que survient l’incident, entre 5ème et 7ème donc, nous sommes alors encore dans le premier tiers de la course (entre 10ème et 13ème minute, alors qu’elle durera 36mn) !

Retour sur les lunettes : en fait, un bout d’écran a éclaté et se balade entre les lunettes et les yeux de Christophe, ce qui le gêne bien sûr mais il conserve sa 7ème place, à distance de projection (4’’) de Rattray au 9ème tour…

Pendant ce 9ème tour la pluie apparaît, puis se déchaîne, instantanément et brutalement, au 10ème. Tout le monde perd environ 4’’ au chrono dans ce 10ème tour mais CP, lui, en perd 9. Avec ses lunettes en vrac, il n’y voit plus rien et sait alors que l’arrêt est inévitable, il s’arrête donc pendant ce tour et repart 13ème. Les pilotes qui le précèdent sont alors Goncalvès, Roelands et Wilson.

A noter que depuis le 10ème tour et jusqu’à la fin de la course, les trois commentateurs en Anglais, dont Malin et Jimmy Albertson (qui a couru la consolante une heure avant dans des conditions exactement identiques), ne vont plus voir la course qu’à travers la gestion des lunettes par les pilotes. Albertson dit notamment : « si vous enlevez vos lunettes, vous êtes obligé de vous arrêter !», tellement les projections sont, selon lui, meurtrières sur ce circuit. Au plus fort de l’averse, on voit Reed et Roczen notamment ralentir pour gérer leurs tear-offs / roll-off.

Le premier pilote à apparaître sans lunettes à la télé est Goncalvès, dans le 11ème tour (il finira derrière Pourcel, à la 12ème place). Puis Bobryshev prend un paveton, enlève ses lunettes et s’arrête à 4 tours de l’arrivée (15ème tour), il sera classé 34ème. Moss apparaît sans lunettes et au ralenti dans le même tour ; Reed, Roczen, Dungey, Searle et Rattray, soit les top 5, ont alors tous leurs lunettes.

La pluie s’arrête et le soleil revient immédiatement à l’orée du 13ème tour.

A 3 tours de l’arrivée (16ème), Reed et Baggett sont sans lunettes à l’écran, Dungey les enlève au tour suivant (les commentateurs notent avec pertinence que sans lunettes il ne pourra pas attaquer Roczen, dont il s’est pourtant rapproché ; de fait, Dungey se contentera de la 3ème place ). A quelques encablures de l’arrivée, Reed se fait crépir par un attardé et coupe les gaz tout en baissant la tête, alors que Roczen (qui garde jusqu’au bout ses lunettes, tout comme Searle et Rattray) n’est pas loin.

A l’interview on se rend compte que Reed, auteur du holeshot et qui n’a jamais quitté la tête, est totalement repeint, ce qui démontre que sur ce terrain, on ne peut éviter les projections, qu’on soit en bagarre ou que l’on double des attardés.

La conclusion de tout cela, c’est que CP, victime d’un incident rarissime en cherchant à attaquer Rattray, qui a fini 5ème de la manche, avant le premier tiers de la course, a prévenu son stand de préparer des lunettes, tout en continuant à un bon rythme. Il s’est arrêté entre 3 et 5 tours plus tard, alors que la pluie battait son plein et que, contraint de les enlever pour tenter d’apercevoir la piste, il avait perdu 5’’ de + au tour précédent par rapport à ses adversaires directs.

Les faits et les chiffres, qui sont têtus comme chacun sait, confirment donc ses dires et les observations de témoins.

Ceux qui au contraire relèvent, photos à l’appui, que Reed ou Dungey ont terminé sans lunettes et en déduisent que CP a manqué de combattivité (ou d’esprit d’équipe) par rapport à ces pilotes, méconnaissent le cross et se trompent. Pour ces pilotes, au 16ème tour, la problématique de terminer la manche sur 3 tours n’a rien à voir avec celle de CP qui est gêné depuis le 5ème tour et a dû enlever ses lunettes avant la mi-course, sous une pluie battante.

Et ce, tant d’un point de vue tactique de course que sécurité.

On a pu aussi remarquer que CP ne forçait pas outre mesure en fin de manche. Roelands terminant 22s devant lui et Goncalvès 8s derrière, il ne paraissait pas avoir grand chose à gagner non plus.

A l’arrivée, CP était très déçu et mécontent de lui-même comme de sa moto, au guidon de laquelle il ne se sentait pas très bien pour virer (cf l’épisode 2 à venir, « manche 2, histoire de pneu ») ; de ce fait, il ne se voyait pas terminer la manche mieux qu’en passant Rattray et éventuellement Searle (4ème ou 5ème place donc).

A suivre…

Chroniques « blockpass »

Mai 2011

Volte face

Il y a un an, dans l’euphorie de son joli « coup » du GP des USA à Glen Helen (quand bien même celui-ci ait fait « pssshiiitt » au niveau du public), Giuseppe Luongo imaginait un calendrier révolutionnaire qui allait permettre un va-et-vient intercontinental entre pilotes de MXGP et pilotes US, à la faveur également de l’organisation de (pas moins de) trois GP sur sol américain… Ici-même, je notais que le promoteur du Mondial « marquait des points » face à son rival du championnat US. Finalement, l’annonce du concept a été aussi tonitruante que son retrait, quelques semaines plus tard, fut discret. Le président de Youthstream est coutumier de cette alternance entre fulgurances et volte-face brutales…

Cependant, jamais Giuseppe Luongo n’avait jusqu’ici dévié de son credo majeur, celui qui « justifie » l’ensemble des mesures impopulaires que sa société a décrétées au fil des années (vis-à-vis des clubs organisateurs, des pilotes et des teams, tous mis financièrement à contribution)… Tel était, selon lui, le prix à payer en contrepartie de l’investissement « massif » consenti, par ses soins, pour donner au Mondial une couverture télé tellement formidable que les sponsors allaient forcément se précipiter pour financer les teams (lesquels, en retour, allaient pouvoir payer grassement les pilotes, etc.)…

A cet effet, le promoteur du Mondial expédie à chaque fin d’année, aux teams et aux sponsors, un bilan ultra-détaillé de l’exposition générale des GP à la télé. Dans l’édition 2009 de ce rapport, l’ audience mondiale revendiquée était de 1,07 milliard d’individus (l’équivalent de plus d’un humain sur sept!). Le diffuseur n°1 était Motors TV, cumulant 351,4 millions de téléspectateurs dans une trentaine de pays. Le continent Europe concentrait 73% de la couverture mondiale et la France ressortait comme le pays n°1, avec 16,1% de la diffusion (rassemblant, était-il écrit, 36,5 millions de spectateurs ?!), devant l’Angleterre avec 13%, aucun autre pays n’atteignant les 6%. Ce document (établi sous l’égide de IFM Sports Marketing Surveys, un organisme considéré comme sérieux) remis aux teams, Youthstream pouvait en effet considérer sa mission accomplie, même si la réalité du terrain n’a jamais vraiment vu se matérialiser la spirale vertueuse promise (audience TV/sponsoring/élévation des revenus de chacun)… Force est de constater cependant que, bon an mal an et passion aidant, le « continental circus » du MX survit quand même et que, de surcroît, le niveau de compétitivité y est excellent !

D’où la bombe qu’a constitué l’annonce, quelques jours avant le premier GP, de l’échec de la négociation entre Youthstream et Motors TV, son diffuseur n°1, sur son marché n°1 ! Une vraie surprise, tant les deux protagonistes sont des partenaires naturels. Mais Motors exigeait d’inclure les droits web dans le deal et s’inscrivait dans l’actuelle logique voulant que les télés valorisent de moins en moins les programmes (puisqu’elles amènent l’audience indispensable au sponsoring), tandis que Youthstream refusait cette logique (pourtant semblable à celle qu’il applique lui-même aux teams et aux pilotes)… Le plan « B » consistant à fournir le programme MXGP au groupe Eurosport s’étant heurté au désintérêt de ce dernier, Youthstream s’est retrouvé totalement démuni en télé à l’orée de l’ouverture du Mondial et, ni une ni deux, a alors décidé d’appliquer la citation de Cocteau : « feignons d’être l’organisateur de ces événements qui nous échappent » !

En réponse à un internaute accusant Youthstream de « tuer le MX », Luigi Zompetti, son n°2, a ainsi produit un courrier surréaliste, dans lequel il revendiquait le fait que sa société ait investi « 15 millions d’euros » dans la télé ces dernières années, pour ajouter aussitôt que « non seulement l’avenir (des retransmissions) mais déjà le présent est sur le web », ce dernier permettant de produire « pour beaucoup moins cher » des « milliers d’images » qui, au final, donneront aux « beaucoup plus d’espace » aux commanditaires qui soutiennent le sport…

Pour le fan hardcore, l’offre web en question est effectivement attractive : qualifs du samedi en live, programmes annexes, MXDN inclus, commentaires en Français via mv.com, redifs à volonté, etc… le tout pour un prix modique. Il est regrettable que, pour son lancement, ce programme web ait essuyé un bug technique ayant privé les abonnés des premières manches du GP; cependant, Youthstream a réagi vite et bien (en réparant le bug et proposant un remboursement)… Reste qu’il existe une différence d’échelle faramineuse, en terme d’audience, entre ce type de programme web payant (quelques dizaines de milliers de clients potentiels à l’échelon mondial) et la diffusion TV revendiquée jusque là… Monster, Teka ou autres Rebootizer (et, au-delà, les sponsors des teams, ainsi que les constructeurs) ne pouvaient décemment se satisfaire de cette nouvelle donne !

De fait, au lendemain de Sevlievo, le promoteur du Mondial est revenu vers Motors TV et a conclu illico presto un accord de diffusion sur trois ans. Une nouvelle volte-face qui pose des questions : Youthstream a-t-elle cru que rien ne se produirait, a-t-elle tenté de passer en force ou a-t-elle laissé la crise venir à elle pour mieux en évaluer l’ampleur ? Mystère. La bonne nouvelle, c’est qu’on va pouvoir se focaliser à présent sur ce qui se passe en piste !

Avril 2011

Vaches maigres

Plus encore que d’habitude, la période actuelle (mars-avril) est une des plus excitantes de la saison. Après les traditionnels meeting d’avant-saison et les débuts des championnats nationaux, préludes toujours intéressants mais jamais déterminants par rapport à la nouvelle saison de GP qui va débuter dans quelques jours en Bulgarie, nous allons donc rentrer « dans le vif du sujet » et avoir les premières réponses à toutes les questions que l’on peut légitimement se poser….

Vous en voulez quelques unes ? OK. « Kid Rocz », légitime favori en MX2, va-t-il bénéficier de son expérience en SX US ou, au contraire, celle-ci va-t-elle le pénaliser, notamment en terme de physique, les manches MXGP sur 35mn ayant peu à voir avec les sprints SX US sur 12 ou 15mn ? Son nouveau coéquipier, Jeffrey Herlings, dont on sait que l’arrivée de son rival allemand au sein d’un team KTM-Red Bull-Teka 100% estampillé « teuton » ne le ravissait guère, sera-t-il son « meilleur ennemi », ou cette appellation reviendra-t-elle plutôt à « notre » Gautier Paulin, dont l’arrivée du proto Yam à injection renforce la cote (voire à un autre larron qui exploserait après un hiver studieux, par exemple Tommy Searle, pour son retour en Europe) ?..

Du côté MX1, l’ogre Cairoli va-t-il poursuivre sa domination et continuer de mettre sous l’éteignoir son Teuton à lui (Max Nagl), ou celui-ci va-t-il finir par éclater au grand jour ? Les « jaunes » d’outre-Quiévrain, Clément Desalle et Steve Ramon, seront-ils les adversaires les plus redoutables des KTM ou ce privilège reviendra-t-il aux Yamaha-Rinaldi de David Philippaerts et Steven Frossard ? Qui sera le meilleur représentant « vert », Seb’ Pourcel, Didier Boog ou… Ben Townley ? Enfin, le soit-disant retour « officiel » des « rouges » via Paolo Martin sera-t-il efficient ou relèvera-t-il du pétard mouillé ?

Si j’ai entamé cette rubrique par « plus encore que d’habitude », c’est qu’effectivement, à ce stade de la saison de SX mondiale, dans le meilleur des cas, nous en sommes réduits à un mano a mano entre deux prétendants, dont un favori notoire. Pas de cela cette fois-ci ! Certes, Ryan Villopoto a parfaitement négocié le tournant du championnat que constitue en général Daytona et enquillé, avec une certaine réussite, une série de trois victoires (série toujours en cours après Indy), avec au bout une confortable avance de 26 points (soit plus d’une victoire)…

Cependant, nul n’est jamais à l’abri d’un pépin et les chances d’un James Stewart, certes un peu erratique (réglages douteux de son YZF, limogeage de son team manager Larry Brooks, accrochage avec Reed à Atlanta, méga-chute à Daytona…), mais toujours le plus rapide intrinsèquement, restent donc intactes. Chad Reed, « revenu du diable vauvert » à la faveur d’une victoire historique (car acquise au guidon d’une moto « privée ») sur son circuit fétiche de San Diego, reste également en embuscade. Quant au champion en titre, Ryan Dungey, orphelin de DeCoster, certes peu en veine (deux défaillances mécaniques déjà) et, surtout, bredouille de victoire cette saison, il n’en truste pas moins les podiums et peut sortir du bois, surtout dans un championnat où pas moins de cinq pilotes sont en mesure de l’emporter chaque week-end (rajouter Trey Canard dans l’équation, malgré ses erreurs de « rookie ») !

Cependant, aussi excitantes puissent être ces nouvelles des terrains (de SX / MX), à l’heure où j’écris ces lignes -le 15 mars- le véritable front où se joue sans doute, en partie au moins, l’avenir de notre sport, c’est le Japon. La cascade d’événements dramatiques qui s’y déroule dépasse bien sûr de très loin les enjeux minuscules du MX. Loin de moi également le désir de jouer les oiseaux de mauvais augure. Cependant, lorsque le pays lui-même se relèvera -au plus vite, comme on se doit de l’espérer mais, de manière réaliste, pas avant de nombreux mois- il y a fort à parier que ce ne sera plus le même Japon. La troisième économie mondiale, dont la bourse a cédé 15% en deux jours, vient de rentrer dans un tunnel dont nul ne peut évaluer à cet instant la noirceur ni la profondeur et encore moins prédire lorsqu’on verra le bout…

Nous sommes nombreux à vouloir croire que les constructeurs sont engagés en compétition par passion, ou souci d’orgueil de marque. Cela a été vrai, dans une certaine mesure, à l’époque des pionniers. Mais l’honorable Soïchiro Honda n’est plus de ce monde depuis exactement vingt ans et, depuis, le monde en question a bien changé. Aucune grande entreprise industrielle ne raisonne plus autrement de nos jours qu’en terme de rentabilité aussi immédiate que possible. De ce point de vue, le MX reste un anachronisme. Les sommes dépensées par les écuries officielles ne peuvent absolument pas se justifier dans un marché modeste au départ et, de surcroît, divisé largement par deux depuis la crise. Et même si les « energy drinks » en absorbent une partie substantielle, les coûts reposent toujours largement sur les épaules des constructeurs, dont quatre sur cinq sont japonais. Les teams officiels survivront-ils donc à la catastrophe ? Rien n’est moins sûr. Lorsque l’Empire du Soleil Levant se relèvera, les vaches seront maigres et le MX devra bien s’y adapter.

Mars 2011

Touquet « new look », une réussite !

Lorsque Ramon et Moussé ont entamé leur stupéfiant mano a mano, devant mon écran, j’ai pensé au fameux finish Demeester-Potisek de l’édition 2008… L’opposition des styles était encore plus flagrante : Steve Ramon, l’ultra-smooth et expérimenté ténor des MXGP, face à « Jean-Clutch » Moussé, le valeureux vétéran sableux toujours prétendant, une paire de fois victorieux mais globalement plutôt poissard, dont le pilotage de battant est à celui du Belge ce qu’un opus de Rammstein est à une symphonie de Mozart… L’inéluctable arriva et après vingt minutes de folie, le Français, en surchauffe, craqua à l’entame du dernier tour. Pourtant, le double world champ’ continua de foncer jusqu’à l’arrivée, sans jamais se retourner, de crainte que le fantôme de Moussé ne vienne, une fois encore, se porter à sa hauteur !

A mon sens, cet ébouriffant épisode sportif a récompensé une évolution de l’épreuve, façonnée de longue date, bien conçue et bien exécutée… Flash back : au départ (1975), Le Touquet est créé par Thierry Sabine, personnage mythique (mort sur le Dakar, son autre bébé, en 1986), et le kiff de Sabine, c’est la démesure. Le parcours se compose alors d’une ligne droite de 7km sur la plage avec un retour à travers les dunes, alternant portions larges, goulets d’étranglement et même, côté forêt, une paire de bourbiers. L’armée de Terre assure logistique et encadrement de la course. Le départ est donné (volé) au canon, une simple tranchée dans le sable faisant office de grille de départ, le tout dans un m… assez indescriptible (souvent, la moitié des concurrents ne sont pas encore arrivés sur la plage). Des givrés conçoivent des protos à base de routières, simplement pour réaliser le holeshot le plus médiatique de l’année. Une bonne partie des 300 000 spectateurs piétine les dunes. La gestion des bouchons est autant, voire davantage la clé du succès que le pilotage lui-même, à tel point que les ténors finissent par organiser des commandos qui « font le ménage » à leur arrivée dans les goulets. Il n’y a pas de transpondeurs, ça coupe dans tous les sens, sauvagement, à travers les dunes, voire par la route… A la remise des prix, tard dans la soirée, les réclamations fusent dans tous les sens… Sabine? Au fond, il jubile : sa course est (aussi) un « happening » !

La médiatisation considérable du Touquet a vite attiré les top pilotes des GP. De 1979 (Carlqvist) à 1993 (Delepine), le palmarès fut globalement trusté par les étrangers, même si de très grands noms (Malherbe, Jobé, Lackey, etc) s’y sont cassé les dents. Kees Van Der Ven et Eric Geboers consentirent l’effort d’apprivoiser cette course foldingue et s’adjugèrent chacun trois succès, avant de laisser la place à une génération de spécialistes tricolores faisant du Touquet le principal (parfois le seul) objectif de leur saison : Arnaud Demeester, Thierry Béthys, Timoteï Potisek ou encore… Jean-Claude Moussé, pour citer ceux qui se sont imposé à au moins deux reprises.

Mais la « démesure » à la sauce Sabine, furieusement « tendance » des mid-seventies jusqu’encore aux années 90, est devenue trop politiquement incorrecte pour les années 2000 et le circuit imposé par la pression écologiste (quasi-annulation en 2005) se limite désormais à un cross sur la plage… Heureusement, petit à petit, des mesures et aménagements judicieux -pour subsister lorsqu’on est à contre-courant, il faut savoir s’adapter, en faisant de son mieux pour préserver l’essentiel- centrés sur plus de rigueur et de sécurité sportive, améliorent le concept. Je cite en vrac : les top 40 partant à l’avant du défilé; le départ moteur arrêté, avec interdiction de rajouter de l’essence et panneau « 1mn »; la ligne droite de départ raccourcie cette année, spectaculaire malgré tout et moins dangereuse, un vrai succès; l’abandon de la prime au holeshot; les buttes moins hautes et bien dessinées; la délimitation complète du tracé par des hauts talus en sable, façon Hossegor; les zigouigouis rompant la monotonie imposée du tracé; le ravitaillement à Stella; le retour sur la plage en trois tronçons; l’interdiction des tear-offs (écologiquement indéfendables); l’avancée de la date et l’obligation des trois ravitaillements (retour à des réservoirs « humains » de 12l. au lieu des anciens 18l.), deux mesures favorisant (la preuve) le retour des pilotes de GP…

Peut-on dire que la démesure « Sabinesque » ait laissé place à une rigueur sportive parfaite ? Certes non : à l’impossible, nul n’est tenu. Malgré tout, un an après la douloureuse « affaire Deudon », en consultant le règlement, on s’aperçoit que trois des cinq premiers auraient aussi bien pu être déclassés, ce qui fait quelque peu désordre (non qu’on leur veuille le moindre mal) : Demeester pour assistance extérieure (moto démarrée par son mécano), Van Beveren pour ravitaillement en piste et Milko Potisek pour pot d’échappement éclaté à l’arrivée (mais miraculeusement OK au contrôle sonomètre « 2 mètres max », décidément fantaisiste mais il s’agit là d’un débat qui dépasse le Touquet)…

Quoi qu’il en soit, l’essentiel reste bien que la tradition soit perpétrée et que, chaque année, onze cents d’entre nous continuent de s’éclater pendant trois heures, dans un cadre fabuleux et une meilleure sécurité, au contact des meilleurs pros du genre, disputant une des courses les plus radicales au monde. Longue vie au Touquet !

Février 2011

Et ça repart !

Ainsi va le calendrier sportif, dans sa logique immuable… l’info du mois dernier (la non-présence de Christophe Pourcel au départ du SX mondial) n’est déjà plus évoquée par les commentateurs US. Face à tel gâchis, deux proverbes viennent à l’esprit : «les absents ont toujours tort» et «le temps perdu ne se rattrape jamais» (more sur CP un peu plus bas)… Quoi qu’il en soit donc, le «SX Circus» s’est remis en marche du côté d’Anaheim et jusqu’à début mai, il constituera l’épicentre du sport MX planétaire. Pendant ce temps, chez nous, les rondes sableuses vont s’enchaîner, avec en guise de Grand Messe un Enduropale re-formaté (finie la ligne droite sur la plage…), lequel se prépare au rythme des infos relatives à «l’affaire» Deudon vs FFM, au genou de Pichon ou encore à la participation exceptionnelle d’un double world champ’, Steve Ramon… Un scénario plus foireux que l’an dernier étant inimaginable, espérons donc une belle course au niveau des tops et l’indispensable préservation du mythe que représente Le Touquet dans la conscience collective crossiste de ce pays !

Mais revenons-en au SX. Après deux courses, il est clair que Stewart est bien de retour au top niveau (qui en doutait sérieusement ?), en plus mûr et plus patient et que du coup -plus inédit- Villopoto semble posséder les armes pour le contrer, y compris au niveau vitesse de pointe. «Villo» fait plaisir à voir avec un physique affûté (made in Aldon Baker, ex-RC, ex-Bubba) et une attaque démoniaque. Derrière, un quatuor Dungey-Canard-Reed-Windham se disputera du podium au gré des circuits, des éventuels bobos et surtout des départs. Rien de bien surprenant finalement donc, à part peut-être une certaine «transparence» de la plaque rouge, laquelle relance ainsi le débat sur la «réelle» valeur du (des) titre(s) 2010 de Ryan Dungey (et quelque part dans le Sud français, à moins que cela ne soit en Thaïlande ou encore près d’Orlando, un Frenchie connaissant bien la question opine véhémentement du chef !).

Petit retour sur CP (puisque c’est bien de lui qu’il s’agit) : selon un scénario plausible, quoique fondé sur… rien de concret, on peut l’imaginer tirer les marrons du feu de l’imbroglio Team Kawa / Pro Circuit / FMF ayant éclaté quelques jours avant Anaheim 1… Au coeur de l’affaire, un différent technique, mais en réalité une inimitié notoire entre Mike Fisher, le team manager Kawa et Mitch Payton, Mr Pro Circuit, le sponsor commun Monster, dont le vice-président, Bruce Stjernström, est un ancien ponte de Kawa (qui a mis Fisher à son poste et conserve des liens très étroits avec les «Verts») occupant une position arbitrale. Chacun prétend n’avoir rien à se reprocher et se plaint du manque de réactivité de l’autre, la mauvaise foi semblant cependant assez bien partagée. Quoi qu’il en soit, les 450 KXF officielles sont aujourd’hui équipées de pots FMF et cette décision brutale de Fisher a mis Payton en rage. Lié par un contrat longue durée avec Monster (mais pas avec Kawa), il se murmure que Payton a bel et bien envisagé, dans la chaleur de l’instant, de changer de crémerie à l’horizon 2012 (Yamaha, voire KTM, tireraient sans nul doute grand profit de s’associer avec le sorcier de Corona), jusqu’à ce qu’un ponte japonais de chez Kawa ne vienne l’amadouer à grand renfort de courbettes avant Phoenix (sans remettre cependant en question le choix d’un Fisher pour l’instant protégé par les bons résultats de Villopoto)…

Orgueilleux mais pragmatique, Payton ne torpillera donc sans doute pas sa relation avec Kawa. Il n’en reste pas moins qu’il s’est souvent exaspéré, au cours de l’histoire et sous l’égide de trois team managers consécutifs (Turner-Stjersntröm-Fisher), de voir le team Kawa officiel snober des champions titrés sous la bannière Pro Circuit, de Pichon à Pourcel en passant par Langston et Townley (tous des étrangers… Kawa US xénophobe ??!!). Cette fois-ci, donc, imaginer PC faire un effort pour CP (et vice-versa au niveau financier) avec comme motivation commune d’agacer «l’ennemi» Fisher sur l’outdoor US 450 ne paraît pas relever de la science-fiction (le plus difficile restant d’abord de convaincre Monster, partenaire incontournable pour PC et surtout, ensuite, que CP se hisse effectivement au niveau de Villopoto!)…

Par contraste avec cette «affaire Pourcel», la manière dont l’Amérique du SX accueille le phénoménal (mais largement moins efficace que CP à son époque) Ken Roczen, laisse dubitatif… Sympa, enthousiaste, humble, parlant un bon Anglais et évidemment archi-spectaculaire, «K-Rock» charme tout le monde, il est partout, dans les magazines, les vidéos, les talk-shows et il a même eu son segment à part dans le programme télé de Phoenix, avec des commentaires dithyrambiques d’Emig et Carmichael… Deux pôles et six chutes, la moitié très spectaculaires et la plupart à mettre au compte du dangereux mélange trop d’enthousiasme / trop peu d’expérience, le bilan SX de Ken reste pour l’instant très contrasté. Mais il est celui qui apporte -de loin- le plus de presse à KTM. Pendant ce temps, Musquin apparaît dangereusement marginalisé, une vidéo KTM présentant le team 2011 faisant carrément l’impasse sur lui ! De quoi motiver le retour en force du world champ’ pour l’outdoor…

Janvier 2011

CP va-t-il rebondir ?

La musique s’est arrêtée et l’un des meilleurs danseurs est resté seul au milieu : au traditionnel jeu des chaises musicales d’inter-saison, le perdant 2010 s’appelle… Christophe Pourcel. Et quand bien même l’intéressé déclarait encore courant décembre avoir «50% de chances» de rouler à Anaheim 1 (début janvier), les chances que le Père Noël apporte un guidon à temps pour que CP participe à la grande ouverture de la saison 2011 sont à peu près… nulles.

Une fois ce constat -brutal- énoncé, la question qui brûle les lèvres est évidemment «comment en est-il arrivé là ?» Souvenons-nous d’abord que déjà, l’an dernier, il avait échoué à trouver le guidon officiel 450 et le gros contrat auxquels il prétendait. Pour autant, lui et son agent, Russ Stratton, n’ont strictement rien changé à leur approche cette année, persuadés que les performances 2010 de Christophe allaient le placer en position incontournable vis-à-vis des décideurs des teams officiels ! Avant de capoter, ce plan a failli fonctionner. Entre son second titre SX Est et l’outdoor de Millville (où Trey Canard a entamé sa remontée aux points), soit pendant près de deux mois, CP se trouvait dans le haut de liste chez la plupart des recruteurs. Même si ceux-ci n’avaient pas encore les coudées complètement franches pour s’engager sur 2011, il est incroyable que le duo Pourcel-Stratton ait laissé passer cette période sans signer ne serait-ce qu’une lettre d’intention !

Car après, les choses n’ont cessé de se gâter : le titre outdoor 250 s’est dérobé à nouveau, non pas cette fois sur casse mécanique mais bien sous la pression de Canard… Les observateurs n’ont pas manqué de constater que les soucis rencontrés en 2009 par le Français, en particulier son incapacité à aligner deux manches à son meilleur rythme -séquelle de son terrible accident de 2007- le handicapaient toujours en 2010. Pire, Christophe a commis plusieurs «fautes directes», dont l’ultime l’a de surcroît laissé sur le carreau pour la majeure partie de l’inter-saison. Plus encore que ses troubles neuro-gastriques récurrents (qui l’empêchent de s’alimenter correctement le jour des courses), ce sont ces chutes à Unadilla et Pala qui ont scellé sa défaite…

A la fin de l’été, le point de vue des décideurs avait donc singulièrement évolué -et pas dans la bonne direction- vis-à-vis du cas «Cee-Pee en 450 pour 2011». Côté positif : le garçon possède un talent hors du commun, voire du génie, tant en SX qu’en MX, ce qui vaut tout de même de l’or! Mais, côté négatif : 1) les doutes quant à son physique sont d’autant plus inquiétants que les symptômes n’ont pas l’air de s’estomper avec le temps et que la catégorie 450 est plus exigeante que la 250 sur ce point, y compris pour un pilote aussi «smooth» que l’est CP; 2) personne aux US ne l’a jamais vu en course au guidon d’une 450 et, quand bien même l’intéressé et son agent affirment être au niveau des meilleurs dans cette catégorie, en la matière, comme on dit, «on ne croit que ce que l’on voit» (erreur stratégique majeure que de ne pas s’être aligné sur un SX en 450 à l’Ouest une fois le titre Lites Est conquis!); 3) sa capacité à remporter des championnats -normalement un gros atout- est tempérée par le fait que le titre mondial est lointain, que les titres SX sont considérés comme des titres «régionaux» (acquis face à des pilotes plus jeunes et/ou de moindre expérience) et, surtout, par les deux échecs consécutifs en outdoor (sa deuxième saison US ayant en fin de compte été plutôt moins convaincante que la première, tant en SX qu’en outdoor); 4) il est Français (ou plutôt il n’est pas Américain) et sa personnalité, malgré certains efforts de sa part, ne passe pas très bien dans l’opinion.

Ce bilan laissait malgré tout de bonnes cartes en main au «clan CP» pour passer en 450. Encore aurait-il fallu que son agent soit en mesure d’arrondir les angles et de jouer au «gentil flic», histoire de tempérer le caractère notoirement égocentrique et intransigeant de son client (des défauts communément rencontrés chez les plus grands mais souvent mieux cachés). Au lieu de cela, Stratton s’est placé sur le même registre que celui-ci et, surtout, il n’a voulu, ou pu, ou su le convaincre d’ajuster ses exigences financières (réputées outrancières) à la réalité du marché, au point que, par les temps économiques qui courent, les recruteurs n’ont apparemment même pas pris la peine de lui faire la moindre offre concrète ! Sauf à remonter à Brad Lackey en GP500 il y a près de trente ans, il s’agit tout simplement d’une situation historique…

Face à ce constat d’échec, fort d’un principe fondamental en soi respectable («ce sport est trop dangereux, au top niveau, pour le pratiquer au rabais»), Christophe ne donne pas l’impression de paniquer mais, au contraire, d’assumer. Désormais libre comme l’air, il va prendre soin de sa santé et se re-préparer en vue de s’aligner ponctuellement, le moment venu -c’est-à-dire pas avant plusieurs mois- là où bon lui semblera, sur des GP, ou aux US, du côté des derniers SX, ou pendant l’outdoor… Que ce soit au sein de la structure «familiale»KRT ou du côté de chez Pro Circuit, on aura du bon matériel pour lui. L’objectif ? Des coups d’éclat suffisamment probants pour relancer l’histoire. Vous n’y croyez pas ? Vous avez la mémoire courte. Christophe Pourcel est déjà revenu de bien plus loin que cela !

Novembre 2010

Le scandale de l’Axone

Des dizaines de pilotes se déplaçant de toute la France… pour rien. Une FFM contrainte d’annuler une épreuve officielle de championnat Supercross – une première en vingt-trois ans d’existence pour le championnat comme pour son organisateur attitré, JLFO, plus de 160 épreuves disputées en France et en Europe au compteur… Un des moto-clubs les plus réputés de France (organisateur de GP, du MXDN en 1988 et de surcroît fief du premier vice-président de la FIM) subissant un préjudice de plus de 100 000€… 2500 spectateurs ayant réservé leur place -pour ce qui devait être la première réunion sportive d’envergure dans une salle toute neuve, l’Axone, à Montbéliard- à rembourser… Vu comme cela, cela ressemble au fiasco de l’année. Mais à y regarder de plus près, il s’agit plutôt du guet-apens de la décennie !

A l’enquête, on trouve en effet de tout dans ce dossier : un soupçon d’arrières-pensées politiciennes (la salle Axone est propriété de l’agglomération de communes du Pays de Montbéliard, présidée par Pierre Moscovici, député PS de premier plan, auquel la préfecture, sous la tutelle du gouvernement, ne veut pas forcément du bien); un zeste de rivalité entre deux métropoles départementales (les gens qui ont torpillé l’épreuve venaient de Besançon, ville-préfecture, tandis que, hélas, Montbéliard était, la semaine cruciale, dépourvue de sous-préfet, entre deux nominations); une bonne dose de malchance (un commandant de pompiers bienveillant en début d’étude du dossier qui part en formation et laisse le bébé à un collègue farouchement opposé au projet, pour des raisons qui restent troubles) et, pour couronner le tout, une énorme louche de principe de précaution à deux balles, voire, le mot s’impose à la lecture du stupéfiant arrêté préfectoral d’interdiction, d’une totale mauvaise foi !

Que s’est-il donc passé ? Le MC Villars, comme de juste, dépose son dossier d’organisation en préfecture, trois mois et demi à l’avance (17 juillet). 8 septembre : le SDIS (Service Départemental d’Incendie et de Secours) attire l’attention de la mairie de Montbéliard sur le fait que la salle (au même titre que les autres salles de France) n’est pas explicitement prévue pour accueillir un sport mécanique et qu’il va donc falloir se pencher sur le système d’évacuation des gaz. Ce que le Pays de Montbéliard fait en sollicitant l’avis du Bureau Véritas, officine dûment agréée par les pouvoirs publics en la matière. Celui-ci s’empare du dossier en urgence et provoque deux réunions, en présence du SDIS (représenté encore à ce stade par le « bon » pompier), les 10 et 16 septembre. L’ambiance est studieuse mais dans une démarche positive vis-à-vis de l’épreuve. Au demeurant, le 16 octobre, la sous-commission des épreuves sportives donne un avis favorable à la tenue de la compétition. L’Axone accepte de renforcer le dispositif existant par deux puissants extracteurs, le tout permettant un renouvellement du volume d’air complet de la salle en 17 minutes, un record dans le genre !

Véritas décide, avec l’accord du SDIS, qui devait participer avec son propre matériel de contrôle, de procéder à un essai « grandeur nature » le 21 septembre. Le club réquisitionne 12 motos, toutes des 250cc (au lieu des 85 ou 125cc de la course) et les fait tourner d’affilée pendant 20mn (alors que la course la plus longue sera de 7mn pour la soirée). Malgré ces conditions extrêmes, les relevés restent bien en-deçà des normes admises. Le « mauvais » pompier ayant entretemps pris le dossier en main, il a refusé que ses hommes participent à l’exercice et il réfutera les conclusions positives de Véritas lors de la commission décisive, convoquée pour le 1er octobre, jour de la course. Dans la logique de cette coupable mauvaise volonté, le commandant en question a pesé de tout son poids sur l’avis (négatif) de la représentante de la préfecture, présidant la-dite commission et elle-même manifestement convaincue d’avance. Abasourdis, les représentants du club, de la salle, de la ville, de la FFM, de Véritas et Jean-Luc Fouchet lui-même n’ont rien pu face à l’intransigeance de la présidente de commission, laquelle a refusé la proposition d’utiliser les essais de ce vendredi après-midi comme test encore plus « grandeur nature » que celui de la semaine précédente pour mesurer les émissions (et donc constater qu’elles restaient minimales). Le temps de pondre l’arrêté, ces braves gens ont pu partir à l’heure en week-end…

Au-delà de la querelle d’experts sur l’extraction des gaz -les pompiers sont-ils plus qualifiés que Véritas, quand bien même ils refusent de participer aux tests et d’étudier le dossier en profondeur?- la conduite des opérations par la préfecture a été scandaleuse. Si elle n’était pas prête à donner crédit au rapport de Véritas (remis le 27 septembre), pourquoi attendre le simulacre de commission du 1er octobre pour signifier son choix d’interdiction ? Informé à temps, le club aurait pu économiser tous les travaux, grandement limiter son préjudice et… prévenir les coureurs. Cette affaire nauséabonde est évidemment révélatrice de la mauvaise foi à laquelle est susceptible de devoir faire face tout club français organisateur, de nos jours et, hélas, encore davantage, à l’avenir. D’où l’importance de mener la bataille juridique qui s’impose… et de la gagner.

Octobre 2010

« Silly season » (*)

A l’heure où vous lisez ces lignes, on connaît la Nation victorieuse de l’épreuve-phare du calendrier, l’ancêtre du cross mondial, le Motocross Des Nations (MXDN pour les intimes). La logique voudrait que les USA, seule parmi les équipes favorites -avec nos amis belges, à ne jamais négliger- à présenter leur trio de prédilection, aient prévalu sur leurs terres, grâce notamment à la présence dans leurs rangs de RD, « Robocop » Dungey, et de l’épatant -en tous points- Trey « Duck » Canard, Andrew Short, solide spécialiste du 450, complétant efficacement ce « power trio »… Mais souvenez-vous du départ façon « strike » de Cairoli, suivi du crash de Paulin lors de l’ultime départ l’an dernier ! Aux Nations, tout est possible… Ramenée au rang des outsiders, l’équipe de France, forte d’un favori et de deux gros outsiders, a ainsi très bien pu tirer son épingle du jeu… ou pas. Idem bien sûr pour l’Allemagne avec ses deux as (Roczen et Nagl), pour peu que le joker de l’équipe (Schiffer) ait pu scorer un bon résultat.

Le MXDN n’est cependant que rarement une course-lotterie… De ce point de vue, espérons que le petit coup de mou subi par les actions tricolores en fin de parcours n’ait pas été le reflet d’une vraie tendance ! Il est un fait que Ken Roczen a terminé plus fort qu’un Marvin Musquin il est vrai déjà (et confortablement) re-titré, tandis que, plus grave, Christophe Pourcel se faisait pour sa part déborder au finish par un Canard nullement boiteux dans des conditions narrées par ailleurs dans ce magazine ! Auto-proclamé « meilleur pilote français », Christophe n’en a pas moins buté sur l’ultime marche de l’escalier de la gloire, pratiquement comme l’an dernier, sauf que cette fois, sa mécanique n’a nullement été en cause… De là, la spéculation s’est inévitablement mise en route : « qu’est-ce qui cloche chez CP » ??!! Lorsque la crédibilité d’un pilote repose sur l’impression qu’il dégage d’être en permanence en contrôle de la situation, qu’il assume, aussi bien que le faisait Pourcel, cette forme d’arrogance qui trouble les media autant qu’elle désarme ses adversaires, les conséquences d’un dénouement tel que celui qu’a vécu Christophe sont assez dévastatrices. Le plus grave est bien sûr que ces adversaires, que Pourcel retrouvera la saison prochaine (et les suivantes), ne feront plus de complexes face au « crafty Frenchman » (« le rusé Français »), d’autant que l’on jouera alors dans la « cour des grands » (en 450), là où sévissent les caïds les plus redoutables, ceux qui ne font pas le moindre cadeau…

Sur le plan professionnel, CP va devoir se plier, de force, à la loi du marché et réviser largement à la baisse ses prétentions financières « pré-Pala » (lorsqu’il donnait encore l’impression de maîtriser son affaire). Obligés, de par leur fonction, de regarder la réalité en face, les team managers ont désormais de quoi douter non pas évidemment du potentiel fulgurant de Pourcel, mais de sa capacité physique à gérer le terrifiant calendrier US (de début janvier à mi-septembre), à cause évidemment des séquelles laissées par son accident de 2007… Forcément, ils vont tenir compte de ce facteur physique au moment de miser sur le Frenchie. Difficile d’affirmer que cela l’affectera puisque Christophe est capable à la fois de donner à son agent des consignes extrêmes et de déclarer candidement que « l’argent, ce n’est que du papier ». Quant au plan médiatique, la façon dont il a été traité en fin de championnat -et singulièrement alors qu’il était à terre, l’épaule dans le sac, à Pala, par les connards de service dans le public US- ainsi que l’attitude seigneuriale qu’il a affichée vis-à-vis de son « bourreau » Canard tout de suite après sa défaite sont deux éléments qui vont jouer en sa faveur et aider à redresser une image ternie par l’individualisme forcené qui constitue à la fois le fondement de son fonctionnement, sa grande force et aussi, sans doute, parfois, le tendon d’Achille de ce champion atypique…

Le MXDN marque aussi le point culminant de la « silly season », un terme désignant la période des transferts, que le dictionnaire traduit littéralement par (*) « période stupide » ! Et c’est vrai que l’on donne, cette année encore, l’impression de franchement marcher sur la tête. Les rumeurs les plus folles circulent et elles touchent les top guns : Reed, en partance de Kawa-Monster, est à pied (idem CP). Yamaha se fait tirer l’oreille pour parapher son accord avec le team L&M/Stewart. Dungey rêverait de transfert, soit parce qu’il a une clause lui permettant de retrouver sa liberté maintenant que Roger DeCoster a quitté Suzuki pour rejoindre KTM, soit parce que Suzuki n’arrive pas à lui payer ses quelques 4 millions de dollars de bonus 2010… Honda repartirait en 2011 mais pour la dernière fois (après de passer le relai au team Troy Lee). Idem Suzuki avec Yoshimura. Tandis donc que les Japonais prennent de plus en plus de distance avec le MX, comme évoqué ici-même il y a quelques mois, KTM arrive avec ses « kolossal » sabots : Cairoli, Nagl, Herlings, Roczen, côté GP, ils sont bordés. Côté US, choisissez un, voire deux des noms cités ci-dessus (en plus de Musquin évidemment). D’ici une paire d’années, le MX planétaire pourrait ainsi virer à l’orange ! Qui vivra verra.

Août 2010

GP 2011, le paradoxe

Le projet de remaniement des MXGP pour 2011, détaillé ici-même le mois dernier par le patron de Youthstream, est paradoxal en ce sens que, sorti de l’imagination d’un homme connu pour privilégier le « business », il apparaît plutôt judicieux sur le plan sportif mais assez hasardeux sur les plans marketing et stratégique ! Rappelons qu’il s’agit d’aligner le calendrier des GP sur celui des outdoors US, tout en l’expatriant largement « outremer »…

Or, comment ne pas se réjouir du fait que le championnat du Monde voyage effectivement de continent en continent, plutôt que de se cantonner majoritairement en Europe ? L’autre volet principal du projet signifie que des pilotes de GP pourront participer à l’intégralité du SX US et que, en retour, certains pilotes basés en Amérique pourront participer à un Mondial prévoyant de faire, en fin de saison, deux stops, voire trois, sur sol US. Disons tout de même qu’on imagine bien davantage une migration de talent dans le sens Europe-USA, pour faire du SX, que dans le sens inverse… Si l’objectif de Luongo était donc, à travers cette mesure, de stopper l’hémorragie de top-pilotes GP vers les séries AMA, cela ne paraît pas gagné d’avance ! Cependant, crise économique oblige, d’un côté comme de l’autre, les bons guidons sont rares et les prétendants « indigènes » nombreux, ce qui est de nature à réduire les échanges transatlantiques à leur strict minimum : Musquin part… mais deux candidats à l’exil, Paulin et Desalle, restent, certainement pas grâce au projet de GP 2011 cependant !

La vraie question reste par conséquent : « qui va financer le surcroît de frais engendrés, pour les participants, par ces GP « exotiques » supplémentaires ? Car Youthstream n’a nullement l’intention de le faire, et cela change tout. Dans la coulisse, on sait que Giuseppe Luongo évoque des teams « A » (qui pourront suivre tout le championnat, il estime les concernés à une vingtaine de pilotes par catégorie) et des teams « B » (qui ne feraient que les épreuves européennes). Le promoteur se contenterait, en complément des pilotes « A », d’une dizaine de « locaux » pour remplir ses grilles à l’outremer, tandis que les pilotes « B », restés au bercail, seraient invités à participer au… MX3, il est vrai en sérieuse panne de talents crédibles ! Avec un système pareil, rapporté à la saison 2009, un Musquin ou un Desalle seraient partis sans la moindre chance de jouer le titre ! Là, on s’éloigne tout de même pas mal du concept « championnat du Monde »… et c’est le tendon d’Achille de la « vision » du Grand Timonnier des MXGP. Que fera-t-il si seulement une poignée de teams parviennent à réunir les budgets pour être classifiés « A » ?

Les recettes des teams principaux viennent d’aides « constructeur » et de sponsoring, sportif ou extra-sportif, ce dernier reposant grandement sur les épaules des energy drinks. Or, ni les uns, ni les autres, ne semblent prêts à augmenter leur investissement en MXGP. Les constructeurs (japonais) ont confié depuis toujours le poids du soutien aux GP à leurs filiales européennes. Cela a beau agacer Youthstream, cela ne changera pas. Pire, en période de récession, ces filiales n’ont nulle intention de dépenser plus pour que leurs teams aillent se mesurer aux antipodes de leur propre territoire de vente et, de fait, on sait que certains constructeurs majeurs vont encore couper dans le nombre de teams qu’ils soutiennent…

Luongo dépasse cet écueil évident en affirmant que les sponsors extra-sportifs prendront le relai, ce qui paraît relever d’une bonne dose de méthode Coué (auto-persuasion)… Lui-même vient de signer un gros contrat avec Monster, tandis que Red Bull est partenaire exclusif de KTM : cela laisse peu d’espace aux autres pour justifier de plus gros investissements ! En réalité, on peut parier que ce sont les gains des pilotes (pour ceux qui en ont encore) qui vont encore trinquer, sans résoudre l’équation pour autant… L’opération ne sera pas pour autant fructueuse pour Youthstream. Le promoteur a lui aussi (et plus que tous) une logistique à déplacer (ou à acheter sur place, comme il l’a fait en Amérique). Et si les clubs exotiques (Australie, NZ, etc) bénéficieront d’argent public local et paieront le prix « catalogue » Youthstream pour avoir leur GP, on doute que les promoteurs US reçus par G. Luongo dans le désert (de spectateurs) de Glen Helen soient repartis avec une envie irrésistible de lier leur destin financier à celui de Youthstream, d’où un manque à gagner potentiel pour ce dernier. Quant à un MXDN (son joyau) se déroulant avant la fin de saison des Mondiaux, voilà qui paraît assez saugrenu…

En réalité, Giuseppe Luongo semble se conduire, sur le coup, comme s’il était mû par son ego (ou grisé par l’opération « Glen Helen », qu’il voit comme un grand succès), plutôt que par son habituel sens du business sans risques. Son trip, c’est de fantasmer sur le fait que Monster contraigne ses pilotes US à rouler « ses » GP des USA et que ceux-ci soient reconnus comme autant de minis-MXDN, donc bien plus intéressants que de « simples » outdoor US ! L’homme a montré jusqu’ici un vrai talent pour passer en force et imposer ses vues à des passionnés n’ayant pas trop le choix. Il a plus d’un tour dans son sac mais, en Amérique, il s’attaque à plus rude partie. Wait and see donc.

Juillet 2010

Vuvuzelas ou tondeuses ?

La Coupe du Monde bat son plein et c’est le seul moment où je m’intéresse suffisamment au foot pour regarder des matches, hors ceux de l’équipe de France lorsqu’elle joue en qualif’ officielle (et encore). Pourtant, jeune journaliste, j’étais beaucoup plus impliqué, au point de commenter des matches de championnat de France sur les multiplex de France Inter… Pour la World Cup, je retrouve les anciens réflexes, monte en puissance et étudie vraiment la question, me remets à jour sur les joueurs, entraîneurs, tactiques, etc… au point de me demander : « pourquoi donc ? » !

Je pense tout simplement être sensible à l’enjeu d’une part, au decorum et à tout le tralala entourant ce genre d’événement d’autre part. J’aime le sport au sens large et il est évident que plus l’enjeu est grand, plus l’art du sportif de haut niveau se révèle, dans toute sa force, sa maîtrise et donc sa beauté, quelle que soit la discipline. Par ailleurs, tout ce qui confère une connotation nationale, populaire et festive à un événement sportif me touche, quand bien même il ne me viendrait pas à l’esprit de me peinturlurer la tronche ou d’enfiler une moumoute tricolore ! En revanche, j’ai des copains qui font cela très bien et cela me fait marrer… Le sport a cette capacité unique de faire vibrer à l’unisson, de rassembler des gens de toutes classes et de tous horizons derrière un maillot ou des couleurs et cela me touche, c’est ainsi, même s’il s’agit d’instants souvent fugaces (et que les lendemains sont susceptibles de déchanter, remember « la France black-blanc-beur » ??), ils restent précieux…

Alors, est-ce grave, Docteur ? Dois-je être rangé dans le clan des idiots nationalistes et primaires qui, aveuglés par leur propre drapeau, en deviennent incapables d’apprécier les performances de ceux qui ne portent pas leurs couleurs, voire agressifs envers ceux-ci ? Evidemment, non ! Il s’agit juste d’un parti pris qui permet de vibrer davantage, sans pour autant virer au chauvinisme abruti. D’un point de vue spectateur, le sport peut représenter un simple divertissement comme il peut atteindre un degré passionnel. Dans tous les cas, il est dans la nature humaine de prendre parti, même inconsciemment, pour un individu ou une équipe car, tout simplement, cela pimente gratuitement le spectacle. Nul besoin de voir son préféré décimer l’opposition pour s’enflammer : pour prendre évidemment l’exemple du MX, dans les années 80, la « Bruno-mania » était à son comble dans le pays, alors que l’intéressé ne faisait en général « que » se placer dans les bons points en GP500 (ce qui représentait cependant alors une perf’ historiquement inédite)… Les fans français avaient les yeux de Chimène pour « Super-Bruno » mais cela ne les empêchait nullement d’apprécier à leur juste valeur les prestations d’un Malherbe (francophone), d’un Carlqvist (qui écumait les cross inter hexagonaux) ou d’un Lackey (francophile qui bénéficiait de l’aura exotique américaine) !

Lorsque Jacky Vimond a repris le flambeau de JJB en tant que top Frenchie et entrepris une quête de plusieurs années vers le premier titre mondial tricolore, on a pu observer que les fans se sont montrés un peu plus exclusifs : on s’habitue vite à la victoire des siens et l’on devient alors volontiers exigeant, c’est aussi dans la nature humaine… Cependant, et on a pu le constater quelques années plus tard, lorsque Jean-Michel Bayle était au top mondial absolu, même au cours de la grand messe annuelle de Bercy, le public français a toujours conservé une large capacité à respecter le talent de ses adversaires et apprécier la qualité de leurs prestations; il s’agit là d’une qualité essentielle, qu’il convient de cultiver !

A ce titre, bien qu’il faille rester vigilant et que je le préfère plus sobre sur ce plan dans le contexte de Bercy, je ne pense pas, comme certains, que les commentaires d’un Francis Magnanou à St Jean D’Angély (certes franchouillards) soient susceptibles de faire basculer la foule du mauvais côté du chauvinisme. Il n’y a pas de hooliganisme dans notre sport et les débordements sonores type tronçonneuses ou tondeuses (!), même s’ils relèguent les vuvuzelas du Mondial au rang de pipi de chat, restent bon enfant. Il s’agissait d’un public de passionnés, en large partie connaisseurs, pour lequel la course des Français constitue sans doute un fil rouge mais certainement pas l’unique intérêt du GP.

J’ai lu récemment, en revanche, une tribune violemment anti-Mondial dans le quotidien français dit « de référence », qui, à partir de raisonnements certes recevables (le sport opium du peuple, le sport vecteur d’idéologie élitiste, etc.) tirait des conclusions franchement débiles. Cela me rappelait les Khmers verts, ce besoin hargneux et apparemment irrépressible, au-delà de la détestation éprouvée pour telle activité humaine, de culpabiliser, voire diaboliser ceux qui y prennent du plaisir ! Si assister à un match (ou à un GP) doit déclencher chez l’individu (coupable) un processus de réflexion métaphysique, on marche sur la tête… Nous avons 60, 70 ou 80 ans à passer ici-bas et, tant que nous serons organisés en démocratie, la manière dont chacun décide d’occuper ses loisirs doit rester un choix purement individuel, préservé de l’influence des aigris ou tordus de toutes sortes. Amen.

Juin 2010

« Ready to Race » !

Une fois encore, l’actualité du mois n’a pas été tendre avec les amoureux du MX. Je connaissais Danny « Magoo » Chandler et Andrew McFarlane, deux personnages aussi différents qu’on peut l’être (tout en étant un champion de MX) mais aussi profonds et attachants l’un que l’autre… Seule la traditionnelle formule « Rest In Peace », adressée à Magoo, m’arrache un coin de sourire : Magoo, « reposer en paix » ?? Impossible! Comme l’a écrit un forumer américain, il doit mettre un sacré raffut là-haut et utiliser les nuages pour s’envoyer des doubles à qui mieux mieux… Par ailleurs, dans l’émotion ayant suivi la disparition d’Andrew, un projet d’association de pilotes Pro MX a surgi, sous la houlette de Grant Langston et Chad Reed, vite relayés par Stewart himself et Villopoto l’éclopé… A suivre !

C’est à l’issue d’un week-end à Valkenswaard que le sujet de cette rubrique s’était imposé dans mon esprit et j’y reviens malgré tout. En partant vers une Hollande pour une fois ensoleillée, je lisais en effet, dans « Moto Revue », une interview du président de KTM, Stefan Pierer, au contenu bien noir. Citations choisies : « 84,1 millions d’euros de perte sur l’exercice 2009 »… « 450 des 1857 salariés licenciés et 773 passés en temps partiel »… « Un quart de ventes en moins en Europe et plus de la moitié en Amérique »… « Les résultats les pires de tous les temps »… « Des lignes de production arrêtées pendant neuf semaines »… « Près de 30 000 motos en stock »… Etc, etc… !!

Et puis, au fil de l’interview, l’effroi des chiffres laisse place à une réflexion profonde, articulée et, au final, plutôt optimiste tout en restant assez convaincante, de la part du seul grand constructeur capable d’évoquer « la compétition tout-terrain comme une priorité, car notre plus gros segment » et « la conviction que le 2-temps a de l’avenir et qu’on peut encore l’améliorer », d’imaginer « une nouvelle norme pour le MX, avec des 350 proches en puissance des 450 et en maniabilité des 250 » et de conclure « notre devise -Ready to Race- représentera notre philosophie, quoi qu’il arrive »…

Sur le GP, je constate que Pierer ne se contente pas de formules ronflantes. Disons-le tout net : il y a les autres (grands) constructeurs, représentés par des teams indépendants, parfois prestigieux, et il y a… KTM, présent également via des « satellites » (Martens, HDI, etc) mais aussi, et surtout, en tant qu’usine elle-même (six pilotes 100% officiels!). Entre la marque orange et son sponsor principal, Red Bull, l’étalage de structures techniques et hospitalités diverses est franchement impressionnant et, pour tout dire, écrase largement ce que n’importe quel autre constructeur met sur la table !

KTM et Red Bull étant par ailleurs sponsors de Youthstream, une des choses qui me frappera au cours du week-end est l’accumulation de ressentiment que cet état de fait engendre, en profondeur, dans le paddock. Ici, tel haut responsable d’un constructeur japonais se plaint amèrement d’un manque de concertation de la FIM sur les réglementations techniques (bruit, cylindrées, type de moteurs, etc) et, d’ailleurs, celle-ci sera contrainte, la semaine suivante, de faire marche arrière quant à la non-application des normes de bruit et d’essence qu’elle avait annoncée pour le GP des USA… Là, tel team manager « historique » pointe du doigt le fait que, depuis le début de saison et contrairement à ce qui aurait été verbalement convenu avec les instances dirigeantes, « les lignes de départ ne sont pas griffées en profondeur mais, au contraire, lissées » (sous-entendu, dans le but inavouable d’aider telle cylindrée inférieure – qu’elle soit une vraie 350 ou une 390- à collectionner les holeshots)…

Cette amertume a donc bien sûr à voir avec les « résultats des courses », comme on dit : au soir de Valkenswaard, KTM avait en effet remporté tous les GP, MX1 comme MX2. Aujourd’hui, après cinq étapes, un seul lui a échappé, de part et d’autre, Cairoli et Musquin tenant fermement les plaques rouges respectives… Eh oui, figurez-vous qu’en moins de temps qu’il n’en a fallu aux constructeurs japonais pour sabrer sauvagement dans leurs budgets MX, les investissements de KTM -« Ready to Race » oblige- se traduisent par des résultats ! Une chape orange est en train d’écraser les GP et, fatalement, cela déplaît. Là dessus, Katé re-signe Musquin (à la barbe de Pro Circuit) et annonce un programme « ambitieux » pour 2011 aux USA… Envisager un Bubba en SX sur une SXF techniquement à la pointe (350, démarreur, biellettes et tout le toutim) n’est pas, n’est plus si ridicule que cela ! KTM, qui a remporté pour la première fois des comparatifs dans la presse US cette année, sait bien que vaincre le bastion US lui apporterait une crédibilité suprême. Et pourquoi pas relever ce défi, après celui GP ?

Grâce à une politique sportivement ambitieuse et techniquement novatrice, l’usine autrichienne entend donc truster les podiums et les titres au plus haut niveau pour mieux rebondir économiquement. Si elle y parvient, paradoxalement, cela sera une bonne nouvelle pour tous, y compris les aigris du moment, nourris à la soupe amère concoctée par des constructeurs « généralistes » pour lesquels notre sport importe peu, dès lors que les chiffres baissent.

Mai 2010

Glen Helen, terre de GP !

Le match Europe-USA reste un sujet aussi récurrent que passionnel dans le MX, la première victoire-surprise des Ricains aux Nations 1981 constituant l’acte « fondateur » de cette rivalité. Mais, au-delà du sport, une lutte se joue entre le MX à la sauce AMA (fédé US) et les MXGP FIM (fédé internationale). Paradoxalement, le cross US, soutenu à la fois par un marché unique et deux séries complémentaires -outdoor et supercross- tenant l’affiche de janvier à septembre, rivalise avantageusement avec le cross estampillé « mondial », au calendrier à mi-temps et reposant sur une myriade de mini-marchés… Ceci vaut pour les constructeurs, les pilotes, les sponsors et, en fin de compte, le public. Cependant, dans la foulée de la crise (dévastatrice pour le marché MX US), plusieurs faits récents se conjuguent pour faire évoluer les lignes de force, dans un sens plutôt inverse…

Pour commencer, la situation sportive, qui a vocation à fluctuer d’une génération à l’autre, a tendance à s’équilibrer. Si la filière américaine continue inlassablement à « cracher » du jeune talent crédible ( tel Dungey, Hill, Canard, Stroupe, Barcia, Regal, etc), la dualité MX/SX a été mise à mal par les contrats «SX only» signés par ses deux méga-stars : Stewart, qui, en 2009, s’y est tenu et Reed, qui a fini par se raviser. Le troisième «Galactique» du cross US, Villopoto, est finalement le seul à être véritablement estampillé « outdoor ». Alessi reste un gros point d’interrogation à cause de son physique et Christophe Pourcel un émigré véritablement titrable, au contraire de Rattray et Searle, lesquels étaient pourtant des cadors en GP… A noter qu’il s’en est fallu de peu pour que les Nationals 2009 soient remportés par deux « aliens » (Reed l’Australien et CP le «Frenchie»), ce qui aurait été totalement inédit (dans le même temps, les Ricains présents en Europe ne font guère d’étincelles) ! Côté GP, Cairoli fait le pendant de Villopoto en leader emblématique du MX1 mais, derrière lui, le nombre de solides prétendants (Philippaerts, Ramon, Nagl, KDD , Barragan, Seb’ P., Desalle, etc) apparaît supérieur en quantité et en densité au plateau aligné en 450 Nationals… Quant au MX2, il a étonnamment bien « digéré » le départ des CP/Rattray/Searle à travers l’émergence des Musquin/Roczen/Simpson/Herlings/Charlier, etc…

La règle des « moins de 23 ans » en MX2 facilite la prise de pouvoir par les jeunes et si notre Marvin national sera bien en… Amérique pour 2011, on pourrait voir débouler en GP, à moyen terme, la fine-fleur de la filière « amateur » US, « victime » de la nouvelle réglementation AMA, laquelle prévoit qu’on ne puisse désormais passer pro avant 18 ans révolus (question de responsabilité juridique pour promoteurs et teams faisant rouler ces mineurs)… Ainsi, tandis que Roczen ou Herlings ne pourront rouler outre-Atlantique (leur objectif affiché) avant trois saisons, Cianciarullo (actuelle coqueluche des minis aux USA) annonce déjà son intention de concourir en GP dès qu’il aura 15 ans ! Ce scénario constitue une révolution, jamais des stars US annoncées n’ayant jusqu’ici débuté leur carrière en Europe…. La mise en place par l’influent manager Mitch Payton (Kawa-Pro Circuit) d’une écurie-relai en Europe (CLS) ressemble à une anticipation de cette tendance future, qui verra le talent Euro de 18 ans révolu partir pour l’Amérique, tandis que le talent US de 15 ans prendrait le chemin inverse, par un effet de vase communiquant largement plus favorable aux GP que la situation préalable.

Dans ce contexte fluctuant, MX Sports, le promoteur qui avait remporté une victoire cinglante sur celui des GP, Youthstream, pour l’octroi du contrat des « Nationals » voici deux ans, vient de faire un cadeau ahurissant à son concurrent européen. En bisbille avec l’organisateur de Glen Helen, fameux round californien couru dans l’arrière-cour des teams officiels, MX Sports a en quelque sorte jeté celui-ci dans les bras de Youthstream, lequel a prestement signé un accord de cinq ans pour ramener sur sol US un MXGP (et des Nations supplémentaires !), ce que l’on n’avait pas vu depuis une décade, et ce GP est programmé pour dans quelques semaines ! Même si la méthode « à la hussarde » a mis les teams européens devant le fait accompli, même si Youthstream a consenti pour ce GP des conditions allant à l’opposé de sa politique habituelle, même si la participation des top US -et par conséquent le succès de l’épreuve- est loin d’être garantie dès cette édition (KTM a engagé d’emblée Alessi et Searle, on parle aussi de Lawrence, Langston, etc… Bubba, via la connection Red Bull, est aussi évoqué, mais désinformation et spéculation se mêlent pour faire des pronostics en la matière un exercice bien hasardeux !), stratégiquement, il s’agit d’une affaire en or.

Critiqué par les puristes pour sa propension à délaisser des circuits MX « historiques », aux tracés intéressants, pour des circuits plats, raccourcis et sans âme mais dotés de bons parkings, Youthstream récupère le tracé le plus pentu, le plus long et le plus radical du circuit US traditionnel… Joli contre-pied. Cependant, plus l’accent est mis sur ce GP, plus on démontre que dans ce sport, les Américains restent incontournables, après avoir nié cette évidence pendant des années !

Avril 2010

Respect, Messieurs !

Le programme s’appelle « Inside the Outdoors ». Il s’agit d’une sorte de télé-réalité, tournée à l’été 2009 au coeur du MX US et diffusée actuellement sur une chaîne spécialisée dans les sports mécaniques, Fuel TV. Les séquences sont filmées par la même équipe qui produit les vidéos « The Great Outdoors » depuis des années mais restent à 90% originales. Les épisodes sont rapidement visibles sur internet (taper le titre sur Google) et j’annonce « sérieux coup de poing dans la gueule » ! C’est de la prod’ lourde : des équipes à gros moyens (HD, hélicos, etc) se dispersent, entre les courses, de la Californie jusqu’en Floride en passant par le Tewas profond, chez différents pilotes tels Wharton, Short, Reed, certains personnages aussi mythiques que méconnus, tel le gourou de la préparation physique et mentale, Jeff Spencer et, surtout, chez l’attraction du show (au moins pour les cinq premiers épisodes), la famille Alessi.

Dire qu’on se retrouve « au coeur du coeur » des événements est un euphémisme : on voit tout, jusqu’aux images (« too much » à mon goût) de l’opération du genou subie par ce pauvre Mike après l’éclatement de la rotule qui a mis cruellement fin à ses ambitions sans cesse repoussées de champion AMA, après quatre courses consécutives remportées de belle manière… A deux doigts de toucher au but « de toute une vie », le clan Alessi -et singulièrement le père Tony, confirmé, par la grâce de ce show, personnage le plus controversé/haï du cross US- ne se montre pas prêt à lâcher ainsi le morceau. Séquence hallucinante de méthode Coué où, chez un ostéopathe local, Tony se convainc (et donc convainc Mike) que moins de deux semaines après l’opération (contre toute logique médicale), la rotule de son fils est susceptible de tenir le coup et de le laisser engranger quelques points lors de la course suivante (la nocturne du Colorado), histoire de préserver ses chances au championnat… Héroïque, Mike se tape, entre autres, des séances de natations « sans les jambes » en piscine et une hallucinante virée sur le lac Mead en kayak, embarcation qu’il découvre manifestement et qui ne le rassure guère, sous la houlette autoritaire et volontiers humiliante d’un Tony confortablement installé… sur un jet à selle !

Les méthodes radicalissimes de Tony mettent évidemment mal à l’aise, surtout lorsque le rêve éveillé se fracasse sur la réalité de la dureté de ce sport, sous la forme d’un sévère block-pass asséné dès le deuxième tour de la course par l’un des solides ennemis que les Alessi ont amassé au fil des saisons, par ailleurs peu connu pour faire dans la dentelle : Josh Grant. Images difficilement supportables de Mike se tordant de douleur sur le bord de la piste (il devra repasser sur le billard, ne sera pas repris par Suzuki, signera avec KTM pour un programme « à la carte » et n’est toujours pas réapparu sous son meilleur jour -euphémisme- huit mois plus tard)… Porteur d’un micro HF, Tony l’accompagne à la clinique mobile et fonce se plaindre aux officiels (qu’il tente vainement de convaincre, en regardant le « replay », qu’il s’est agit d’une « agression »), non sans échanger quelques insultes, à leur camion, avec des membres du team de Grant, leur expliquant pour finir que « l’Univers revaudra cela à Josh !» (prédiction qui, d’ailleurs, se réalisera quelques semaines plus tard, aux X-Games, sous la forme d’une grave blessure à la cheville pour J.G. !)…

Aussi grand-guignolesque soit-il en la circonstance, le personnage de Tony n’occulte pas -au contraire, à mon avis- l’essentiel de l’intérêt grandiose de ce feuilleton-TV-réalité. Le MX y apparaît parfaitement pour ce qu’il est : le sport le plus impitoyable et fascinant qui soit, du style à faire passer l’Ultimate Fight pour une innocente distraction de tafioles ! Evoluer au top du MX aujourd’hui est réservé à une élite d’athlètes dotés d’un physique en airain, d’une hygiène de vie monacale, d’une abnégation de gladiateur, d’un courage de Viking, d’une maîtrise technique et d’une précision d’orfèvre, capables d’un jusqu’au boutisme de kamikaze et dotés de testicules « pamplemoussesques ». Cette réalité éclabousse l’écran d’ « Inside the Outdoors » et, ce qui hallucine, c’est de contempler la diversité des « chemins qui mènent à Rome ». Il n’y a rien, absolument rien de comparable entre le monde bancal et cinglé d’un Mike Alessi baignant dans le stress, au milieu du désert et celui, serein, respirant la solidité d’une vie de famille parfaitement banale et équilibrée, dans le cadre paisible d’une propriété verdoyante du Texas, d’un Andrew Short. Et pourtant, lorsque la grille tombe, à Hangtown ou au Texas, gros plans, ralentis et images réelles les dévoilent bel et bien au coude au coude, envoyant de l’énorme bois dans la fureur des grosses 450, s’envolant sans retenue depuis des appels effarants, pearl-harbourant les appuis et transperçant les bosses de freinage profondes d’une demi-roue comme si c’était du plat ! Et, au final, c’est bien Alessi qui l’emporte…

Il est fascinant et réjouissant de constater qu’à mille lieues de leurs discours de podium stéréotypés, les crossmen qui se dévoilent dans ce film apparaissent tels qu’on les côtoie « en vrai » c’est-à-dire tous, dans leur incroyable diversité, humainement, à mon sens, passionnants. Respect, Messieurs.

Mars 2010

Ne mélangeons pas tout

Pour le première fois depuis 1993 et l’avènement d’un certain Jeremy McGrath, le SX US va sacrer un champion qui ne faisait pas partie des quatre meilleurs l’année précédente puisque ceux-ci -en l’occurence Stewart, Reed, Grant et Short- sont tous blessés ! Alors qu’on approche de la mi-championnat (et que Christophe Pourcel va rentrer en lice pour la défense de son titre « Est »), il est clair aussi que, pour le première fois depuis vingt ans, à chaque course, cinq pilotes au moins peuvent s’imposer ! Côté MXGP, le suspense est une valeur également en hausse puisqu’en MX1 on en compte aisément cinq capables de gagner, dix capables d’être dans « le top cinq » et vingt capables d’être dans le « top 10 », tandis qu’en MX2, si Marvin Musquin tient la cote du favori, ils sont facilement cinq aussi, dont au moins une paire de Français, à prétendre aux plus hautes ambitions…

Autant dire qu’avec une actualité pareille, évoquer une question à tonalité environnementale -pour le troisième mois consécutif!- me saoûle carrément, mais Touquet oblige… Disons-le donc d’entrée : malgré la sympathie (sincère) engendrée par la victoire éphémère du couple « outsider » Deudon-Kawasaki, son déclassement s’inscrit dans la logique d’un règlement « bruit » au sujet duquel la FFM avait fait tous les efforts d’information nécessaires (sur les courses et terrains d’entraînement favoris des « sableux »)… Qui plus est, déclassé pour motif de silencieux dépourvu de marquage il y a une paire d’années, ce même duo savait ne pas pouvoir compter sur la moindre mansuétude. Rappelons que le rôle premier d’une fédération est d’édicter des règlements et de les faire respecter, de manière à ce que la compétition soit équitable et que le vainqueur soit le meilleur de ceux ayant respecté ces règlements. Sur ce dernier plan, la FFM a rempli son rôle et n’a pris personne en traître; même si Kawa se plaint de ne pas avoir eu de représentant lors du contrôle d’après-course, les chiffres relevés (devant témoins) sont tels que les contester relève d’une « théorie du complot » difficilement crédible…

Là où la Fédération s’avère beaucoup moins convaincante en revanche, c’est lorsqu’elle relie ce souci légitime d’équité sportive sur le Touquet à des objectifs environnementaux liés, eux, aux circuits permanents. Ne mélangeons pas tout et, surtout, restons crédibles : en l’état actuel des choses, des centaines de concurrents terminent hors normes et, de toute façon, celles-ci restent trop élevées dans l’absolu (rappelons cependant que le bruit est une nuisance et non une pollution!). Le Touquet est une messe populaire bruyante par essence et s’il reste pertinent de se donner pour objectif d’en réduire l’intensité sonore en durcissant les normes à l’avenir -c’est prévu par la FIM- le déclassement d’un Deudon n’est à ce titre qu’un coup d’épée dans l’eau n’ayant pas la moindre valeur d’exemple pour le participant « de base » ni, évidemment, la moindre chance d’amadouer quelque écolo intégriste que ce soit !

Il faut savoir qu’en 2007 (année où la FFM a mis le bruit en haut de liste de ses préoccupations) s’était instauré un « gentleman ’s agreement » entre Yamaha et Honda (donc entre Demeester et Potisek) afin d’utiliser des silencieux dits « à chambre », conçus par SPES et qui constituaient une nette avancée en matière de réduction du bruit. Mais les intéressés se plaignant d’une perte de réponse au coup de gaz, les silencieux à chambre ont été depuis abandonnés, au profit de silencieux rectilignes « classiques » retravaillés (diamètre de sortie réduit de plus d’1cm), capables de satisfaire à la fameuse nouvelle norme 2010 « 2 mètres max », soit 115db à plein régime… Au contrôle, certains (Honda et Kawa) ont eu besoin de la tolérance de 2db (soit 117db) et, dès lors, il n’est guère surprenant que les mêmes, après 3H de course à pleine charge dans le sable, se soient retrouvés hors normes (Pichon-Honda ayant la clairvoyance de remplacer le silencieux de départ tandis que Deudon-Kawa prenaient le risque de terminer en l’état). Mais comment les trois Yam contrôlées (Van Beveren, Morel et Leclabart) sont-elles alors restées sous les 115db, au départ comme à l’arrivée ? Renseignement pris, il s’avère que Yamaha et Doma consacrent énormément de temps et de budget à l’élaboration de silencieux rectilignes « top-secret », présentant un rapport performances/tenue dans le temps inédit mais dont seuls les pilotes-maison bénéficient, évidemment !

Les conclusions à tirer de tout cela : 1) ceux qui utilisent une ligne adaptable ou une moto trop bruyante d’origine ont peu de chances de terminer un Touquet aux normes 2010; 2) nous sommes dans une période de transition : avec les solutions actuelles, personne (pas même les Yam officielles) ne passera aux normes 2012 ou 2013, soit 110db; 3) les silencieux à chambre, tant en origine comme en adaptable, s’imposeront alors (dix ans trop tard ?!); 4) au Touquet, si la FFM entend garantir à la fois l’équité sportive ET une réduction globale du bruit, il faudra adopter les mesures suivantes : a) marquage d’un seul silencieux et changement en cours d’épreuve interdit; b) on rentre les motos directement du contrôle technique en parc fermé; c) drapeau noir en cours d’épreuve pour tout pilote dont le silencieux s’est manifestement détérioré.

Février 2010

Sainte colère

J’aurais adoré disserter sur le très inattendu début de championnat SX aux USA, marqué par certaines fissures dans la cuirasse de l’hyper-favori James Stewart (d’accrochages sur la piste en pétage de plomb dans les pits), une auto-destruction de la part de son rival historique, Chad Reed (« out » dès le deuxième round), l’émergence d’un nouveau « Mr Clean » en guise de rookie outsider, Ryan Dungey, l’attentisme d’un Villopoto bouffi mais constant, la présence, mitigée mais valeureuse, de troupes françaises dans la bataille… Sans oublier J-Law sortant de tôle pour courir A1 et un A2 boueux qui se profile dans quelques jours ! Mais aussi variés, savoureux, croustillants ou même sulfureux qu’apparaissent les ingrédients de cette saison nouvelle, ils ne constituent pas mon sujet du mois…

Car la sainte colère du président de la FFM, Jacques Bolle, constitue vraiment un événement majeur (qui permet en outre de prolonger le discours tenu le mois dernier ici-même, à propos de Copenhague et des « Khmers Verts » ). Elle éclate dans un édito en première page de l’organe de la fédération, France Moto, sous le titre : « ça suffit ! ». Et cela, mes amis, fait plaisir à lire. Non pas qu’on doute que sa fédération ait toujours cherché à défendre l’intérêt du motocyclisme. Mais certes pas avec cette vigueur ni ce ton, vis-vis de rien moins que les Pouvoirs Publics ! Qui a dit : « vieux motard que jamais » ?!

Il s’est tenu aussi, au siège de la FFM, cette réunion de presse -impensable il y a encore peu!- où Jacques Bolle partageait l’estrade avec le président de la FFMC (Fédération Française des Motards en Colère) et celui du Codever (association spécialisée dans la défense des droits à rouler dans les chemins). En présence de représentants ministériels sans doute un peu médusés, Bolle a fustigé vertement tant l’Administration de l’Etat que (une partie au moins de) la classe politique, accusés par lui de reprendre, par pure démagogie et sans aucune réalité scientifique pour les appuyer, les thèses les plus farfelues des écolos extrémistes, pour peu qu’elles s’attaquent aux sports ou pratiques motorisés… Visiblement, l’heure n’est plus aux discussions feutrées et aux compromis perdants mais au tapage du poing sur la table et l’on s’en réjouit ! Bien sûr, l’efficacité de cette stratégie reste à démontrer sur les moyen et long termes. Mais à court terme, elle présente l’immense avantage (outre l’aspect « défoulement des frustrations ») de passer de l’habituelle posture défensive à une posture de contre-attaque…

Bolle invoque, à juste titre, les principes généraux de la Loi, tirés du Code du Sport : « Les activités sportives constituent un élément important de l’éducation, de la culture, de l’intégration et de la vie sociale. Elles contribuent notamment à la lutte contre l’échec scolaire et à la réduction des inégalités sociales et culturelles, ainsi qu’à la santé. (Leur) promotion et (leur) développement (…) sont d’intérêt général. L’Etat, les collectivités territoriales et leurs groupements, (…) contribuent à (leur) promotion et (leur) développement. » Par ailleurs, la FFM, en tant que fédération agrée, reçoit délégation de pouvoir du ministère chargé des sports et son directeur est d’ailleurs appointé par le-dit ministère. La FFM est donc ultra-légitime pour s’interposer lorsque les services de l’Etat font obstacle (de manière intempestive) à la pratique du sport !

Le cas s’est produit à Goult (84), où le club a été victime du coup de zèle d’un préfet, lequel s’est permis d’ interdire un cross à la dernière minute -en dépit d’un avis favorable de la Commission de Sécurité- avant de faire obstacle à la ré-homologation de ce terrain. Bolle a monté en épingle l’incident (comme les écolos savent si bien le faire à notre encontre) en interpellant rien moins que le ministre de l’intérieur en personne, arguant de la Loi « d’intérêt général » ci-dessus et d’un jugement favorable du tribunal administratif de Nîmes sur le dossier, jugement tout simplement ignoré par la Préfecture. Il a aussi mis en avant le sondage réalisé à la demande des fédés auto et moto auprès d’Ipsos, sondage démontrant que malgré le tapage médiatique outrancier et culpabilisateur dont ils sont bombardés à propos du réchauffement climatique, une majorité de Français ne souhaite pas que les sports mécaniques soient sacrifiés « sur l’autel d’une idéologie dogmatique ».

Bref, Jacques Bolle est décidé à se battre pour la défense de ses licenciés et le fait en s’autorisant une liberté de parole et d’action « sans limite », vis-à-vis de quelque interlocuteur que ce soit, ministres ou préfets inclus, ce qui est exactement ce que nous attendons de lui et il doit donc pouvoir compter sur le soutien de tous ! Le seul gage qu’il donne à l’idéologie ambiante est la promotion de la moto électrique, un sujet intéressant mais à manier avec des pincettes (lire chronique du mois dernier). Quant au bruit, qui constitue aujourd’hui le dada de son prédécesseur, apôtre de la nouvelle norme de mesure « réaliste » (gaz à fond) adoptée par la FIM, il ne doit pas être considéré comme un gage mais comme un sujet « de vie ou de mort » pour le MX et, à ce titre, l’action de Jean-Pierre Mougin doit être également comprise et soutenue.

Janvier 2010

Bon ride en 2010 !

A l’heure où j’écris cette chronique, le sort de nos enfants est paraît-il en train de se jouer à Copenhague, à l’occasion du sommet de l’ONU sur le climat. Le sujet est donc éminemment sérieux mais pourtant trop souvent appréhendé (en ce qui nous concerne) de façon fumeuse, sous la pression d’intégristes écolos catastrophistes… Certes, des milliers d’éminents scientifiques mondiaux sont d’accord pour affirmer que l’activité incontrôlée de l’homme en matière de rejet de CO2 dans l’atmosphère a un impact sur le réchauffement (apparent) de la terre, phénomène au demeurant cyclique dans l’histoire de la planète. Mais (une minorité) d’autres savants, eux aussi éminents, conteste que l’impact de cette activité humaine -incontestablement néfaste- serait aussi déterminant que le prétendent leurs collègues et que la radicalité des mesures préconisées aux politiciens mondiaux ne serait guère productive, donc guère justifiée, face à d’autres enjeux environnementaux dûment prouvés mais non liés au CO2, eux (eau, etc). Qui croire et que penser de tout cela ? Pour avoir écouté et lu divers débats sur le sujet, mon sentiment préalable est renforcé : le réchauffement climatique nous concerne peut être en tant qu’êtres humains mais pas spécifiquement en tant que crossmen !

Alors, pourquoi avons-nous le sentiment d’être ainsi pointés du doigt en tant que « moutons noirs » écologiquement irresponsables ? Le processus est le suivant : 1) les scientifiques étudient et publient leurs conclusions (en la circonstance, leurs simulations); 2) les activistes relaient et amplifient (déformant à l’occasion) le travail de ces scientifiques auprès du public, via des media plus ou moins complaisants (singulièrement chez nous); 3) les hypothèses sont transformées en certitudes, la « pensée unique » se met en place; 4) les hommes politiques, soucieux de « coller » à leur électorat, orientent leurs décisions dans le sens où souffle le vent de l’opinion; 5) malheur alors à ceux qui ne se trouvent pas en harmonie avec l’air du temps !

Il faut bien admettre que la question annexe du bruit ridiculement élevé des 4T MX (annexe car le bruit est une nuisance et non une pollution) a lourdement contribué à nous placer parmi les symboles qui, aux yeux des-dits activistes, ont vocation ni plus ni moins à disparaître, tant la frontière est étroite entre symbole et bouc-émissaire… Faute d’avoir su réglementer efficacement et donc nous protéger un tant soi peu de ce funeste destin, la FIM enfourche donc aujourd’hui un nouveau dada, en guise de solution « d’avenir » : la moto électrique ! A Copenhague a ainsi été organisé sous son égide un enduro « écolo », disputé au guidon des machines suisses Quantya par une brochette de pilotes internationaux, dont, tout de même, Joël Smets, multiple champion du monde MX. Joli coup : en marge du fameux sommet, l’impact médiatique a évidemment été maximal auprès du grand public !

Le communiqué de presse officiel, repris sur le site internet de la FFM, me laisse cependant dubitatif. La stratégie employée n’est-elle pas à double tranchant et, en fin de compte, terriblement dangereuse ? Certes, au fil de ce communiqué, les participants ne cessent de louer les qualités de maniabilité, de légèreté et, surtout, le facteur « fun » de ces machines souvent ressenties, jusque là, comme plus proches de gros VTT de descente que de petites motos TT… Le vainqueur, Fabien Planet (cocorico!) avoue même que dans une petite spéciale en sous-bois, il « n’aurait pas été plus vite » avec sa moto d’enduro, ce qui constitue, pour l’électrique, une reconnaissance appréciable en terme de performance aussi. Un autre participant estime, lui, que les machines évoquent des petites cylindrées thermiques et que leur rapport fun/performances démontre « l’absurdité de la course à la puissance », ce qui apporte une pierre intéressante à un débat qui existait avant même l’arrivée des électriques, même si celles-ci apparaissent a priori plus à leur aise dans un environnement enduro que purement MX…

Dans ce contexte quelque peu euphorique, chacun ne manque pas non plus de s’enthousiasmer à propos de « l’absence de bruit » -soit- et aussi de « l’absence de pollution », ce qui m’apparaît déjà beaucoup plus aventureux : la production d’électricité n’est pas « propre » et le recyclage des piles non plus ! L’électrique a vocation a compléter l’offre thermique et nous permettre de regagner du territoire, pas à remplacer l’offre existante (surtout avec le rapport prix/autonomie actuel)… Et lorsque le rédacteur de l’article déclare « ces pilotes ont voulu montrer au monde entier que leur passion va de concert avec leur respect de la planète et qu’ils se préparent à trouver des solutions pour réduire l’impact négatif qu’ils ont sur le climat mondial », je tombe carrément à la renverse ! Non, lorsque vous démarrez et utilisez votre moto de MX, vous ne compromettez pas l’avenir de vos enfants, pas plus qu’en pratiquant l’immense majorité des loisirs considérés comme « écologiquement corrects ». Non, il n’est pas démontré que le totalitarisme écolo soit l’avenir de l’homme. Sus à la culpabilisation ! Et bon ride en 2010…

Décembre 2009

Nostalgie = danger !

Le dico la définit ainsi : « regret mélancolique d’une chose, d’un état, d’une existence que l’on a eu(e) ou connu(e); désir d’un retour dans le passé. » J’ai donc bien un problème avec la nostalgie, sentiment pourtant profondément humain. Car aussi légitime soit-elle en de nombreuses circonstances, elle présente à mes yeux le défaut majeur… de ne mener à rien, sinon à baisser les bras. Lorsque je suis de bonne humeur, je la comprends chez les autres, tout en m’efforçant de l’écarter, à titre personnel. Lorsque je suis de mauvais poil, ce qui est le cas aujourd’hui, j’ai envie de lui rentrer dedans.

Par exemple, j’aurais bien la nostalgie de l’époque où je tirais la bourre avec Rudy Potisek sur les sables d’Hossegor, quand organiser ce type d’épreuves n’était pas encore devenu un parcours du combattant disputé en terrain hostile et quand on ne se demandait pas s’il fallait rendre obligatoires des protections… qui n’existaient pas encore. Mais le fils de Rudy, Timotei, qui n’était même pas du monde des vivants à cette époque-là, a été enterré hier après avoir atteint le sommet de sa discipline et l’absurdité de tout cela me laisse dans l’humeur sombre qui m’habite depuis la nouvelle de sa chute de Loon et de ses conséquences forcément catastrophiques. Timotei était dix fois plus fort que son père et moi réunis alors, forcément, comme tout le monde, je ne comprends pas ou, plutôt, j’ai très grand mal à admettre. Dans une discipline qu’on ne peut pratiquer sans une profonde confiance en soi-même (à se jouer du danger, sinon on change de sport), lorsque le meilleur disparaît ou se blesse irrémédiablement (Bailey et Senna viennent à l’esprit), l’impact du traumatisme est décuplé car tout d’un coup, chacun se sent terriblement vulnérable (« si ça lui est arrivé, à LUI, pourquoi pas à moi ? »)…

Cependant, au rayon nostalgie, je me suis limité à re-déguster (plusieurs fois, bon Dieu, quel grand moment de sport!) la formidable séquence du retour de Tim et son duel au finish avec Sandman au Touquet 2008 (peu importe qu’il en soit sorti vaincu, tant il avait été Grand ce jour-là, lui aussi). C’est dans de telles images qu’il nous faudra trouver la force d’aborder la saison des courses sur plage avec l’enthousiasme habituel car elles font partie d’un patrimoine qu’il nous appartient à tous de défendre (et je doute que Timotei eut souhaité qu’il en fût autrement)…

Ce dimanche, les internautes du MX s’offusquent aussi que l’émission « Auto-Moto » n’ait pas évoqué la disparition de notre champion et cela contribue à ma mauvaise humeur, mais pas entièrement pour les mêmes raisons que les leurs. Tim a reçu l’hommage des siens, du monde de la moto et, au-delà, de ses concitoyens du Nord – dûment relayé par France 3 régional- un hommage inédit, à mon souvenir, par son ampleur et sa solennité, pour un crossman français. Pour sa mémoire, c’est bien là ce qui compte et je vois quelque chose d’abaissant au fait de quémander davantage, en son nom, auprès de ceux qui ne se sentent pas concernés d’eux-mêmes. De toute façon, notre douleur n’est pas soluble dans l’audimat dominical de TF1. Cette chaîne fait les choix éditoriaux qu’elle souhaite pour « Auto-Moto », en fonction de ses critères obligés d’audimat qui n’ont rien à voir avec mes goûts, et je leur reconnais ce droit (même si le titre de l’émission apparaît usurpé pour ce qui est de sa seconde partie). En retour, j’exerce naturellement le mien de ne plus être leur client et d’être devenu celui des media (certes infiniment moins ambitieux, mais qu’importe) dont la logique économique est de valoriser mon sport.

Evoquer avec des trémolos dans la voix l’ « Auto-Moto » de l’époque Loulou Bernardelli avec les vrais reportages MX/SX, c’est tomber dans la nostalgie la moins défendable. D’abord parce que notre âge d’or est bel et bien derrière nous, cela n’a pu échapper aux professionnels de TF1 et il n’y a aucun sens à en nier l’évidence. Et puis le paysage médiatique d’aujourd’hui n’a strictement plus rien à voir avec celui des années 80 (apparition des chaînes satellites et d’internet), il serait temps que ce milieu le réalise pleinement, d’autant qu’on n’y perd pas forcément. D’un côté, certes, il faut désormais payer pour accéder à nos programmes (puisque nous sommes ultra-minoritaires) mais, de l’autre, jamais l’amateur de cross n’en eu autant qu’aujourd’hui, d’une telle quantité et qualité, à se mettre sous la dent, le tout, souvent, en temps réel !

La nostalgie qui envahit une partie de notre milieu a ses raisons. Beaucoup ont connu l’époque où notre sport était mieux accepté, mieux financé par des sponsors « grand public » et médiatisé à un plus grand nombre de façon positive (comprenez : autrement que via des rodéos de banlieue). Il y avait davantage de terrains, moins d’accidents graves semble-t-il et le coût du MX d’avant les 4T était bien moindre pour le pratiquant. Les GP se couraient sur les meilleurs circuits, Bercy pouvait se payer toutes les stars du moment… A bien des égards, donc, oui, « c’était mieux avant ». Mais les jeunes qui n’ont pas connu cet « avant » aiment le cross tel qu’il est et la nostalgie des uns n’a pas à gâcher le plaisir des autres, sinon, c’est le naufrage pour tous.

Octobre 2009

MXDN, l’analyse

Le MXDN est retourné en Italie, 23 ans après la fameuse édition 1986 qui s’était soldée par un triomphe total et sans précédent des USA… Le premier motocross international de l’Histoire (1947) est toujours l’épreuve la plus importante et la plus excitante de l’année car la seule où les deux mondes du MX -l’Européen-GP et l’Américain AMA- se rencontrent et s’affrontent, avec un enjeu incomparable, mélange d’honneur individuel et de prestige national. A ce titre, les tendances qu’il véhicule valent la peine d’être analysées.

D’abord, le terrain de jeu. Le chemin parcouru entre l’édition de Maggiora et celle de Franciacorta est considérable, d’un superbe circuit classique, avec un grand dénivelé, à un circuit quasiment plat, créé et greffé pour l’occasion sur le site d’un autodrome. Youthstream, le promoteur des MXGP, choisit de plus en plus de ces circuits plats et artificiels, ayant une indéniable connotation SX. L’important est que le promoteur ou club local puisse rameuter les finances nécessaires à payer son ticket d’entrée au Mondial, la qualité du circuit est devenue secondaire. Du coup le résultat est en général décevant, pour les pilotes et les spectateurs sur place, un peu moins pour les téléspectateurs car le petit écran occulte les perspectives.

Trois des six derniers MXDN ont ainsi repris le shéma dit « modernisé » sur circuit auto, à Zolder (2003), Donnington Park (2008) et Franciacorta, donc (2009). Un autre a également créé un terrain pour l’occasion, Matterley Basin (GB), en 2006, mais il s’agissait d’un (très beau) circuit outdoor classique, tracé dans une campagne anglaise. Lierop (Hollande – 2004), Ernée (2005) et Budd’s Creek (USA-2007) ont représenté une tendance plus logique, celle d’un MXDN, plus grand cross du Monde, se disputant sur une piste chargée d’histoire et purement MX. L’an prochain, à Thunder Valley, aux USA, cette tendance sera à nouveau à l’honneur, même si le circuit est rendu atypique par son altitude (plus de 1600m).

Pour autant, Youthstream revendique haut et fort son entreprise de « modernisation » du MX et Franciacorta apporte une part de crédit à ce choix. L’époque des camionnettes ou petits camions est bien révolue, les teams sont tous organisés désormais sur base de semi-remorques, souvent doublée d’une « hospitality » équivalente, la plupart des pilotes disposant, par ailleurs, de gros camping-cars. Les circuits classiques ont du mal à proposer l’espace suffisant à accueillir ces structures lourdes. Un autodrome dispose d’infrastructures en dur, confort supplémentaire appréciée de tous -acteurs et spectateurs- surtout en cas de météo défavorable (le désastre de Faenza en ouverture de saison n’avait pas affecté que la piste). Côté accès et gestion des foules, un MXDN (de loin plus gros événement de la saison, les chiffres ronflants annoncés officiellement pour les GP ne trompant personne et les chiffres AMA, pudiquement occultés, ayant pris du plomb dans l’aile cette année) peut tourner à l’aventure, voire au cauchemar. Et il est un fait que les problèmes rencontrés sur ces plans à Matterley Basin et même Budd’s Creek ne se sont pas réitérés à Franciacorta.

Sur le plan sportif, on est passé de la domination US sans partage de Maggiora au résultat que l’on sait à Franciacorta : une victoire US valeureuse mais acquise dans le suspense et avec une seule victoire de manche de la part des « boys ». On a pu constater qu’au coude à coude sur un circuit plutôt typé SX (au demeurant très bien préparé), donc a priori à l’avantage des pilotes AMA, mais sur sol européen, des ténors des GP comme Cairoli, Philippaerts, Musquin ou Paulin n’avaient aucun complexe à avoir face à leurs homologues d’outre-Atlantique, généralement plus considérés (et mieux payés). Une tendance qu’il faudra néanmoins valider à Thunder Valley pour reléguer la fessée de Budd’s Creek au rayon des accidents de l’Histoire…

En réalité, le format du MXDN, à seulement trois pilotes par Nation, favorise paradoxalement la scène AMA qui sait produire, grâce à l’influence positive du championnat SX, beaucoup plus de mega-stars que l’Europe (dans les 10 dernières années, il y a eu McGrath, Carmichael, Reed, Stewart et Villopoto d’un côté pour Everts et Cairoli de l’autre). Dès lors qu’elle peut compter sur au moins l’une de celles-ci, l’Amérique est difficilement battable à l’extérieur et franchement dominatrice à la maison. Au MXDN, comme en sport collectif, jouer « à la maison» est un véritable avantage et sur sol US, c’est le reste du Monde (sauf l’Australie) qui joue à l’extérieur. A l’inverse, lorsque l’épreuve se déroule n’importe où en Europe, les GP-boys ne sont pas vraiment dépaysés, tandis que les Ricains jouent à l’extérieur.

Cette fois-ci, le fait que ces derniers se soient aligné pour la première fois depuis 1991 sans aucune méga-star explique sans doute la « difficulté » de la victoire. Dans ce contexte, et le palmarès le prouve, la France apparaît bien comme la deuxième Nation MX au monde, puisqu’elle a été à un empilage près de cette victoire, malgré l’absence de sa superstar Christophe Pourcel ! Même si les Italiens étaient encore mieux placés qu’elle au départ de la troisième manche, ils alignaient leur meilleure équipe et bénéficiaient tout de même du soutien inconditionnel du public.

Septembre 2009

FLEURONS

Deux événements majeurs du calendrier français se rapprochent : le Kenny Festival, premier week-end de septembre et le SX de Bercy, fin octobre. Epreuve de masse d’un côté, épreuve-spectacle de grand prestige international de l’autre mais, finalement, de nombreux points communs. L’un et l’autre sont au top mondial dans leur genre respectif. Ils sont aussi les symboles d’une époque fleurissante du MX (hélas aujourd’hui révolue). Enfin et surtout, partageant depuis l’origine un souci primordial de la qualité ils ont, aujourd’hui, la même volonté farouche de garder le cap -grave dépression économique ou pas- forts du soutien de ceux que le cross passionne dans ce pays !

Créé par Fabrice Valéri (Oxbow) et Jean-Luc Fouchet (JLFO), le « Oxbow MX » avait trouvé d’entrée la formule magique : le côté « rassemblement », des minots aux vétérans en passant par les freestyleurs, les pros, les liguards, les VIP et les rien du tout, le côté « amateur et relax, entre potes, mais organisé comme pour des pros, sur un top circuit signé JLF», la dose de festif avec chapiteau et soirées « torrides», l’atmosphère « culture MX » (projection de « Challenge One » ou expo Pat Boulland hier, les premiers « Moto Verte Awards » cette fois-ci), la touche expo et bonnes affaires, sans oublier l’attrait bucolique, culturel et gastronomique de la Corrèze… Lorsque Kenny a audacieusement repris le flambeau d’Oxbow il y a trois ans, la marque était en quête d’image. Elle n’a cessé depuis de s’enraciner dans le paysage du MX français et ce n’est que justice. Il y aura cette année encore près de 700 crossmen et des milliers de spectateurs sur le site, signe fort que passion et amour du MX ne sont pas solubles dans la crise !

Heureusement d’ailleurs, car Bercy comme « Kenny » sont financés majoritairement par les passionnés (acteurs dans un cas, spectateurs dans l’autre). Dans le cas du SX, la crise pousse à la baisse des budgets sponsoring, rendant l’événement encore plus dépendant de son public. Comme au Kenny, pas question pour autant de délaisser la qualité des ingrédients historiques à l’origine du succès de l’épreuve ! Les cinq ou six générations de pilotes à s’y être produits sont là pour témoigner de la « magie » de l’endroit, de la proximité unique avec la foule, de l’ambiance de chaudron… Mélange SX/FMX de top niveau, fête, show, girls, VIP’s… et, bien sûr, courses, Bercy sera toujours Bercy ! A ce titre, le pilote le plus rapide et le plus novateur -aussi l’un des plus spectaculaires et charismatiques- de l’Histoire du SX, James Stewart, viendra comme il se doit défendre son titre de King of Bercy et ce sera forcément du caviar pour les puristes. L’équipe des USA, qui vient défier une nouvelle fois la France sur son terrain, comprendra probablement aussi Davi Millsaps, l’officiel Honda, ex-vainqueur de SX et monté à quatre reprises sur un podium cette saison (seuls Bubba et Reed, qui courra en Australie le week-end de Bercy, ont fait mieux), Josh Hill, officiel Yamaha, lui aussi membre du très sélect club des vainqueur de SX en 450, Justin Brayton, toujours diabolique à Bercy et un dernier pilote à déterminer. L’équipe de France piochera cinq « titulaires » dans un vivier de talent de premier ordre incluant DV12, Coisy, Musquin, Aubin, Aranda, Frossard, Paulin, etc. et aura donc, quoi qu’il en soit au final, fière allure, d’autant qu’elle sera complétée des meilleurs du SX Tour (auquel participent plusieurs pilotes de GP).

Une formule de course et une piste inédites (trois aller-retour dans l’enceinte) permettront à ces jeunes gens d’exprimer toutes les facettes de leur talent. Comme d’habitude, le Freestyle décoiffera avec notamment Mat Rebeaud et les Pagès bros. Les Juniors sont de retour et les Cadets arrivent pour la première fois en championnat officiel avec, à chaque fois, la présence d’un Américain pour pimenter les débats (belle initiative de Fox/RMF et Bud Racing). Un programme varié donc, et de top qualité, qui représente, c’est vrai, un effort non négligeable pour le spectateur : c’est le choix de la qualité et de l’inédit, taillé pour un public passionné, choix qui justement nous a permis de développer, en France, un patrimoine MX que toute l’Europe nous envie, grâce à vous… Alors, rendez-vous au coeur du chaudron !

Août 2009

Place au sport ?

« Lorsqu’on balançe la m… sur le ventilateur, ça éclabousse », dit à peu près le (grossier mais ô combien imagé) proverbe Ricain. Bienvenue dans « l’affaire Musquin-NGS-Losito-Honda-Kervella-KTM » ! Le plus grand scandale de l’histoire du cross français a abouti à la situation (inédite sur le Mondial) qu’un leader (français) de championnat soit obligé d’assister en spectateur, à cause d’un différent judiciaire avec son team (français), à un GP (poignantes et révoltantes à la fois, ces images de Marvin Musquin montant, en civil, sur le podium, pour recevoir la plaque rouge qu’il n’a pu défendre…). Les qualités remarquables et des défauts patents de chacun se sont successivement conjugués pour monter au top avant de toucher le fond. Je ne peux donner entièrement raison ni aux uns, ni aux autres, tout en déplorant que personne n’ait jamais élevé le débat !

Bébé Marvin gazouillait dans mes pits lorsque je courais des endurances avec son père. La famille, dédiée et dévouée au MX sur deux générations, suscite un respect mérité. Les Musquin sont tout sauf des mercenaires assoiffés d’argent, ils ont simplement, comme d’autres, sacrifié (et investi) énormément de leurs moyens pour donner la meilleure chance à la carrière de leurs fils et sont juste épuisés de le faire. Ils ont aussi conscience de la difficulté et de la dangerosité qu’il y a de rouler avec les plus hautes ambitions et font (radicalement au besoin) passer au premier plan, dans leurs décisions, l’intérêt de la carrière des fils. Avec NGS, dès 2008, la relation était tendue sur le plan financier. Losito est reparti sur le tard pour 2009, faisant finalement valoir la deuxième année de contrat de Marvin, après qu’un projet de fusion avec le team Paolo Martin et un contrat direct Honda-Europe aient avorté.

L’arrivée de Kervella à titre de coach privé (non rémunéré) et l’éclosion de Marvin au meilleur niveau ont explosé la donne. Le « salaire » de Marvin ne couvre même pas les 10.000€ d’engagement Youthstream que son team n’a pu lui offrir et il faut défrayer Yannig. La Honda a la plaque rouge mais cela ne remplit nullement son assiette. Losito ne parvient pas à capitaliser sur ses résultats pour (r)assurer quant à la deuxième partie de saison. Bernard Rigoni, soutien majeur de Losito chez Honda France, fait partie d’une « charette » de licenciement… Honda Europe a zéro budget. Bref, Marvin galère et trouve cela injuste, Bruno (qui galère aussi) est impuissant face à cette requête (mais continue d’assurer techniquement). A l’inverse, il ne peut reprocher à Musquin un manque de résultats… Situation explosive !

Kervella est un personnage controversé mais il a 30 ans dans le truc et de grosses références mondiales (Bolley, Tortelli, Vialle, etc). Pour lui, c’est simple, puisqu’il n’y a pas (vraiment) d’argent en jeu et que des clauses du contrat ne sont pas honorées, il faut quitter le navire NGS avant qu’il ne coule… Kervella joue les agents (historiquement pas son meilleur rôle) et embarque KTM dans un improbable deal « contrat 2010 / soutient technique 2009 complet en cas de rupture avec NGS ». Sur le plan sportif, c’est le jackpot. Marvin cartonne sur la Katé et s’envole au championnat. Sur le plan juridique, c’est un désastre.

Comme pilote et comme entraîneur-coach, Bruno Losito a évolué un cran en-dessous de Kervella, qui le méprise et qu’il n’estime pas. Et voilà que le jour où son pilote parvient au plus haut niveau, après dix ans de présence du team en mondial dans le « ventre du plateau », non seulement Kervella est le seul remercié nommément sur le podium mais, après deux mois de rumeurs, une tentative infructueuse de médiation et, pour finir, une lettre de dénonciation de contrat sans valeur juridique, il le lui arrache. Bruno, déjà tendu par les difficultés financières de son team, qu’il reconnaît volontiers – sa propension naturelle à se faire plaindre est notoire dans le paddock- et par les enjeux de la saison « miraculeuse » de Marvin, auxquels il s’agissait de faire face, dans un contexte dévasté, ne peut prendre que très mal la chose. Losito est un soldat du MX. A juste titre, il est fier d’avoir assuré, l’air de rien, parfois dans le désert et toujours sans vrais moyens, en semi-professionnel seulement, une présence de team français en GP. L’association « Nouvelle Génération Sport » a pour but d’amener de jeunes pilotes français vers le haut niveau, mission accomplie. Se faire marcher dessus et mépriser de telle sorte par un Kervella ayant mis « sous influence » son pilote, Bruno ne pouvait l’accepter et il a été jusqu’au bout de sa démarche, obtenant un référé favorable, prévoyant de monstrueuses astreintes pour que Musquin cesse de rouler KTM, avec pour conséquence le gâchis d’Uddevala et l’incertitude de la suite, dont la FFM vient de publiquement s’alarmer, proposant sa médiation…

Lorsque j’écris ces lignes, à quelques jours de l’appel interjeté « sur le fond » du référé initial ayant donné tort aux Musquin, les deux parties en sont enfin à transiger entre avocats. Musquin n’a pas d’argent et c’est KTM qui négocie, un KTM lui aussi en difficulté économique et qui a pris Uddevala comme un outrage.

C’est donc devenu, au final, une histoire de gros sous.

Marvin a toujours la plaque rouge.

Prochain GP début août.

Place au sport, Messieurs ?

Juillet 2010

Idée fausse

La saison de SX US 2009 a été plutôt moins violente que les précédentes. La plupart des têtes d’affiche l’ont traversée sans blessure majeure (exceptions : Ferry, Summey, Canard, Metcalfe, Davalos et l’inévitable duo Byrne-Hepler) et on peut dire que les championnats n’ont pas été faussés, au contraire de tant d’autres avant eux ! Et puis, au début de l’outdoor, l’hécatombe a frappé le haut du paquet en 450. Successivement, les deux premiers leaders du provisoire, Villopoto et Alessi, ont été contraints de passer un genou sous le bistouri… Du coup le championnat, traumatisé au départ par la non-participation du champion en titre -invaincu en 2008 et ci-devant nouveau champion SX- James Stewart, se retrouve ironiquement dans les mains de Chad Reed, dont la participation de dernière minute avait constitué la « divine surprise » pour MX Sports, le « nouveau » promoteur (en réalité une émanation du clan Coombs-RacerX et du NPG, en version plus pro).

Les deux stars du SX 2009, détenteurs de contrats « Supercross-only », avaient clamé leur volonté de s’aligner en outdoor mais au final, un seul a donc pu le faire -in extremis. Ils n’ont pu expliquer les raisons de leurs atermoiements apparents (lesquels ont irrité nombre de fans) qu’à demi-mots. La vérité est que dans un contexte de marché dévasté (-40%), ni Yamaha, ni Suzuki n’étaient tout simplement en mesure d’aligner un minimum de salaire et les gros bonus de rigueur pour leurs stars, un événement absolument historique, annonciateur d’un 2010 douloureux pour le cross US ! Il est vrai que lorsqu’on est en train de plancher sur une hypothèse d’abandon du team officiel pour l’année suivante (rumeurs pour tout le monde sauf Kawa, KTM étant déjà quasiment out), rallonger la sauce en cours de saison, pour un championnat non prévu au programme d’une star, relève de la gageure… Quant à la star elle-même, en regard des efforts requis et des risques inhérents, elle ne pouvait tout simplement pas, quoiqu’en pensent les moralistes romantiques de service sur les forums internet, rouler « pour la gloire » ! Au final donc, le team San Manuel a endossé la décision pour Stewart, tandis que côté Suzuki, Reed a fini par accepter les conditions (maigrelettes à ce qu’on dit) réunies par ses sponsors perso et ceux du team réunis…

Pendant ce temps, telle un virus grippal vicieux, l’hécatombe a traversé l’Atlantique pour s’abattre sur le MXGP Circus. Comme aux US, elle s’est focalisée sur le MX1 en dégageant Pourcel (en deux temps), Ramon, Strijbos, De Reuver et Barragan et a menacé un temps Nagl, McKenzie, DeDycker, Philippaerts et Cairoli, chamboulant le déroulement du championnat. En MX2 elle n’a pas chômé non plus puisqu’à des degrés divers Boissière, Simpson, Osborne, Schiffer, Teillet et Leuret y sont passés, ce qui a pu aussi avoir une incidence sur la course au titre (idem aux US avec Canard et Stroupe).

Alors, le SX « plus dangereux » que le MX, idée fausse ? En tout cas, plus l’année 2009 avance et moins cette croyance essentiellement européenne se vérifie. En vérité, ce qui est (inéluctablement) dangereux, c’est de flirter, gros jumps, coups de gâchette et scrubs à l’appui, avec la limite de 4T modernes toujours plus redoutablement efficaces, comme le font les top-pilotes, des deux côtés du « Pond »! Tout a plus, on peut se demander si les 450 -poids , puissance et vitesse « aidant »- ne sont pas effectivement encore plus dévastatrices que les 250 lorsque les choses tournent mal… Sinon, les obstacles SX sont plus méchants (et encore, cf. LaRocco’s et autres Aranda’s leaps !) mais ils sont aussi largement standardisés et s’attaquent globalement à moindre vitesse. L’un dans l’autre, le terrain n’a sans doute finalement pas grande importance, tant qu’on en maîtrise la spécificité, comme sont supposés le faire les-dits top pilotes. Le reste n’est que fatalité, vagues de malchance ou, au contraire, moments d’accalmie (relatifs et temporaires) de l’Histoire !

De tout cela, le paysage crossiste mondial ressort sensiblement rééquilibré. De visu, ça roule clairement moins vite qu’avant côté 450 US. Et une projection, en instantané, aux Nations de septembre, laisserait présager d’une édition plus ouverte que jamais dans l’ère moderne ! Imaginez du Reed-Byrne-Metcalfe/Moss pour l’Australie, du KDD/Desalle/Van Hoorebeck (etc.) pour la Belgique, du Chris Pourcel-Musquin-Aubin/Paulin/Boissière/Aranda (etc.) pour la France, du Nagl-Roczen-Schiffer pour l’Allemagne, du McKenzie-Searle- Sword/Church pour les Brit’s, du Rattray-Swanepool-Terreblanche pour les Sudafs, voire du Townley-Coppins-Damien King pour la Nouvelle-Zélande, ça aurait de quoi brouiller les pronostics ! Toutefois, les seuls favoris face aux redoutables Ritals Cairoli-Philippaerts-Guarnieri (qui évolueront à domicile mais sur un circuit inconnu de tous) seraient les Américains… à condition d’aligner le « déserteur » Bubba (et Dungey) !

Juin 2009

Réflexions primaires

Au hasard d’un zapping télé, l’autre jour, je prends un reportage en cours… Concentré, au volant de sa voiture banalisée, le flic en civil explique que les passagers de la camionnette blanche, que lui et ses collègues « filochent » à tour de rôle, pour ne pas éveiller leur attention, sont prêts à passer à l’action. Soudain, il attrape sa radio : « j’ crois qu’on est repérés, on arrête tout, on rentre ». Au débriefing, les policiers mobilisés sur l’opération (une dizaine au bas mot) ne cachent pas leur frustration mais le chef relativise : « de toute façon, on a leurs portables sur écoutes, on les lâche pas ». De fait, le lendemain, c’est le « flag’ » (flagrant délit). Les flics sont nerveux : flingues, gilets pare-balle, le grand jeu. Au « top » du chef, une escouade fond de tous côtés sur la camionnette et les malfrats qui s’échappent comme une volée de moineaux sont tous pris et menottés à terre, en pleine rue. Du beau boulot. Les agents se tapent dans les mains. Au fond de la camionnette, la caméra révèle le butin : une douzaine de tronçons de gros câbles en cuivre. « Ils passaient par les égouts pour les découper, c’est un trafic juteux vu la hausse du prix des métaux, là, il y en a au bas mot pour 6000 euros »… Le lendemain, le chef du gang, absent de la camionnette, est interpellé à l’aube par une unité blindée comme un tank, dans un appartement de cité de banlieue… Fin du reportage. J’hallucine.

A peine remis de cette implacable démonstration d’efficacité de force publique -mobilisée pour un butin de la valeur d’une moto de cross d’occase récente, comme il s’en vole quelques dizaines chaque mois sur le territoire national sans que, fort malheureusement, les forces de l’ordre ne mettent en branle le quart du dixième des moyens et surtout de la motivation déployés dans le reportage, quand bien même ces motos ne sont souvent pas assurées et, par conséquent, ce vol représente un préjudice majeur pour le citoyen-crossman éploré, qui ne rencontre souvent, hélas et de surcroît, que peu de compassion au comptoir du commissariat- voilà que, surfant sur l’internet, je tombe sur une dépêche du « Parisien », surréaliste elle aussi. Citation : « La chasse est ouverte. Mais le gibier est d’un genre un peu spécial. Hier matin, près de 30 gendarmes de la compagnie d’Etampes, associés à des agents de l’Office national de la chasse et de la faune sauvage, ont quadrillé une petite partie du parc régional du Gâtinais. Leur objectif : intercepter les quads ou motocross, roulant illégalement dans cette zone protégée, en partie classée Natura 2000. Hélicoptère, cavaliers et motards avaient été mobilisés pour lutter contre la dégradation de ces milieux (…). Ce sont les associations qui ont alerté la préfecture sur les dangers représentés par les motocross et les quads (…). Six motards ont été verbalisés. » Ouch !

Il n’est guère dans mes habitudes de pratiquer l’anathème, de me complaire dans le raccourci intellectuel frauduleux ou parano, d’user de l’argument populiste ou corporatiste, aussi faciles, à la mode et payants soient-ils, bref, je me refuse par principe à flatter ce que nous avons tous, au moins pour une petite part, tapie au fond de nous, de pensée fondamentalement primaire, celle qui court-circuite le cerveau en émanant tout simplement, et directement, de nos tripes… Mais là, parmi les réflexions qui ont explosé en moi, avec la sensation impérieuse qu’il fallait que je vous les livre sur papier dès ma prochaine chronique, quitte à zapper tous les Bubba, CeePee, Tonio, Marvin ou Toto de l’actualité, je n’ai pas pu éviter celles-ci : « de qui se moque-t’on? »; « décidément, on pue vraiment de la gueule !»; sans oublier l’inévitable « tous pourris! »…

Il faut dire que, dans mon esprit, ces deux pièces de journalisme, sans relation pourtant l’une avec l’autre, ont conjugué sournoisement les deux sujets explosifs du MX français, à savoir le vol (et ses corollaires : les traumatismes qu’il représente -émotionnel et financier- l’impuissance ou la non-volonté des forces de l’ordre à le juguler, même si, on ne peut le nier, les coupables sont bien souvent identifiables selon des critères géographiques et/ou communautaires) et la façon dont, inexorablement, caricaturalement, tragiquement, nous sommes perçus de plus en plus -et avant tout- comme des gros cochons de pollueurs par le « grand public ». Il y a tant d’injustice et de contre-vérité entremêlées dans ces deux sujets que leur cocktail me fait péter les plombs et oublier tout sens de la nuance. Puisque dans ce pays on est capable de mobiliser tant de moyens pour la « chasse au motocross » ou aux voleurs de cuivre, est-ce trop demander que l’on prenne en vraie considération le préjudice des vols de motos de cross et qu’on en recherche les auteurs avec de vrais moyens et sans « zone interdite » ? Est-ce trop demander aux pouvoirs publics de s’occuper des vrais problèmes environnementaux (les décharges sauvages qui s’y multiplient, par exemple) plutôt que d’ériger les motos en principales destructrices de nos belles forêts ? Et trop demander à nos confrères de la « grande presse » de ne pas avaler aussi béatement ces doses de propagande écolo primaire ? Si ces voeux devaient être exaucés, je retrouverais la mesure. J’ai peur que ce ne soit pas demain la veille.

Mai 2009

Frenchies

Dans le passé, le cross français a connu des week-end glorieux, au plus haut niveau et à titre collectif : on pense à ces podiums 100% tricolores en GP, 125 ou 250, que la « génération dorée » Bolley-Demaria-Tortelli-Vuillemin-Pichon-Maschio-Vialle nous a offerts à sa grande époque, ou encore, côté US, aux fameux doublés 125/250 signés Roncada et Tortell’ à Red Bud en outdoor, le même Ronron et DV rééditant la perf’ en SX, à la Nouvelle-Orléans ! Bon, tout ça, il faut bien le dire, remonte quand même à plus ou moins une décennie…

Alors, malgré tout le respect dû aux intéressés, on ne retiendra pas du premier week-end d’avril 2009 que, dans les catégories-reines, James Stewart s’est imposé au SX de Jacksonville et Josh Coppins en MX1 à Sevlevio, en Bulgarie. Ce qu’on préférera retenir c’est que, parallèlement, l’espace d’un week-end qu’on n’espère et n’imagine pas sans suite, Christophe Pourcel s’est imposé en SX Lites, Livia Lancelot en GP Women et Marvin Musquin en MX2, devant ses trois compatriotes -et c’est là bel et bien une première- Gauthier Paulin (ce dernier par ailleurs leader du championnat), Xavier Boog et Nicolas Aubin, non sans qu’un cinquième larron, Steven Frossard, se soit imposé dans la seconde manche !

Assistons-nous donc (enfin) au véritable renouveau en profondeur du cross français ? Individuellement, les cas Pourcel et Lancelot ne l’indiquent pas. « Cri » et Livia sont des specimen uniques dans leur catégorie respective, aucun(e) autre Français(e) n’est engagé(e) dans leur sillage. Ce que le benjamin des Pourcel vient de réaliser, avec son titre SX Est (héritier de ceux de Pichon en 95 et 96 ainsi que de celui de Roncada en 2000) et ses cinq victoires, dont celle de Jacksonville n’est pas la moindre puisqu’elle enfonce le clou, une semaine après que le titre lui-même fut acquis, je n’ai pas l’impression que la communauté crossiste hexagonale en ait mesuré l’énormité. Je le revois, sur la piste de Bercy, un an après sa révélation SX (plus jeune King jamais sacré), posant ses béquilles (l’orgueil du champion) pour se rapprocher du micro de Magnanou d’un pas hésitant. C’était la séquence « anciens champions » de la présentation et c’est bien cela qu’on avait devant nous : un « ancien » champion, fauché trop tôt par une blessure terrible, d’autant plus cruelle que -on ne se le rappelle pas assez- la chute de Cri en Irlande n’avait rien à voir avec une faute de pilotage mais tout à voir avec une lacune coupable de l’organisation (mauvais positionnement des commissaires)… Autour de moi, les autres « anciens » faisaient des efforts pour garder une mine neutre mais nous étions tous affligés de l’ampleur du désastre. Peu importe les paroles que Christophe ait pu proférer au micro, aucun de nous ne les écoutait, ni ne croyait une seule seconde que ce garçon meurtri au fin fond de son squelette pourrait refaire du cross – a fortiori remporter un championnat SX US à sa première tentative !! J’ai beau chercher dans ma mémoire, je ne trouve pas trace dans l’histoire une pareille résurrection de l’enfer, ni Jacky Vimond, ni Doug Henry, pourtant deux illustres gladiateurs du cross…

Mars 2009

RIP, Jeremy Lusk (*)

La nouvelle du mois est brutale : Jeremy Lusk s’est tué lors d’un contest à Porto Rico. Je me suis convaincu de regarder les images mais ne le recommande à personne. En gros, il y avait du vent, Lusk n’était visiblement pas à l’aise lors de son run et, suite à une rotation trop lente, sa roue avant s’est « plantée » à la réception, le propulsant vers le sol, tête la première. Si le choc épouvantable n’avait clairement suffi à provoquer des dommages irréparables, le « maniement » de l’infortuné rider par les « secours » locaux aurait pu s’en charger… Bref, vision d’horreur. La communauté FMX est d’autant plus touchée que Jeremy appartenait à la crème de la crème. Lorsqu’un garçon aussi sûr et maître de sa technique mord ainsi la poussière, le coup est d’autant rude pour ses congénères, sur lesquels une chape de doute insondable s’abat immanquablement (lorsque le « Professeur » Bailey s’était blessé, je me souviens que la communauté des crossmen en avait été traumatisée, bien plus que lorsque « Magoo » Chandler s’était lui aussi brisé le cou, un an auparavant)…

De ce fait, je ne ferai clairement pas partie de ceux qui, suivant le schéma de pensée en cours dans la France d’aujourd’hui (qui prétend nous protéger de tout danger), partant de ce drame et croyant sans doute bien faire -à moins qu’ils ne profitent de l’occasion pour critiquer une discipline qu’ils n’ont jamais comprise ni admise, une attitude tout simplement méprisable- vont réclamer, ou réclament déjà, à grand cris, plus de ceci, ou moins de cela ! La vérité première, c’est qu’on ne fera pas le bonheur des Freestyleurs contre leur gré, en tout cas pas sans tuer la discipline. Et, en corollaire, quiconque n’ayant jamais envoyé du trick velu sur une rampe à 23m (et cela ne fait pas grand monde, ni dans les rédactions, ni à la fédé, ni chez les promoteurs, ni chez les forumers internet) n’est guère compétent pour la ramener en matière de réglementation FMX !

Comment puis-je affirmer cela ? D’expérience, tout simplement. Pour le Big Air inaugural à Bercy, vu qu’il s’agissait du premier événement du genre en Europe, j’ai dû à l’époque écrire un projet de règlement pour la FFM. Un « embryon » serait un mot plus juste vu qu’il n’était pas dans mes intentions (par intuition plus que par clairvoyance, on va le voir) d’imposer un canevas étroit à des garçons de la trempe de Metzger, Hart, Jones ou autre Torronteras, au contraire !.. Je me souviens m’être dit, bien hypocritement car personne n’imaginait possible de se mettre un jour « la tête à l’envers » à moto : « il faut trouver quelque chose à interdire » et c’est ainsi que la France fut le premier (et le seul) pays à proscrire le backflip (temporairement, car lorsque le trick est devenu faisable et maîtrisé par suffisamment de riders, nous sommes rentrés dans le rang en catimini) !

Autre exemple : la commission motocross FFM avait tenu à joindre au règlement un croquis détaillant des bosses « type » pour les sauts Freestyle. De mémoire, il était préconisé de faire des pentes de réception « douces », histoire de laisser une bonne marge d’erreur aux riders, vu la taille des sauts… Or, rien de tel qu’une réception « longue » pour s’arracher les poignets ! Heureusement, Micky Dymond, en consultant éclairé du Big Air, avait étouffé dans l’oeuf ce concept ignorant lors de la construction de la piste mais, autant que je me souvienne, le croquis originel a dû rester la norme « officielle » pendant quelques années… Et cela ne fait pas si longtemps, d’ailleurs, que chacun a bien compris le fait qu’une réception haute -et non pas longue- soit effectivement la meilleure garante de réceptions en douceur (pour le SX comme pour le FMX d’ailleurs) ! Entretemps, la longueur des sauts -standardisée- la sûreté des riders -considérablement améliorée grâce aux bacs à mousse d’entraînement- et la complexité croissante des tricks en ayant découlé avaient de toute façon changé la donne…

Le Big Air n’a pas survécu mais le FMX est devenu un des piliers des soirées de SX organisées à Bercy. J’en ai profité pour remplacer le concept du contest, forcément individualiste et aléatoire (juges), par des sessions libres où les notions de plaisir, de complémentarité et d’émulation festive entre riders prévalent, ce qui, en fin de compte, profite au public, me semble-t-il (surtout que le reste du programme est 100% compétition). Que les contests soient ou non ma tasse de thé, je comprends qu’ils existent et conçois qu’ils puissent aider à hiérarchiser la discipline car il faut être un rider hyper-complet pour maîtriser un FMX-park façon X-Games ou X-Fighters : Jeremy Lusk étaient de ceux-là et force est de constater que c’est en contest qu’il s’est tué… Faut-il pour autant remettre le concept du contest en question, rendre obligatoires certaines protections, etc ? Tout cela me paraît être à côté de la plaque. En Freestyle, « c’est écrit dessus », la notion de liberté est primordiale et, contrairement à la situation en course, le pilote prend un risque individuel, qu’il assume forcément. Je suis certain que Jeremy détesterait savoir que l’on se serve de sa tragédie pour lancer de tels débats. (*) Laissons-le reposer en paix.

Février 2009

SX US , un suspense inattendu !

Le meilleur documentaire sportif de tous les temps (« When we were Kings ») retrace l’hallucinante aventure du match de boxe ayant opposé Mohamed Ali et George Foreman au cœur de l’étouffante jungle zaïroise, douze ans plus tôt. Foreman, alors le plus redoutable puncher jamais vu en catégorie poids lourds, était censé détruire Ali, lui-même formidable champion mais considéré « sur le retour ». Or, Ali avait un plan, un plan de génie, optimisant chaque parcelle de sa propre force, tout en exploitant chaque (esquisse de) faiblesse qu’il avait (seul) décelée chez Foreman… Au bout du compte, déboussolé, asphyxié, estomaqué, c’est Foreman qui a mordu la poussière, KO au huitième round ! Bien plus qu’un simple film de boxe, il s’agit un formidable outil d’inspiration et de motivation pour tout sportif confronté à un défi supposé insurmontable (je me souviens notamment l’avoir offert à Sébastien Tortelli lorsqu’il partit à l’assaut de la « forteresse » Ricky Carmichael)…

En MX comme dans les autres sports, il ne suffit certes pas d’être favori pour s’imposer, « c’est même pour cela qu’on organise des courses », comme disent les Américains. Des plans ayant permis de retourner des situations défavorables, on en a donc vu, des tordus comme celui ourdi par les Russes pour priver le Tchèque Falta du titre mondial 250 en 74 (voire celui, connu sous le nom « d’opération fer à cheval », ayant permis à JMB de renverser Dave Strijbos en GP125 1988) et des brillants, comme celui ayant permis à Tortelli de terrasser Stefan Everts in extremis en GP250 1998 (« opération Sirtaki »)… Plus récemment, le plan visant, non pas à remporter un dernier titre (MX US 2008) mais à permettre à Ricky Carmichael de terminer sa carrière en beauté, fut aussi un chef d’œuvre. RC craignait depuis longtemps la vitesse de pointe supersonique de Bubba mais il avait su optimiser son propre jeu, les choix techniques de Kawa (passé très tard au 450 4T) et les erreurs de jeunesse de James (chutes et blessures) faisant le reste pour lui permettre, au final, de garder la main. A l’orée de 2008 cependant, Ricky avait compris qu’intrinsèquement, James lui était désormais supérieur en vitesse de pointe (le « punch » du crossman), crainte qui s’est d’ailleurs matérialisée durant toute la saison SX. Il a alors dégainé son arme ultime : la « demi » saison « d’adieux » en outdoor. Choisissant évidemment ses circuits favoris, il a arraché (avec une certaine réussite) l’ouverture à Stewart et, dès lors, jeté toutes les forces de sa légendaire combativité dans des rounds suivants, également remportés, de haute lutte. Puis, leader du provisoire ( !), comme prévu, il s’est octroyé un break, son absence « omniprésente » ne laissant, en vulgaire pitance, qu’un championnat orphelin, sans péril, donc sans gloire, à un Bubba déprimé (lequel a d’ailleurs fini par se blesser)… Pas de doute : sur le coup, RC l’a bel et bien joué « Ali », son génie lui a permis de neutraliser l’arme principale de James et d’instiller à son rival deux ingrédients mortels pour le mental d’un champion : le doute et la frustration…

Les observateurs n’avaient alors pas manqué de relever la fragilité mentale de Stewart mais le prodige black, une fois remis de sa blessure à la mi-2008, avait la voie libre : Carmichael, son cauchemar personnalisé, était bien cette fois retraité ! La suite, on la connaît : saison parfaite en outdoor, démonstrations éclatantes de l’US Open et de Bercy… Bubba guéri, Bubba conquérant, Bubba irrésistible ! Comment ne pas imaginer que, sauf blessure évidemment, il allait écraser le championnat SX 2009 ?? Ses deux seuls adversaires désignés étaient Ryan Villopoto et Chad Reed. Le fait est qu’après trois courses, « Villo », découvrant la 450, n’a pas encore vu le podium…

Reste donc Reed. Champion en titre certes, mais sans avoir clairement vaincu James (blessé après deux rounds), avant la saison, l’Australien ne bénéficiait clairement pas d’un respect à la hauteur de son palmarès luxueux. De surcroît, il avait été obligé de se reconstruire dans la douleur (rumeurs de retraite, contrat sous-évalué) chez Suzuki, après avoir perdu son guidon au profit de… Stewart. Mais tout cela est déjà de l’histoire ancienne. Prêt physiquement et mentalement, parfaitement en phase avec sa RMZ –plus que James avec son YZ- Reed semble bien avoir comblé, à la surprise générale, son supposé déficit de vitesse par rapport au champion annoncé ! Après l’avoir confié à son ancien mécano -Mike Gosselaar- Roger DeCoster est parvenu à impliquer RC lui-même (en dépit de leur ancienne rivalité) dans le programme de Chad, un plan diabolique car reconstituant une bonne partie du cauchemar de Bubba ! Stewart n’en a pas moins remporté deux courses mais, suite à l’accrochage d’Anaheim 1 entre les deux rivaux (et l’abandon du n°7 qui en a résulté), Reed se retrouve en tête du championnat avec une avance significative (douze points) et il a signé une admirable remontée à Anaheim 2, mettant de nombreux fans dans sa poche au passage. Inenvisageable a priori, un scénario « Stewart-Foreman » / « Reed-Ali » flotte désormais dans l’air et, de potentiellement soporifique, la saison SX 2009 a basculé d’entrée dans l’hyper-excitant ! Trop bon…

Janvier 2009

Face à la crise, la passion !

Alors que le mot « crise » est à la une de tous les media et qu’il rode donc, au minimum, dans les tréfonds de l’inconscient de chacun, à quel point notre sport favori est-il touché ? L’analyse des divers signes, qu’ils soient tangibles ou flottent simplement dans l’air du temps, est assez contradictoire pour qu’on évite de sombrer dans le catastrophisme ou, à l’inverse, que l’on se berce de l’illusion que la crise se soit arrêtée aux frontières du MX, à la manière du nuage toxique de Tchernobyl – lequel, on le sait, avait eu le bon goût de s’arrêter aux frontières de la France, histoire de nous laisser profiter à « plein » de magnifiques Nations à Villars/s/Ecot, un beau week-end d’automne 1988…

Au chapitre le plus négatif, il y a évidemment le fait qu’en période de crise économique aussi lourde, tout devient possible, y compris le plus brutal, comme par exemple des usines automobiles (ou autres) qui s’arrêtent, ou Honda qui raye d’un trait son programme F1 ! Un Français sur dix travaillant de près ou de loin, paraît-il, pour l’industrie auto et Honda tenant la place que l’on sait au sein du MX mondial, ce genre de news ne présage effectivement rien de bon… Pour les top décideurs confrontés à une telle conjoncture, il n’y a plus de traditions, plus de souci d’image, plus de « tabous » qui tiennent. Chez Suzuki par exemple, après avoir mis trois mois à se décider à embaucher le champion SX US en titre (pour un salaire dix fois moins élevé que celui qu’il percevait l’année précédente), on vient de stopper tout soutien financier (les fameux « contingencies ») aux clients américains courant en jaune et d’abandonner les teams amateurs US et pro canadiens. En apparence, le team GP n’est pas touché et, en France, on se contentera de ne pas rentrer de 450 RZ 2009, ce qui, bien que peu banal, n’est tout de même pas catastrophique. Honda a eu beau sacrifier la F1, les teams GP continuent et Honda US accueillera même une femme (Ashley Fiolek) pour la première fois sous le auvent officiel. Au rayon des paradoxes, quand un Pascal Leuret ou un Kounsith Vongsana trouvent (tant mieux !) leur salut de l’autre côté des Alpes malgré une saison 2008 catastrophique, un Mika Pichon doit abandonner son projet de retour en rouge pour du MX3, faute de partenaires, alors même que le titre était un objectif archi-réalisable et le budget minime (côté US, le team Moto XXX se retire pour les mêmes raisons)… Même si –pour l’instant- la décision du promoteur des championnats mondiaux de taxer les teams n’a pas semblé en envoyer aux oubliettes, les Français tirant même leur épingle du jeu en la circonstance (de CLS à MD Racing en passant par Bud, NGS et bien sûr un KRT désormais « tricolore »), on sait KTM sur la défensive (d’où le départ d’un champion en titre, Tyla Rattray, pour les USA) et, côté organisateurs, le GP d’Afsud a jeté l’éponge…

La saison 2009 a beau se présenter comme celle de tous les dangers sur le plan économique, heureusement, sur le plan purement sportif, il n’en est rien ! Le MX1 s’annonce comme une cuvée historique, avec un bonne douzaine de vainqueurs de manche potentiels. Le MX2 sera moins huppé mais il s’annonce lui aussi très ouvert. Et le tout sera retransmis en direct sur Motors TV, lequel proposera aussi le championnat féminin (go Livia !), les SX et outdoor US en différé et même des résumés MX3/Europe ainsi qu’ Elite France nouvelle formule, d’ailleurs tout à fait prometteuse (Open, avec la plupart des tops Français MX1&2, 8 épreuves courues sur des circuits hexagonaux « historiques »)… Cette fois, aucun doute, l’abonnement TV spécifique se justifiera (les MXGP seront par ailleurs gratuits sur internet – mais avec commentaires en Anglais) ! Dans quelques jours, le SX US repartira avec de vraies questions en 450 (Skippy et Villo pourront-ils accrocher Bubba ?) et une incomparable richesse de talent en « Lites ». Pour nous Français, le rendez-vous mythique d’Anaheim 1 se pimentera de par la présence du mystérieux « Cri » Pourcel, au sein d’un top team et susceptible d’évoluer au plus haut niveau, du récent King of Genève Benjamin Coisy, du nouveau champion SX Tour Cyrille Coulon et enfin de Cédric Soubeyras et Mika Musquin…

J’avais aussi noté (en glop) des SX français ayant plus que résisté en terme de public (à défaut de sponsoring) ainsi que certaines prises de conscience salutaires en terme de sécurité (dorsales obligatoires) et, évidemment, de bruit (mais aussi : pas de 150 4T, Junior maintenu en 125 2T, etc). Côté mondial, des projets de « réhabilitation » des 2Temps (présents aux seuls catalogues de Yamaha et KTM à ce jour) existent, prions pour qu’ils aboutissent. En pas glop : moins d’engagés semble-t-il sur les courses de plage, le prix des licences… et Seb Pourcel qui s’amoche en Guadeloupe. En conclusion, bien sûr, on a connu des temps meilleurs mais face à cette fichue crise, gardons notre passion intacte pour 2009 !

Décembre 2008

Bubba « inside »

Je l’avais rencontré, mais comme 99,9% du milieu du cross, je ne pouvais prétendre connaître James Stewart, pourtant dûment engagé pour cette 26ème édition de Bercy. De surcroît, bien que chaque champion SX US depuis 1984 soit passé par Paris, le phénomène, l’exclusivité et le coût de l’opération ne se comparaient à rien de ce qui avait précédé… La problématique de la star, on la connaît : dans l’impossibilité matérielle de satisfaire le désir que les gens ont de partager ou s’approprier un bout de sa vie, elle est contrainte de se cacher, voire se replier sur elle-même (ou sur un clan d’intimes dévoués à son service) pour préserver un minimum d’intimité vitale. Au-delà de cette pression inévitable, l’éducation de départ, le degré éventuel de parano ou d’égocentrisme et le sens des réalités que la vedette a su (ou non) conserver, en dépit de sa vie forcément étrange, déterminent le degré de difficulté de sa gestion. Or, Stewart est bien « la » star de notre sport et si le MX n’est ni le cinéma, ni la musique, ni même un sport « grand public », ses gains sont suffisamment importants pour que son organisation soit, grosso modo, conforme à la description ci-dessus (à ceci près qu’il n’a pas d’agent !) : il se déplace sur les courses -souvent en avion privé- avec au minimum sa famille, son entraîneur, un garde du corps et une paire de « manfriend » (le « manfriend », payé par un sponsor ou par la star elle-même, la décharge des tâches qu’elle préfère déléguer et surtout lui tient compagnie). Une fois sur place, lorsqu’il n’est pas en piste, il reste essentiellement cantonné dans son motor-home. Par ailleurs, aux Nations, l’encadrement du Team US frappe chaque année par une certaine démesure et une surprotection des pilotes…

Au moment où le « clan » Bubba, réduit à papa-girlfriend-entraîneur-manfriend, passe la douane à Roissy, j’en suis donc encore à me demander : qui est-il vraiment ? Une rockstar capricieuse qui va vouloir prendre des bains à l’Evian ou autre exigence aussi incongrue qu’impossible à satisfaire ? Ou plutôt le mec visiblement « normal » découvert dans la fameuse vidéo MySpace, délirant, mi-karaoké, mi-« Air Guitar », torse poil et perruque Afro, avec son « manfriend » Rado, sur un vieux morceau funky, le tout filmé par une webcam à deux balles ?? Etonnamment frais après une quinzaine d’heures de voyage, James est souriant -malgré un bagage égaré- et même chaleureux, sans cérémonial ou exubérance « à la rappeur ». D’entrée, il me surprend en s’enquerrant du remplissage du stade pour le week-end, dans le contexte de la crise ! Dans le minivan, on évoque l’élection d’Obama, qui s’est jouée dans la nuit. Le clan a l’air excité qu’un noir accède à de telles fonctions mais n’émet aucune considération politique. Je remarque que Bubba (et non Big James) est le leader de conversation. Nous sommes escortés par la CRS 2 : équipée de Yamaha, la compagnie entretient d’excellents rapports avec l’importateur et les deux motards nous précédant sont par ailleurs crossmen assidus ! James hallucine et filme avec son portable en se marrant. Aucun doute, ce Bubba-là ressemble plutôt à la version MySpace ! Il s’assure d’ailleurs que je connais la séquence en question et me confie qu’il a emmené sa perruque… Je lui parle de Bercy, de son histoire, de ses fans et de la meilleure manière, selon moi, de les conquérir, de la piste qui s’annonce molle, du bout de film que l’on doit tourner pour la présentation, etc. Il est attentif à tout, réactif, accommodant et très poli… bref, 0% rockstar ! L’après-midi même, il déclinera d’ailleurs minivan et chauffeur pour se rendre en métro, avec les siens, à la Tour Eiffel et aux Champs…

Pendant son séjour, Bubba restera somme toute facile à gérer, m’envoyant juste à la recherche d’un fan qui pourrait lui prêter une tronçonneuse pour chauffer le public lors de sa présentation… 5mn avant celle-ci ! Sinon, Aldon Baker (son entraîneur, ex-RC) veille à ce qu’il n’avale rien qui ne soit strictement conforme à la diététique. Avant la course, les deux s’isolent pour une séance d’étirements spécifiques, prolongée d’exercices de yoga. L&M Racing a apporté dans ses bagages la toute dernière évolution suspension, testée après l’expédition de la moto de course dix jours auparavant. Au-delà de la supériorité naturelle du pilote, le Team Stewart n’a pas pris Bercy à la légère, laissant zéro chance à la concurrence. Je m’attendais comme tous à ce que Bubba soit impérial en piste mais son professionnalisme, son charisme et sa présence au micro (sans oublier son sens du show et les talents d’acteur montrés dans le film) m’ont bluffé. En coulisses, son entourage a organisé de sa propre initiative des séances de dédicaces au sein du paddock et minutieusement géré la distribution de ses équipements dédicacés, promis à tel ou tel (dont Challenge One Handicap). Dimanche soir, l’ayant fait sortir par une porte dérobée, l’équipe a eu la surprise de voir James rebrousser chemin, de l’hôtel jusqu’à la sortie du paddock, afin de distribuer ses ultimes fringues Fox aux quelques dizaines de fans qui l’y attendaient encore ! Comme toujours –et c’est la chose la plus déroutante que j’ai pu observer chez lui, comme chez d’autres champions d’ailleurs- après avoir été incapable de dire non en face, fut-ce à son propre clan, Stewart a fini par imposer sa propre volonté.

Novembre 2008

Rivalité territoriale

L’Histoire dit que le Scott Trial, organisé dans les années 20 par le constructeur du même nom pour sa fête patronale annuelle, dans les vallons du Yorkshire, en Grande-Bretagne, fut la première approche de ce qui deviendrait un jour le motocross. Très vite se répandit dans la communauté motocycliste britannique l’idée que les pilotes du Yorkshire étaient « les meilleurs » du pays, ce qui donna l’idée à leurs collègues du Sud de l’Angleterre du premier défi de l’histoire du cross : le Southern Scott Scramble, tracé sur leurs propres terres, à Camberly Heath. Si le circuit était entièrement naturel et plus long qu’un terrain de MX actuel (4km), si le départ ne s’est pas donné en ligne mais en individuel, pour la première fois, la notion de vitesse pure en circuit accidenté était bel et bien primordiale, l’abandon des sections « observées » obligeant même le club organisateur à donner un nouveau nom (scrambling, qui évoluera en moto-cross, puis motocross après la guerre) à cette nouvelle discipline, qui n’était plus du trial. Le 29 mars 1924, on peut donc considérer que le Sudiste Arthur Sparks a à la fois remporté le premier cross et réglé d’éclatante façon la première rivalité territoriale de l’Histoire, renvoyant « ceux du Nord » à leurs préjugés !

Ce n’est sans doute pas non plus un hasard si le motocross est devenu, 23 ans et une guerre plus tard, un sport à part entière à travers un acte fondateur connu sous le nom de Motocross des Nations. En 1947, à l’initiative de la fédération néerlandaise, les meilleurs pilotes nationaux ont invité leurs homologues Anglais et Belges à en découdre sur le circuit de Duinrell, près de Wassenaar. Le but ? Même principe qu’à Camberly, savoir quel pays (et non plus quelle province anglaise) produisait les meilleurs pilotes de cross… Les Brit’s s’imposant finalement aux Belges de neuf petites secondes sur cinq résultats, autant dire pas grand-chose, la grande rivalité inter-Nations était lancée, comme dans tout sport qui se respecte. Le MX n’est donc pas, à l’origine, le sport purement individuel que l’on connaît aujourd’hui. Cette tradition se colporte néanmoins, de génération en génération, par l’entremise du seul MX des Nations et l’on ne peut que s’en réjouir. D’un point de vue fan, l’émotion y est en effet décuplée. Les Nations sont affaire de soutien d’une « école » de MX plutôt que d’un seul individu (dont on n’adhère pas forcément entièrement au style ou à la personnalité, quand bien même il soit Français) et de comparaison de ce collectif à l’élite mondiale, c’est-à-dire FIM + AMA. La formule permet de soutenir inconditionnellement les siens mais aussi de se délecter d’une joute aux réminiscences ancestrales, on l’a vu, entre les meilleurs des meilleurs du moment. Ce qu’elle a aussi de génial est qu’elle permet de réalimenter les discussions de comptoir pour une année pleine.

Quels enseignements peut-on donc tirer de ces Nations 2008 à Donington ? D’abord que l’Amérique reste la nation number one grâce à des individualités hors normes, Ryan Villopoto et James Stewart, associées au tenace mais pas fulgurant Tim Ferry. On savait bien que des Ferry potentiels, il y en avait une grosse dizaine en GP, mais la confirmation est toujours intéressante à prendre, malgré la faillite des deux world champions 2008 en terre anglaise.

Les USA, en MX, c’est un peu le Brésil en foot : ils sont censés gagner (et leur défaite est toujours un événement considérable) donc finir deuxième derrière eux n’est pas une vraie défaite… Surtout quand on y a mis les formes, comme un « Toto » Boissière survolté jusqu’à une funeste crevaison de l’avant et surtout un Seb Pourcel à son meilleur niveau (c’est-à-dire au plus près –littéralement !- et au final DEVANT la megastar Bubba) ont si bien su le faire. Nico Aubin ayant solidement assuré en partant chaque fois depuis l’extérieur, la France termine une nouvelle fois derrière les USA, c’est-à-dire devant tous les autres, y compris les rivaux belges et britanniques, ces derniers à domicile. Et ça, cela fait d’autant plaisir que les chroniqueurs internationaux les plus huppés avaient pour la plupart zappé la France de leurs pronostics, y compris pour une place d’honneur ! Ha ha.

C’est parce que la notion de rivalité territoriale est aussi vieille que le cross que j’ai choisi de la formaliser dans le concept de Bercy il y a quelques années. En SX, les Ricains sont encore plus « Brésiliens » qu’en MX mais comme ils disent justement eux-mêmes, « c’est parce que les surprises sont toujours possibles qu’on organise des courses ». Alors, Bercy n’a pas bien sûr la prétention d’être un « SX des Nations » officiel et reste avant tout une compétition individuelle menant vers le titre prestigieux de King of Bercy, le favori logique pour décrocher la tour Eiffel en bronze n’étant autre que Bubba « l’extra-terrestre »… Mais j’ai plaisir à penser que note classique constitue quand même le seul autre week-end de l’année où il y a plus en jeu qu’une victoire individuelle, en l’occurrence un match France-USA sur les trois meilleurs résultats, une histoire de rivalité territoriale où les nôtres jouent à domicile sans partir favoris, à l’image des Sudistes à Camberly voici près d’un siècle, eh eh…

Aftershock

Difficile de digérer une déconvenue comme celle du forfait de Trey Canard à Bercy.
Cependant, je vais vous livrer mon sentiment par rapport aux forfaits de ce genre en général et à celui qui nous importe aujourd’hui en particulier.
Il est compréhensible que Canard ait subi un coup de bambou après les efforts consentis et le relâchement des nerfs… 
Ce qui l’est moins, c’est qu’il ne récupère toujours pas, après plusieurs semaines de repos.
Et lorsqu’on commence à le presser pour s’organiser en vue de son trip européen Gênes-Bercy, il ne se sent pas prêt du tout et c’est à ce moment là qu’il va consulter son médecin… d’où le forfait de « dernière minute » : cela se passe systématiquement comme ça en pareil cas, car le pilote croit toujours qu’il va se remettre (ou réparer sa blessure, ou signer son contrat, ou obtenir l’accord de son team manager pas convaincu, ou recevoir ses pièces, etc. )… C’est tout simplement comme cela que les individus fonctionnent, rien de machiavélique là dedans de sa part ni -encore moins- de la nôtre !
Il faut comprendre aussi que statistiquement, il arrive quelque chose de plus ou moins grave à quasiment chaque top pilote dans le courant d’une saison.
Or, pour une course comme Bercy, on commence toujours par signer ceux qu’on a le plus envie d’avoir (en l’occurrence, Marvin, Roczen, Canard, Barcia, Cairoli).
Mais, par la force des choses, les pilotes que l’on signe et annonce le plus tôt sont ceux qui ont le plus de risque statistique (car le plus de temps) pour passer de « confirmé » à « indisponible » !
En la circonstance, sur une période de plusieurs mois, deux sur les cinq ont connu un problème, nous sommes bien, hélas, dans la statistique moyenne des pilotes de cross !
Cela a été toujours le cas mais, « dans le temps » (j’écris ceci, tout en sachant que rien de rationnel ne peut les convaincre, pour les adeptes de la « théorie du complot », qui croient que tout ceci n’est fait que pour les « arnaquer »), beaucoup de choses différaient : il y avait 1/3 de courses officielles en moins aux USA et, entre autres pour cette raison, les team managers de l’époque étaient beaucoup mieux disposés envers une épreuve comme Bercy.
Par ailleurs, aussi bien la problématique du testing d’inter-saison que la logistique de la course étaient beaucoup plus légères à l’ère des 2T qu’elles le sont hélas devenues à l’ère des 4T; ceci rend aussi beaucoup plus difficiles les remplacements de dernière minute car il est inconcevable qu’un top pilote et son team improvisent un trip de 3 jours de course à Paris sur un simple coup de fil deux semaines à l’avance, comme à la « grande époque »…
Les salaires étaient en effet somme toute modiques à l’époque, et ils savaient que les pilotes avaient la possibilité de sérieusement arrondir leurs fins de mois en participant aux SX « overseas » (Stanton plus que doublait son salaire durant l’intersaison !)….
Mais lorsque les salaires payés par les teams sont montés en flèche (facilement X de 2 à 5) au début des années 2000, chaque SX -Bercy inclus- n’a plus pu se payer autant de top pilotes, l’intérêt du public et des sponsors a diminué et, par dessus le marché, les team managers se sont mis à appliquer le fameux et redoutable « principe de précaution » (« si mon pilote, qui coûte un oeil à mon constructeur, va se péter quelque chose à Bercy ou ailleurs, je vais me faire engueuler !.. par ailleurs, il est déjà pété de thunes avec ce qu’on le paie, donc il reste à la maison, s’il se casse en effectuant son millionième tour sur notre circuit SX de Corona, au moins, personne ne pourra me le reprocher, on était en train de « tester », man! »).
Ce principe prévaut depuis des années, sauf cas exceptionnel, chez Kawasaki (+ Pro Circuit, par extension) et Suzuki (espérons que Roger DeCoster n’importe pas cette plaie chez KTM… les craintes existent puisqu’il a d’entrée douché les espoirs de Short, qui était pré-engagé à Bercy… certes le team repart de zéro et ils ont du pain sur la planche – wait and see)…
Comme il s’agit là d’écuries de premier plan, certains teams moins huppés sont tentés de calquer leurs règles de fonctionnement sur ces « leaders ».  Ce qui réduit d’autant les candidats aux courses « overseas » et, en cas de pépin de dernière minute, le réservoir de pilotes disponibles !
Pour en revenir au cas du palmipède, je ne crois pas du tout à une entourloupe de sa part ni de la part de Honda, pour les raisons citées dans mon blog précédent. Lorsque Honda donne son accord celui-ci ne nous a jamais été retiré par la suite et là, ils étaient en train de boucler la caisse pour la brêle d’usine! Quant à Trey, regardez la bouille qu’il fait en disant « see you in Peûûûris », comment voulez-vous qu’il simule ! – et pour quelle raison donc ?? 
J’ai évidemment tenté d’avoir des détails supplémentaires malgré tout, mais il y a un peu de parano de la part de l’agent de Canard, il invoque le secret médical, etc, tout en précisant bien que rien ne pourra faire que Trey outrepasse l’avis de son médecin, « même pas un million de $$$ » (sic!).

L’avenir nous dira si le virus Eppstein Barr est bien en cause ou si Canard parvient à se rétablir pour Anaheim mais, en tout état de cause, il n’était pas en mesure d’honorer ce contrat et il nous faut bien l’accepter.

En guise de conclusion, j’observerai que nous assistons cette année à une épidémie d’annulations de top pilotes en SX hivernaux et que celles de Bercy -sans faire offense à qui que ce soit chez nos collègues promoteurs – me paraissent d’assez loin les plus véridiques.

En Australie, le promoteur a annoncé Reed sur toutes les épreuves alors que ce même Reed m’affirmait qu’il n’était pas engagé au-delà de la première course (et Chad était partant encore il y a deux jours pour remplacer Canard au débotté mais… il n’a toujours pas de team et ne peut envisager d’en avoir un d’ici moins de deux semaines, m’a-t-il avoué). Là, à tout le moins, y’a eu une forme embrouille.

Villopoto vient également de se décommander pour les deux dernières courses australiennes, soit-disant « pas assez remis de sa jambe cassée» alors qu’il fracassait déjà en vidéo freeride… fin août.
Kawasaki US n’est jamais à l’abri de se f.. de la gueule du monde, en général (et des spectateurs australiens en particulier, sur ce coup) !

Gênes est au même point que Bercy en ce qui concerne Canard, sauf qu’eux ont déploré sur l’épreuve de l’an dernier le forfait de leur n°1 incontesté, Stewart, et même du remplaçant de ce n°1, McGrath !
Quand ça veut pas, ça veut pas…

Quant à l’autre épreuve d’envergure de fin de saison, Genève, on sait déjà (dans la coulisse) que certains nuages noirs se profilent à son horizon…

Il n’y a s’agit pas, évidemment, de se réjouir ou de mesurer les déboires respectivement rencontrés par les autres productions, juste de constater que les épreuves d’inter-saison traversent une période noire et qu’on retrouve dans les ingrédients de cette situation une part d’évolution du système, une part de malchance et, dans certains cas, une part de « pas net ou de « non-dit ».

Une chose doit être bien comprise: cette dernière part n’est pas la tasse de thé des Editions Larivière, productrices de Bercy, qui sont, comme leur nom l’indique, un groupe de presse, et prennent le parti de parler un langage de vérité, à ses spectateurs comme à ses lecteurs (c’est ce que je fais, quitte à me faire pourrir).

Et aussi, quoi qu’on puisse en dire : la profondeur du talent proposé à Bercy, la qualité du show et la réaction du promoteur, qui a choisi de ne surtout pas économiser sur ce forfait mais au contraire de réinvestir sur de nouveaux pilotes, sont autant de garanties pour le spectateur.

Vivement Bercy et, svp, pas de nouveau bobo ou pépin jusque là !!

Bercy : Canard doit renoncer

Mauvaises news en provenance de Honda US : alors que la moto d’usine que Trey Canard devait utiliser à Gênes et Bercy était en caisse, prête à traverser l’Atlantique, le médecin de Trey vient de lui intimer un repos complet !

Après une saison très chargée, physiquement et émotionellement, Trey a subi un gros contrecoup et s’est octroyé des vacances bien méritées. Ressentant malgré tout une fatigue intense et persistante, au moment de reprendre l’entraînement, il a effectué plusieurs tests sanguins qui ont mis en évidence des anomalies flagrantes, entraînant le veto formel de son toubib.

C’est un vrai coup dur pour tout le monde. Il suffit de regarder la vidéo de Trey et son compère Barcia évoquant leur venue à Bercy ( http://www.supercrossbercy.com/presse/news/canard-barcia-prets-pour-beuurcy-.html) pour comprendre que le champion US 250 était bel et bien excité à l’idée de se produire à Paris, hélas le sort en a décidé autrement et le public parisien sera privé de la présence d’un des principaux favoris.

Du côté de l’organisateur, la frustration est d’autant plus grande que le remplacement de Canard est une sinécure, si peu de temps avant la course.

La nouvelle liste des partants n’est pas encore bouclée à 100%, cependant les noms de Grant Langston, Kyle Chisholm, Michael Byrne, Nick Wey et d’un cinquième pilote devraient y figurer.

Par ailleurs, le FMX sera renforcé de la présence de Tom Pagès qui, à l’instar de son frère, caresserait l’intention de sortir du « très lourd » sur cette édition…

Roczen out pour Bercy ?

Un site internet allemand vient de sortir la news : Ken Roczen serait forfait pour Bercy !

Xavier Audouard, directeur sportif du SX de Paris, confirme qu’il y a un souci du côté de la jeune star allemande, dont le « match dans le match » avec le champion du Monde MX2, Marvin Musquin, était particulièrement attendu par les fans de la classique française :

« Ken était très demandeur de rouler à Bercy et nous avions trouvé un accord très tôt dans la saison de GP; il se faisait une grande joie d’y rouler, il l’a dit et répété partout, jusqu’il y a encore peu, mais il est aujourd’hui victime -et nous avec lui- des conséquences de son récent transfert à sensation (ndr : transfert décidé très tard dans la saison et aggravé du fait que le sponsor personnel de Roczen, Teka, quitte lui aussi Suzuki pour rejoindre KTM)… Chez Suzuki, on m’a écrit officiellement -et très fermement- que tout était prêt pour Bercy, que Roczen était sous contrat jusqu’à fin décembre et que s’il roulait, ce serait forcément sur Suzuki ! Chez KTM, Pit Beirer m’a répondu la nuit dernière que la situation contractuelle de Ken ne lui apparaissait pas si claire (ndr : que Suzuki l’affirme) mais qu’en tout état de cause il ne pourrait l’aligner en course sous ses couleurs qu’en 2011 ».

« Or, la fédé américaine vient juste d’officialiser également son changement de règlement, qui lève l’interdiction de rouler en SX US tant qu’on n’a pas 18 ans révolus, ce qui permettra à Roczen se s’aligner le 8 janvier à Anaheim 1 ! Dès lors, KTM USA a établi pour lui un programme de testing intensif, afin qu’il se perfectionne à la fois en SX et au guidon de sa future moto. J’ignore quelle sera la réaction de Suzuki à cette annonce mais je sais que les relations entre le pilote et son ancien team, ainsi que celles entre les deux teams, sont très dégradées… Il faut se rendre à l’évidence, Ken n’est plus en situation de rouler Suzuki et ne peut pas encore rouler sur KTM (en public) pour autant… Cette affaire nous dépasse donc et la seule chose que nous puissions faire, vis-à-vis de notre public, c’est de nous excuser et de travailler immédiatement au remplacement de Roczen »…

«  J’ai à ce propos demandé à Pit Beirer de libérer sa nouvelle recrue, Andrew Short, mais à l’heure où l’on parle, lui non plus n’est même pas encore monté sur sa nouvelle machine, le team KTM USA se reconstruisant actuellement de A à Z sous la houlette de Roger DeCoster ! Pit n’a pas fermé complètement la porte mais, dans le doute, je me suis mis sur d’autres pistes et espère pouvoir faire une annonce dans les jours à venir ».

Bercy 28 : Horaires prévisionnels

HORAIRES PREVISIONNELS VENDREDI 19 NOVEMBRE

ESSAIS

14h00 : Ouverture des portes au public pour essais
14h20 : Essais libres Légendes : 10min
14h30 : Essais libres SX Tour : 15min
14h45 : Essais libres Inters : 15min
15h00 : Réfection piste : 15 min
15h15 : Essais chronos SX Tour : 15min
15h30 : Essais chronos Inters : 15min
15h45 : Réfection piste : 5mn
15h50 : Essais libres Légendes : 10min
16h00 : Essais FMX : 30 min
16h30 : Fin des essais – Ouverture du paddock extérieur au public
18h45 : Fermeture du paddock extérieur – évacuation du public

PROGRAMME DE LA SOIREE
20H00 : Présentation

20h30 : SX Tour ½ Finale 1 (7 tours)

20H40 : SX Tour ½ Finale 2 (7 tours)

20H50 : FMX Session 1 : 10mn

21H00 : SX Tour Finale (14 pilotes, 8 tours) + podium

21H15 : Super Pôle Inters

21H30 : Entracte 1 + animations : 20mn

21H50 : Légendes de Bercy

22H05 : Course à l’Américaine Inters (5 tours / 4 tours / 3 tours) + podium

22H25 : FMX Session 2 : 15mn

22H40 : Entracte 2 + animations : 20mn

23H00 : Trophée Olaf-Magoo-Masterpool-Pat (pilotes SXT non qualifiés en Inter) : 6 tours

23H10 : Finale Inters : 15 tours + podium

23H25 : FMX Session 3 : 15 mn

23H40 : Fin

HORAIRES PREVISIONNELS SAMEDI 20 NOVEMBRE

ESSAIS

14h45 : Ouverture des portes POPB au public pour essais
15h00 : Essais libres SX Tour : 10min
15h10 : Essais libres Inters : 10min
15h20 : Réfection piste : 15 min
15h35 : Essais chronos SX Tour : 10min
15h45 : Essais chronos Inter : 10 min
15h55 : Réfection de la piste : 5 min
16h00 : Essais Légendes : 15 min
16h15 : Essais FMX : 20 min
16h35 : Fin des essais – Ouverture du paddock extérieur au public
18h45 : Fermeture du paddock extérieur – évacuation du public

PROGRAMME DE LA SOIREE
20h00 : Présentation
20H30 : SX Tour ½ Finale 1 : 7 tours

20H40 : SX Tour ½ Finale 2 : 7 tours

20H50 : FMX Session 1 : 10mn

21H00 : SX Tour Finale (14 pilotes, 8 tours) + podium

21H15 : Super Pôle Inters

21H30 : Entracte 1 + animations 20mn

21H50 : Légendes de Bercy

22H05 : Course à l’Américaine Inters (5 tours / 4 tours / 3 tours) + podium

22H25 : FMX Session 2 : 15mn

22H40 : Entracte 2 + animations 20mn

23H00 : Trophée Olaf-Magoo-Masterpool-Pat (pilotes SXT non qualifiés en Inter) :6 tours

23H10 : Finale Inters : 15 tours + podium

23H25 : FMX Session 3 : 15 mn

23H40 : Fin

HORAIRES PREVISIONNELS DIMANCHE 21 NOVEMBRE

ESSAIS

11h45 : Ouverture des portes POPB au public pour essais
12h00 : Essais chronos SX Tour : 10 min
12h10 : Essais chronos Inters : 10min
12h20 : Essais chronos Légendes : 10min
12h30 : Essais FMX : 15 min
12h45 : Fin des essais – Ouverture du paddock extérieur au public
14h15 : Fermeture du paddock extérieur – évacuation du public

PROGRAMME DE L’APRES-MIDI
15h00 : Présentation
15H30 : SX Tour ½ Finale 1 : 7 tours

15H40 : SX Tour ½ Finale 2 : 7 tours

15H50 : FMX Session 1 : 10mn

16H00 : SX Tour Finale (14 pilotes, 8 tours) + podium

16H15 : Super Pôle Inters

16H30 : Entracte 1 + animations : 20mn

16H50 : Légendes de Bercy

17H05 : Course à l’Américaine Inters (5 tours / 4 tours / 3 tours) + podium

17H25 : FMX Session 2 : 15mn

17H40 : Entracte 2 + animations : 20mn

18H00 : Trophée Olaf-Magoo-Masterpool-Pat (pilotes SXT non qualifiés en Inter) : 6 tours

18H10 : Finale Inters : 15 tours + podium + King of Bercy + Classement Nations

18H25 : FMX Session 3 : 15 mn

18H40 : Fin

Bercy 28 : essais et entrée paddock gratuits pour tous !

C’est la grande nouveauté pour les spectateurs de la 28ème édition du Supercross de Paris-Bercy : que ce soit le vendredi 19, le samedi 20 ou le dimanche 21 novembre, leur billet d’entrée donnera droit, sans supplément aucun, à une journée complète de spectacle, incluant une plongée dans les coulisses de la grande classique parisienne !

Dès 14h le vendredi, 14h45 le samedi et 11h45 le dimanche, les spectateurs pourront en effet rentrer dans la salle et assister aux essais libres et chronométrés, puis aux essais FMX.

Voir les meilleurs spécialistes prendre leurs marques, hausser leur rythme et enfin aller chercher le chrono qui leur donnera la meilleure place sur la grille (ou même la qualification en Inters pour l’auteur de la pôle en SX Tour-championnat de France, gros enjeu!), voilà un spectacle de choix pour les vrais fans de la discipline !

Idem pour le FMX, où la tension qui précède -par exemple- le premier backflip reste très palpable dans la salle tout entière… La solidarité et la camaraderie des riders, la joie qu’ils ont à réussir le geste parfait, (en entraînement autant qu’en démo ou en compète), autant d’émotions que les initiés savent percevoir et apprécier à leur juste valeur…

Dorénavant, c’est donc possible.

Et cela ne s’arrête pas là !

A l’issue des essais (16h30 les vendredi & samedi, 12h45 le dimanche), le public pourra, et c’est une autre grande première, accéder au paddock extérieur, le long du Palais Omnisport, sur présentation de son billet du jour, pendant deux heures (1h30 le dimanche) et, là encore, GRATUITEMENT !

Le paddock sera spécialement aménagé avec présence de cinq semi-remorques des teams de Grand Prix (Red Bull KTM, Monster Kawasaki CLS, Rockstar Kawasaki Bud Racing, Monster Yamaha…), chacun abritant soit une expo de motos (de course et/ou du constructeur), soit une séance d’autographes des pilotes officiels participant à Bercy, soit les deux…

D’autres exposants présenteront leurs modèles ou produits sur l’esplanade entre le POPB et le Novotel, esplanade qui abritera également la tente des Légendes de Bercy, encore une grande première pour cette édition décidément historique !

Les plus débrouillards pourront donc ramener des posters dédicacés et rencontrer dans ce paddock extérieur rien moins que les deux champions du Monde 2010 (Marvin Musquin et Antonio Cairoli), le champion des USA 2010 et vainqueur aux Nations Trey Canard, son compatriote Justin Barcia, les meilleurs Français comme Gautier Paulin ou Greg Aranda, les Freestyleurs Comme André Villa, Dany Torres, « Taka » ou Charles Pagès… Sans oublier les Légendes de Bercy en chair et en os, parmi lesquelles Mickaël Pichon, Jean-Michel Bayle, Jacky Vimond, Fred Bolley, Yves Demaria, Mickaël Maschio ou Sébastien Tortelli, pour ne citer que les champions du Monde…

A 18H45 vendredi et samedi (14h15 dimanche), le paddock extérieur se videra et il sera temps de se préparer à rentrer dans le « chaudron » pour le « show » proprement dit… tout ce qui précède représentant donc un « bonus » royal !

Vous venez au « plus beau Supercross du Monde » ?

Evitez donc les embouteillages des abords du stade (particulièrement le vendredi et le samedi) à l’heure habituelle du show, arrivez des heures à l’avance avec vos enfants, vos amis, vos copains de moto-club et profitez pleinement, relax et ébahi à la fois, de votre expérience « Bercy » !

SX de Paris-Bercy pratique??

• Lieu/Venue : Palais Omnisport de Paris-Bercy. 8, bd de Bercy, Paris 12e. Métro Bercy?•

• Horaires/schedule?-
Vendredi 19 novembre et samedi 20 novembre : 20h00?- Dimanche 21 novembre : 15h00???• Tarifs des billets/Tickets prices?- Place numérotée : 82,50 €?- Place NON numérotée : 64 €???

• Réservations/Booking?- Téléphone : 0 892 390 490 (0,34 € /min)
- Internet :
www.ticketnet.fr
www.carrefourspectacles.com
www.fnac.com??
- Magasins/shops : Carrefour – FNAC – GEANT – Magasins U – Bon Marché – Leclerc – Auchan – Cultura – Virgin Megastore.??

• Site officiel : ??www.supercrossbercy.com

• Page Facebook : http://www.facebook.com/pages/Supercross-Paris-Bercy-OFFICIAL-PAGE/126969007327274

• Tour de piste virtuel by Ronronmx : http://www.supercrossbercy.com/presse/communiques/bercy-28-le-tour-de-piste-virtuel.html

 • Bercy video clip : http://www.motoverte.com/site/place-au-28e-sx-de-bercy–48677.html